Musique

Sévérin nous parle de son album

Sévérin nous parle de son album

03 juin 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Toutelaculture a rencontré Sévérin le jour même de la sortie de son nouvel album, le 29 mai dernier. Pour être encore plus précis, il s’agit de son premier album comme chanteur compositeur : une fois la trentaine atteinte, le temps est arrivé de prendre le risque de dire « je » et de s’investir dans un projet complètement personnel.

TLC : Alors Sévérin, c’est un peu comme si c’était votre premier vrai album, n’est-ce pas?

S : Oui, c’est le premier que j’ai écrit, composé et que je chante surtout.

TLC : Déjà il s’appelle comme vous. En plus on a l’impression que vous avez envie de vous raconter dans ces chansons.

S : Oui, c’est ça. Avec One Two on chantait en anglais et j’avais l’impression d’avoir un rapport superficiel avec les paroles. Là c’est vraiment la première fois que je parle de moi. Je crois que c’est parce que j’ai finalement 30 ans. (Il rit)

TLC : Donc vous avez l’impression que c’est un album où vous faites un peu le bilan de votre  jeunesse? En plus vous êtes revenu au français, votre langue maternelle.

S : Oui. Écrire en anglais était devenu quelque part un peu automatique. Je sentais que je ne pouvais pas nuancer mes idées. C’est le besoin de retrouver une plus grande sincérité qui m’a reporté au français. Si je veux parler d’un truc précis le français me permet de le cibler. Par exemple Première Déclaration est une chanson où je décris un moment particulier de ma vie, en anglais j’aurais écrit quelque chose de beaucoup plus impersonnel, voire artificiel. Par exemple j’ai écrit des chansons pour Camélia Jordana : quand tu écris pour d’autres personnes, tu peux dire des choses mais ce n’est pas toi qui chante, ce n’est pas la même chose. Au début j’ai commencé à écrire pour moi seul. Je ne savais pas à quoi ça aboutirait. Je le faisais chez moi, j’enregistrais avec mon ordinateur. Après, j’ai eu envie de les faire écouter et j’ai vu que ça pouvait marcher.

TLC : Au fait, dans vos chansons il y a un truc qui arrive et qui entre dans la tête. Vous pensez que c’est parce que vous parlez d’émotions que tout le monde connait ou c’est plutôt grâce à vos mélodies, qu’on commence à chantonner si facilement?

S : Je pense que c’est un peu les deux. Les chansons marchent quand il y a une association réussie entre les mots et la voix, entre les idées et la musique. C’est ça que j’ai appris en écrivant pour d’autres. Parfois tu peux donner des mots, un texte sensible et réussi mais qui ne marche pas dans la bouche de certaines personnes.

TLC : Dans Les sirènes vous dites « il n’y a plus rien qui m’étonne», ou encore dans Identité vous parlez d’ « identité effacée ». J’ai l’impression qu’ à coté d’une certaine légèreté, à coté des mots simples, il y a aussi de la nostalgie, voire amertume. D’où ça vient?

S : Tout ce qu’il y a dans Sévérin est à peu près vécu. Donc il y a des chansons, comme Identité, que j’ai écrites dans des moments où je n’étais pas vraiment heureux. J’ai bien aimé l’idée de faire les choses à fond. J’ai rien modelé : ces chansons sont des petites photographies, donc elles parlent de tous les états d’âme que j’ai traversés depuis que j’ai commencé à travailler à cet album.

TLC : La revanche parle d’une réussite, mais aussi d’un coté plus triste de la célébrité. C’est quoi pour vous la célébrité? Vous avez peut-être l’impression que tout succès cache un coté plus triste et moins positif?

S : Ce que je pensais quand j’ai commencé à écrire cette chanson c’est qu’on vit à une époque où la célébrité est accessible à tout le monde et pour des choses parfois vraiment futiles. Il y a un peu ça dans cette chanson : j’ai essayé d’y exprimer le truc un peu vertigineux que tu ressens quand tu commences à être connu. Par exemple n’importe quel vidéo peut être mis sur youtube et faire le tour du monde en quelques secondes. C’est super flippant.

TLC : Quelle est la chanson où vous vous êtes le plus investi ?

S : Je ne sais pas vraiment. Peut-être Dans les graviers. Je parle de mon père. C’est une émotion que j’ai eue et que je n’ai plus cherché à modeler. Je voulais que ça soit hyper clair, hyper limpide. La voix qui chante c’est vraiment la première voix que j’ai fait au premier enregistrement. C’est un morceau brut. C’est un truc un peu magique, si tu veux. Tu chantes une chanson, tu la sens, ta voix est bien au premier coup et voilà. Si tu essaies de la chanter après, tu n’y arrives plus, c’est horrible. Et au même temps c’est super, cette sincérité soudaine. J’espère que ça m’arrivera encore..

Et c’est avec cette dernière déclaration que Sévérin nous rassure définitivement délivre : l’abum se termine avec une chanson qui sonne un peu comme un adieu à la musique, Le dernier tube, sonne. D’ailleurs, si avant d’y arriver on est bien rentré dans l’univers Sévérin, ce n’est pas difficile de s’apercevoir que c’est une belle blague. Il nous l’avoue lui-même. Il vient de commencer à nous parler de lui et il n’a aucune envie de se taire. Et nous, de notre coté, on souhaite vivement une suite autant réussie. Pour l’instant, le prochain rendez-vous est fixé pour le 14 juin prochain, au Bus Palladium : en compagnie de Liza Manili, de Lafayette et du djset de punkyjewster, Sévérin montera sur scène et vous présentera personellement ses nouvelles créations.

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