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[Live report] Dragonforce à la Laiterie

[Live report] Dragonforce à la Laiterie

22 octobre 2017 | PAR Simon Théodore

Dans le cadre de son « Reaching Into Infinity World Tour », les Britanniques Dragonforce faisaient escale, vendredi 20 octobre, à la Laiterie de Strasbourg. Accompagnés des Suédois Twilight Force, ils ont, sur fond de power metal héroïque, ensorcelé les amateurs de fantasy et hard rock.

Il est environ 20h30. La grande salle de la Laiterie est déjà bien remplie et les fans de power metal sont fin prêts à accueillir Twilight Force, le premier groupe de la soirée. Sans aucun doute, un an après leur passage en terre alsacienne en première partie de Sonata Artica, ces Nordiques étaient attendus. Suite à la récente défection du chanteur Chrileon, le sextuor a réquisitionné les services, pour assurer les parties vocales, de Tommy Johansson, guitariste chez leur compatriote Sabaton. Titre d’ouverture du second album Heroes of Mighty Magic, « Battle of Arcane Might » entame les hostilités. Immédiatement, la foule est envoutée, tape des mains et chante en chœur. Sans aucun doute, les histoires de dragon et l’univers médiéval fantastique développés par le groupe trouve son public. Néanmoins, malgré une qualité de son indéniable, il faudra avouer être amateur de ce genre de power metal champêtre pour véritablement apprécier l’ensemble du set. Si la musique n’est pas forcément du goût de tout le monde, force est de constater que la prestation scénique est réussie. Tout en se dandinant constamment sur scène, les musiciens apparaissent en tenue de cosplay, des oreilles d’elfes se dégagent de la longue chevelure blonde d’Aerendir et le claviériste Blackwald, grâce à ses nombreuses interventions, embarque le public vers d’autres contrées… D’ailleurs, la fosse se transforme en un champ de bataille épique quand deux équipes s’affrontent lors d’un concours de cri ! Aussi à l’aise avec une six cordes qu’en véritable frontman, Tommy Johansson ne peut s’empêcher de faire du air guitar avec son épée lors de l’ultime « The Power of the Ancient Force ». Quarante minutes ont donc suffit à Twilight Force pour réchauffer une foule passionnée et les plus réfractaires à ce style métallique parfois caricatural ont profité de la bonne ambiance.

Quiconque a déjà joué à Guitar Hero connait Dragonforce et les qualités de composition et d’interprétation de sa paire de guitariste. Il est 21h40, le décor est planté. L’illustration de la pochette de Reaching to Infinity sert de backdrop et l’impressionnante batterie semble tout droit sortie d’un film de science fiction ou d’un univers steam punk. Tout à coup, les musiciens font leur apparition sous les acclamations du public. Les premiers riffs grandiloquents de « Ashes of the Dawn » résonnent et il ne faut que quelques secondes pour que le pit ne s’agite sur les envolées épiques du morceau. Sur cette première date française de la tournée, les musiciens semblent en forme. Paradoxalement, ils délivrent une prestation inégale mais d’une efficacité mémorable… La puissance de la sonorisation joue en leur faveur et les soli, tous plus rapides les uns que les autres, sont précis et ultra techniques. L’incroyable dextérité d’Herman Li permet même à ce musicien hors pair, entre deux notes de tapping, de prendre le temps de se recoiffer !

Les hymnes s’enchainent sur un rythme dantesque. Rare sont les moments permettant au public de respirer tant les prouesses des musiciens sont impressionnantes. « Judgment Day », un des titres les plus forts du dernier album, apparaît comme un premier grand moment de ce show. Un circle pit se déclenchera avant une fin de chanson, plus mid tempo, et construite autour de chœurs fédérateurs. Fer de lance d’une scène power metal saturée, Dragonforce démontre en live qu’ils ont la recette et le talent pour composer des tubes épiques aux refrains accrocheurs. Après le classique « Fury of the Storm » qui ravit les anciens fans de la formation, les musiciens prennent le temps pour un interlude mérité. Le bassiste Frédéric Leclerq, seul français de la bande, exprime son émotion de jouer en France avant d’entamer une version électrique de la Marseillaise à la guitare. Un moment riche en émotions ! Un solo de batterie prend alors le relais et, en compagnie de Marc Hudson (chant) empruntant momentanément la basse, le trio s’aventure sur des reprises de bandes originales de jeux vidéo.

Jusque ici, la performance était parfaite. Cependant, le guerrier « Cry Thunder » sera entaché par des problèmes de micro. Ce pépin technique permet au groupe de montrer qu’il maitrise l’art du remplissage. Un malheur n’arrive jamais seul et le titre se voit agrémenté de la fausse bonne idée de faire venir un fan sur scène pour chanter le refrain. Cette tentative se solde par un échec et le public se fait un plaisir de hué celui qui a oser s’aventurer hors de ses terres… Lors du rappel, le début de « Three Hammer » est massacré par des musiciens ne démarrant pas au même moment. Néanmoins, ce défaut est vite oublié par l’intensité du titre, faisant ainsi trembler une salle sous les sauts des métalleux. Finalement, l’ultime chanson de la soirée « Through the Fire and Flames » est le clou du spectacle. Cette composition qui les a fait connaître au grand public est le moment choisi par le guitar hero Herman Li pour sortir un instrument dont les frets s’allument en fonction de son doigté. Un effet visuel impressionnant tant le rythme est élevé et la dextérité requise importante ! Après une bonne heure et demie de concert et une difficulté à quitter les planches, Dragonforce laisse une salle ébahie devant tant de talent !

En somme, cette soirée power metal fut d’une belle intensité. Twilight Force ne restera pas une grande découverte mais leur univers séduira. Enfin, malgré une prestation loin d’être carrée, Dragonforce réussira à marquer les esprits grâce à une prestation scénique si impressionnante que chaque défaut est immédiatement gommé par la dimension épique, mélodique et technique des compositions !

Visuels : (c) Maxime Alix  / Affiche du concert.

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