Musique
Stéphane Degout, la grâce, le charme pour ses Mélodies.

Stéphane Degout, la grâce, le charme pour ses Mélodies.

21 mars 2011 | PAR Bérénice Clerc

 

 

Stéphane Degout, « Le » baryton français vient d’enregistrer son premier solo chez Naïve.  Accompagné par Hélène Lucas au piano il nous enivre du parfum des mélodies à la française.

Stéphane Degout, très bel homme de trente cinq ans, gorgé de charme, la voix exquise et le jeu de scène engagé, riche d’un charisme et d’une présence lumineuse. Depuis le début de sa carrière il chante avec autant de bonheur et de talent, La Cenerentola de Rossini,  Un Requiem Allemand de Brahms, l’Orféo de Montéverdi, Cossi Fan Tutte de Mozart, Iphigénie en Tauride de Gluck, Pélléas de Debussy… Se risquer aux mélodies françaises est audacieux, des textes sucrés comme de la guimauve, des harmonies tarabiscotées, les longs soupirs, les couleurs surannées et désuètes.  Il évite tous les pièges avec allégresse, pas de paraphrase, d’ironie mal placée, de R roulé ou guttural, de redondance, de premier degré ou de nuance surarticulé.

Pour aller au cœur des mots Stéphane Degout s’applique,   refuse le débordement et l’emphase. Son élocution est toujours admirable, ses résonateurs absolument maitrisés, son timbre clair, sobre, nu,  soutenu entre velours et virilité sensuelle trace une ligne ténue, poétique au cœur de la forêt noire et subtile de la langue française.

Les couleurs du piano d’Hélène Lucas sont peu variées, l’instrument accompagne de ses phrasés simplement et formidablement ces grands airs.

Debussy lui va à merveille, Duparc nous offre l’introspection et la mélancolie d’un piano élaboré et d’une vocalité sensuelle. Saint-Saëns est habilement réussi, la voix se fait plus caressante, plus fine, plus flottante, donnant au timbre du chanteur une douceur fraiche. Chabrier et ses mélodies pittoresques pour piano brosse un tableau vocal drôle et audacieux dans « Les Cigales ».

Reynaldo Hahn, souvent oublié ou négligé nous offre un émouvant postlude dans « Trois jours de vendanges » et une mélodie souple sur un contrechant de la basse du piano pour le « Cimetière de campagne ».

 

Sa maitrise absolue de Ravel dans « les Histoires naturelles » le révèle diseur, sa voix éclate, se rapproche de la parole, comme revenue à sa nature, le timbre s’illumine, s’enrichit d’harmoniques aigues, les voyelles limpides et le son porté. Une belle leçon de simplicité et d’évidence vocale. Il égrène ses notes d’un son à la fois profond et perlé.

Chez Stéphane Degout, tout est lié, le corps chante, les voyelles respirent, les consonnes volent, le sens est voyant, la mélodie multicolore.

Ce disque révèle ou rappelle les talents français, un folklore dont nous pouvons être fièrs, qui devrait être transmis et chanté dès le plus jeune âge par les enfants à l’école par exemple…

Ecoutez les disques de Stéphane Degout, mais allez surtout l’applaudir sur scène, la beauté de son physique n’a d’égal que celle de sa voix et de son interprétation.

 

 

 

 

 

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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