Musique

Rude Boy Story, le documentaire sur Dub Inc

30 septembre 2012 | PAR Jerome Gros

Rude Boy Story, c’est le nouveau documentaire de Kamir Meridja, qui a suivi le groupe de reggae stéphanois Dub Inc pendant plus de trois ans. Le groupe, très populaire dans le monde, a été très peu relayé par les médias et s’est forgé seul, en autoproduction.

Le documentaire commence sur des réactions de fans. Tous sont unanimes, Dub Incorporation est un groupe mythique. Il faut dire que « Rude Boy » résonne dans toutes les têtes, même celles qui ne suivent pas de près la musique reggae.

Kamir Meridja a décidé de suivre Dub Incorporation pour comprendre et exposer la démarche du groupe, qui s’autoproduit. Le groupe a un partenariat avec un tourneur et un distributeur, mais presse lui-même ses disques, et si les membres décident d’aller rendre visite à telle personne au Vietnam qui leur propose de se produire dans un bar, ils décollent et vont voir de quoi il en retourne. Tous les musiciens se partagent les droits à part égale. Dans le même état d’esprit, Kamir Meridja a produit son film sans appui des filières cinématographiques classiques ; il a seulement reçu le soutien de quelques associations stéphanoises. En ce qui concerne la distribution, une société a été spécialement créée par le groupe, Diversité Films, et contrôle l’intégralité de la chaîne de distribution. Le réalisateur démarche salle après salle, se déplace pour présenter son film et répond aux différentes invitations, alimentant le bouche à oreille.

Le groupe a suivi la même démarche tout au long de sa carrière qui a commencé il y a plus de 15 ans. Sans faire aucun marketing, ils se servent du bouche à oreille pour se faire connaître. Ainsi, si un DJ turc leur écrit pour leur dire qu’il aimerait diffuser leur son, ils décident de faire une duplate spéciale pour lui, sans le faire payer. Il les diffusera et alors ils toucheront un nouveau public.

En France, ils remplissent désormais de grandes salles, que ce soit la Salle des Spectacles de Saint Etienne en 2004, avec Tyken Jah Fakoly (4000 personnes), le Zenith de Saint Etienne qu’ils inaugurent en 2008, ou encore de nombreux festivals rassemblant des milliers de personnes. A l’étranger, ils gardent la démarche qu’ils suivaient à leurs débuts. Ainsi, en 2010, se produisent-ils dans un petit bar au Portugal rassemblant 50 personnes, en allant au contact des gens dans la rue pour les faire venir. De même aux Etats-Unis, où ils sont invités pour une mini-tournée.

Au-delà de la démarche du groupe, leur succès n’est pas anodin. Comme le dit très bien un musicien de la scène stéphanoise dans le documentaire, Dub Inc, c’est un phénomène social plus que musical. Si la musique qu’ils proposent est pleine de vie et influencée par différents styles (du reggae à la musique orientale), si les mélodies sont travaillées et le rythme entraînant, ce sont surtout les textes qu’il faut retenir. En effet, Dub Inc, ce sont des textes forts, profonds, engagés. De « Tout ce qu’ils veulent » à « Métissage », en passant par d’autres chansons comme « SDF », Dub Inc parcourt des thèmes d’actualité et de fond. Et puisqu’ils passent par des circuits parallèles pour diffuser leur musique, leur impact n’en est que plus grand.

Aujourd’hui, Dub Incorporation a visité plus de 27 pays et vendu plus de 150 000 disques, sans aucun relais média classique (le groupe s’étonne de ne jamais être filmé lors de certains festivals pourtant couverts par des centaines de journalistes). Cela a peut-être aussi permis au groupe d’acquérir une certaine notoriété et de fidéliser un public qui se serait éloigné en les voyant passer à la télévision (comme le précise Mike, du groupe Sensemilia, il existe deux publics très différents et qui s’excluent l’un l’autre : celui des festivals et celui qui écoute les médias)

Le documentaire de Kamir Meridja retrace leurs parcours d’une belle manière, et dans le même esprit. Il sort de manière différée suivant l’indicatif téléphonique :

04 : 19 septembre
03 : 10 octobre
02 : 31 octobre
05 : 21 novembre
01 : 12 décembre

Le réalisateur, comme le groupe, compte sur le bouche à oreille pour faire connaître son documentaire, alors n’hésitez pas !

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Jerome Gros

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