Rap / Hip-Hop
Le Wu Tang Clan à l’épreuve des âges

Le Wu Tang Clan à l’épreuve des âges

05 mars 2015 | PAR Simon Théodore

Le 2 mars, à New York City, se déroulait la première « release party » du nouvel album du Wu Tang Clan. En réalité, seules 51 secondes ont pu être filtrées et mises à disposition sur la toile. À moins d’être riche, enfin très riche, vous ne pourrez l’écouter dans son intégralité que dans 88ans…

 

Enter the Wu Tang

C’est dans une ville où la culture hip-hop est omniprésente que les trois compères RZA, GZA et Ol’ Dirty Bastard se rencontrent et décident de poser leur premières rimes sur des beats épurés. Après plusieurs échecs auprès des labels, ils montent, avec les six autres membres, leur propre collectif : le Wu Tang Clan. En référence à une montagne de Chine parsemée de temples, ce nom résonne très vite au delà des frontières du Bronx. Passionnés de films de kung fu, ils développent cet imaginaire asiatique et s’affirme en fer de lance du rap East Coast. Leur premier album Enter the Wu Tang (36 Chambers), en référence au film de Liu Chia-Liang (La 36e chambre de Shaolin, 1978) devient, dès sa sortie en 1993, disque de platine. Après un sixième album, A Better Tomorow, sorti en 2014, ces légendes du rap avaient déjà créé le buzz en annonçant au même moment la sortie, en un seul exemplaire, du prochain album…

C.R.E.A.M

« Cash Rules Everything Around Me » (« l’argent dirige tout autour de moi ») annonçait la couleur. Ce hit, du début des années 1990, soulignait déjà l’importance de gagner proprement de l’argent plutôt que de le dépenser . C’est avec cette philosophie que ces mercenaires annoncent la sortie de Once Upon a Time in Shaolin. Comme l’explique RZA sur le site du projet, «  les choses qui ont de la valeur sont rares. Les artistes sont des personnes rares dans notre monde ». Les amateurs intéressés, au portefeuille bien rempli, peuvent déjà participer à la vente aux enchères; le groupe rapportait au Guardians qu’ils avaient déjà reçu des offres entre deux et cinq millions de dollars…

Une oeuvre d’art ?

À l’image d’une véritable pièce de maître, la première présentation de la musique s’est déroulée au MoMA (Museum of Modern Art de New York).. Inséré dans une boite en argent, l’objet tant convoité repose actuellement dans un coffre -fort à Marrakech. Pourquoi 88 ans? Le producteur du disque relatait à Forbes qu’ « au bout de cette durée, le copyright, qui comprend les droits de diffusion publique et de commercialisation, sera automatiquement transféré au propriétaire de l’oeuvre ».

Il semblerait que les choses rares se paient ( en temps et en argent) mais la valeur n’est pas gage de qualité…. Malheureusement, il est plus que probable que nous n’entendions jamais ce dique en entier. Pour se consoler, il nous reste cette vidéo, dévoilant un court extrait, parmi les 31 morceaux et les deux heures de rap old school que nous promet la bande de Method Man…Le fameux sésame est à découvrir ici !


Visuel : Gokhan Altintas Photography

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Simon Théodore

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