Musique

Rock en Seine : des superstars, des promesses… et un invité-surprise

28 août 2009 | PAR Mikaël Faujour

C’est à nouveau sous le signe de la diversité que se déroulera le festival Rock en Seine qui, tout comme les Eurockéennes, porte un titre qui en rend peu compte. Du ska de Madness à l’electro-rock des Klaxons, de la pop rock pour stades d’Oasis à l’electro-déglingo des revenants Prodigy ; des vieux de la vieille à la jeune garde du rock : il y en aura pour tous les goûts.

Parmi les plus attendus du public, il y aura bien évidemment Faith No More. Le mythique groupe californien, reformé au début de l’année, sera emmené par son charismatique et fantasque leader Mike Patton, sorte de Picasso des musiques alternatives, sûrement la plus grande voix de l’histoire du rock et l’une des figures majeures du rock de ces vingt dernières années. Groupe séminal, Faith No More, avec sa fusion de styles (metal, pop, easy listening, rap, funk…), fut simplement l’un des plus influents des années 90, préfigurant – pour le meilleur et le pire – l’avènement du néo-metal. À n’en pas douter, les fans seront très nombreux pour cette seule date en France d’un groupe dissout en 1997. Pour se replonger dans l’œuvre de Faith No More, signalons le Very Best of Definitive Ultimate Greatest Hits Collection sorti en juin, qui offre un jouissif aperçu de la carrière des Californiens (et des bonus très intéressants).

Parmi les gros poissons du festival, il y aura évidemment Oasis. La bande des frères Gallagher devrait prouver sans trop de difficultés qu’il reste un des légitimes mastodontes de l’industrie rock, comme l’ont confirmé son excellent Dig Out Your Soul sorti en 2008 et son British Award de meilleur groupe de l’année 2009. A quelques jours de la sortie du quatrième single de leur dernier album Invaders Must Die (« Take Me to the Hospital »), les « Firestarters » de Prodigy auront à charge de clôturer Rock en Seine. Reste à espérer que les quadragénaires techno-punks seront sur scène plus convaincants que sur leurs derniers albums studio. Les ska-doyens de Madness, relégués – possiblement en raison d’un certain « jeunisme » de la programmation – sur une scène secondaire devraient tenir la dragée haute aux minots des autres scènes et convaincre sans trop de problème les jeunes et les moins jeunes.

Groupe devenu assez ennuyeux et incapable de se hisser au niveau de Green Day, également issu du punk-pop à la californienne, The Offspring attirera à coup sûr les fans de pogo de tous âges. Le groupe de Dexter Holland a, en tout cas, de quoi assurer un set solide et explosif à base des tubes qui parsèment son inégale discographie. À n’en pas douter, l’énergie du groupe saura pallier la voix – limitée – de son leader.

Mais c’est surtout vers les sets de la nouvelle garde du rock que nos oreilles seront tournées. La présence d’un petit contingent new-yorkais rappelle la bouillonnante et inépuisable vivacité de la Grosse Pomme. À côté des déjà confirmés Yeah Yeah Yeahs, ce seront les plus récemment acclamés Vampire Weekend et MGMT qui porteront l’étendard de la Ville des Villes. C’est avec attention et curiosité qu’il faudra écouter les mélopées éthérées de School of Seven Bells, a sorti fin 2008 (mars 2009, en France) un très bel et recommandable album, Alpinisms. Les amoureux de dream pop anglaise 80s tendance 4AD sont chaudement conviés à venir écouter les délicieuses jumelles Deheza, dont la beauté devrait par surcroît faire tourner des têtes autant que leurs mélodies.

Côté british, outre les susmentionnés Madness, Prodigy et Oasis, seront présents les populaires pop-rockers de Bloc Party, dont les trois albums les ont installés comme fers de lance de la britpop des années 2000. Curieusement, ils seront néanmoins relégués sur la scène secondaire, tout comme les brillants Klaxons, autre formation british de premier plan de ces dernières années à ne surtout pas manquer. Moins populaires, mais non moins dignes d’intérêt, les Horrors, rejetons des Cramps mâtinés de garage et cousins des Eighties Matchbox B-Line Disaster, qui ont confirmé cette année avec un deuxième opus tout le bien que leur premier album inspirait. Plus anecdotique pour les amateurs de rock sera la présence du gentillet trio pop FM Keane, qui lancera quelques jours plus tard sa tournée nord-américaine. Parmi les cadets de la scène britannique, il y aura aussi la plaisante Écossaise Amy MacDonald, qui s’était fait connaître en France l’an passé avec le single « This Is the Life » et dont le deuxième album est annoncé pour la fin de l’année.

La scène française ne sera pas en reste, avec l’electro de Vitalic et de Birdy Nam Nam ou encore avec Yann Tiersen. Citons aussi des curiosités à voir (écouter surtout) : Zone Libre vs. Casey & B. James, tout d’abord, projet rock/rap engagé monté par Serge Teyssot-Gay (guitariste de Noir Désir… fallait-il le rappeler ?), ou la rencontre du rock de Zone Libre avec deux des brillants et acerbes rappeurs du collectif Anfalsh, Casey et B. James (Hamé, de La Rumeur, également impliqué dans le projet, ne participera pas au concert).

Zone Libre
Zone Libre

De nombreux artistes moins connus seront de la partie, qui valent le détour. C’est le cas, tout d’abord, de Bill Callahan, plus célèbre dans le rock alternatif US sous le nom de scène de (Smog). Les Français de Cheveu seront à coup sûr une belle découverte pour beaucoup, avec leur post-punk fiévreux qui en fait l’un des groupes plus prometteurs de la scène française actuelle et lui vaut une reconnaissance et des concerts à l’étranger. À ne pas louper !

Them Crooked VulturesDerrière le mystérieux nom de code Les Petits Pois, annoncé par Rock en Seine comme un « super-groupe taillé pour le live » ayant fait « quelques rares apparitions sur quelques festivals cet été » pourrait fort bien se cacher rien moins que Them Crooked Vultures. Trio de luxe réunissant le riffeur en série Josh Homme (Kyuss, Queens of the Stone Age), l’un des meilleurs bassistes de l’histoire en la personne de John Paul Jones (Led Zeppelin) et Dave Grohl à la batterie (Nirvana, Foo Fighters, Probot, Queens of the Stone Age, etc.), ainsi que Alain Johannes (Queens of the Stone Age, Eleven) le groupe a donné quatre concerts cet été et est attendu avec ferveur par les amateurs de heavy rock. Là encore : ne surtout pas manquer cet invité surprise… qui pourrait aussi bien n’être pas Them Crooked Vultures…

Faute de pouvoir tous les citer, nous en oublions bien d’autres, fussent-ils des artistes confirmés (Metric ou surtout Macy Gray). L’affiche a de quoi ravir les mélomanes par sa diversité et la présence d’artistes aussi jouissifs parmi les confirmés que prometteurs parmi les « outsiders » des scènes secondaires.

Playlist Rock en Seine de Deezer

Cézanne : un tardif maître de la modernité
Audiard, le prophète sans ciseaux
Mikaël Faujour

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *