Pop / Rock

Temps de chien et musique de fête pour la clôture du 44e Festival Paléo

Temps de chien et musique de fête pour la clôture du 44e Festival Paléo

29 juillet 2019 | PAR Yaël Hirsch

Du 23 au 28 juillet, en 6 jours, 6 nuits, 230 000 spectateurs, plus de 250 concerts et spectacles, et presque autant de foodtrucks et roulottes associatives le Paléo a fait danser le Lac Léman du 23 au 28 juillet 2019. Alors que le plan pluie était sorti pour la 44e édition, Toute La Culture est allé écouter Jane Birkin dans « la gadoue » mais en version chic et symphonique.

Alors que ciel semble avoir pleuré toutes ses larmes au long de cette matinée de dimanche, la terre est si mouillée que les parkings du Paléo sont condamnés. Le plan pluie est mis en place avec une armada de gilets jaunes -swiss-style : très organisés pour nous organiser – un parking tout le long de la route mis en place à Nyon et des navettes mises en place pour nous amener sur le lieu du festival où il valait lieux prévoir des bottes en plastique. Le tout, si prestement que nous arrivons presque à l’heure pour le coup d’envoi de la musique, à 16h.

Le premier concert que nous avons entendons était celui de Phanee de Pool au Club Tent. Chignon fou, veste militaire, beaucoup d’énergie, du soleil dans la voix mais des textes assez spleen dont une sur la schizophrénie, la chanteuse nous a « slappé » les titres de son album Hologramme (2017). Coup de cœur sur l’académie Charles Cros, la chanteuse malicieuse, féministe (« le pire c’est de naître femme dans un monde d’hommes), de son temps propose des chansons acclamées par la foule (et chantée par elle) qui ont un très joli flow accordé avec de beaux mots (à retrouver sur son site) Entre deux titres elle nous avoué qu’elle était policière pendant sept ans et a tiré de ses expériences « j’étais meilleure dans le côté social que dans le côté répressif ». On la croit et on l’applaudit !

Le temps d’un Naan fromage et de Samosas mémorables au magnifique Champ/foodcourt du Paléo et nous avons pu entendre lOrchestre de Chambre de Lausanne dirigé par Joshua Walkerstein dans une série de morceaux choisis, dont le premier mouvement de la 5e Symphonie de Beethoven.  la scène des arches. 

A 17:00, la pluie s’est arrêtées mais nous glissons toujours dans la boue pour aller entendre la star québécoise du hip hop Koriass qui a fait lever le bras a la scène du dôme remplie et a triomphé en final avec son « Enfant de l’asphalte ». Nous aussi, chapeau rouge sur la tête au milieu de la boue suisse avons eu envie de voir « le pouce de Québec à Montreal ».

Le concert suivant avait lieu à 18:15 sur la grande scène au pu mic poste, calme, attentif. L’Orchestre de Neuchâtel proposait, sur des arrangements très cinématographiques de Nobuyuki Nakajima (au piano) une version symphonique du répertoire de Gainsbourg. Smoking et boucles châtain, Jane Birkin est entrée en scène pour chanter avec une joie communicative relevée par les cordes : « Ces petits riens ». Elle a enchaîné par le mélancolique « Lost songs ». Ensuite est venue la fameuse adaptation du mouvement lent de la 3e symphonie de Brahms « Baby alone in Babylone », avant d’entonner la « Valse de Melodie ». L’orchestre a ensuite enchaîné les introductions symphoniques de chansons plus intimes parfois relevées de solo du premier violon : parmi ces dernières, le public a tressailli dès les premières notes minimales de « Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ». Dans ce concert fidèle à l’album et un peu trop grandiloquent pour que chacun puisse y retrouver « son » Gainsbourg malgré les tubes retrouvés (« La Javanaise » « Initials BB »…), nous avons aussi vu les musiciens se transformer en Brass-Band pour une version slamée de « Requiem pour un con ».

A 19h15, sur la scène des arches la voix Rocailleuse de la fille, Lou Doillon faisait suite à la voix haut perchée de la mère, en tournée des festivals (elle a aussi fait Terre du son) avec son 3ème album Soliloquy.

A 20h30, le public du Paleo a dû choisir entre le rappeur Dadju que le public scande, qui annonce déjà un POA Tour en France à partir de mars 2020 et une première partie de son frère, Maître Gims au Stade de France le 28 septembre et la voix grave des suisse-allemands The Gardner and The Tree

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Et à 22H, un autre dilemme :  aller chanter les textes forts de Youssoupha ou célébrer le Canada avec Coeur de Pirate

A 23h:15, plus de doute, c’est l’heure unique et immense du très attendu feu d’artifice. Suivie d’un concert de minuit par l’unique Paaaaaaatrick Bruel en grande tournée avec près de 20 dates dans l’été. Le Paléo se casse la voix et nous disons au-revoir à la Suisse, les pieds, les jambes, noirs de boue et très heureux d’avoir partagé ce moment de musique, de découvertes et de fête. 

visuels : Romane Bellon et YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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