Musique

Terry Giliam et sa déception pour son Don Quichotte

07 septembre 2010 | PAR Tristan Karache-Prudent

Vendredi lors du 26ème festival du film américain de Deauville (voir notre article), l’ex Monty-Python présentait le joyau de sa filmographie, Brazil tourné en 1985. Si le réalisateur parait souriant lorsqu’il est photographié avec le jury, son visage s’est assombri quand il a révélé que son projet sur le roman de Cervantes était de nouveau en attente faute de financements. Cela fait près de 20 ans que Gilliam s’accroche à ce projet.

En 2001 alors qu’il travaille depuis 10 ans sur le scénario, il parvient à réunir autour de la caméra Jean Rochefort pour le rôle de Don Quichotte ainsi que Johnny Depp et Vanessa Paradis. Ayant les fonds nécessaires, le projet semble prendre forme et se railler sur la bonne voie. Cependant, au bout de seulement 10 jours, le réalisateur est contrains d’arrêter les prises et le tout tombe à l’eau à cause du temps désastreux, des problèmes de santé qui empêche Jean Rochefort à monter à cheval et aussi des incendies mineurs qui ont plombé les décors. Une vraie malédiction s’abat donc sur le plateau. Les seuls images disponibles ont été rassemblées dans un making-off intitulé « Lost In La Mancha ».

Plusieurs années plus tard, juste après avoir fini le tournage de L’Imaginarium du Docteur Parnassus (voir notre article) en 2009, il décide de plancher à nouveau sur sa quête et annonce même qu’il a trouvé un interprète pour incarner le rôle du plan déjanté des chevaliers, Robert Duvall. Bien qu’il a un acteur de renommée internationale, il faudra attendre l’ajout d’Ewan McGregor dans le rôle autrefois attribué à Johnny Depp pour que les producteurs soient plus confiants.

Le projet semblait de nouveau voir le jour avant ce week-end. Pour le réalisateur : « Don Quichotte me donne toujours un but à atteindre. Peut-être que la chose la plus effrayante après tout, ce serait de réussir à faire le film ». Espérons que le film ne soit pas son moulin. Il a aussi ajouté : « Peut-être que la vraie malédiction serait de faire enfin le film. Beaucoup de gens l’attendent depuis si longtemps et se sont déjà fait leur propre Don Quichotte que le mien ne peut que les décevoir.»

Les spécialistes des marchés cinématographiques pour expliquer la frilosité des producteurs à investir donnent plusieurs raisons parmi lesquels la mort d’Heath Ledger avec cette légère malédiction qui plane à présent au dessus du crâne de Gilliam, la concurrence avec la Warner préparant un blockbuster sur le héros médiéval ou encore le fait que ce metteur en scène soit capable du meilleur (Brazil) comme du pire (Les frères Grimm).

Le talent de ce cinéaste a pu être récemment mis en valeur avec le tournage qu’il a fait durant le concert d’Arcade Fire (voir live report de Rock en Seine) le 5 aout dernier au Madison Square Garden. Le concert d’une heure et demie est gratuitement diffusé sur la toile. Lorsqu’on réunit un des groupes les plus influents de sa génération avec l’un des réalisateurs les plus côtés au monde, ça donne un live mais pas seulement, un vrai documentaire dont la qualité laisse pantois.

Le concert d’Arcade Fire:

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Tristan Karache-Prudent

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