Pop / Rock

La Puissante Soirée de Johnny Mafia

La Puissante Soirée de Johnny Mafia

12 octobre 2019 | PAR Pierre Poughon

Le Trabendo, en plein milieu du Parc de La Villette, était hier soir le théâtre d’une soirée exceptionnelle pour tout fan de rock, de rock français qui plus est.

Triceps ouvre le bal. Ce quintet complètement loufoque trouve sa veine dans le punk, à la limite du hard rock. Une dose absurde d’énergie se dégage de ces cinq gars-là. Affublés de costumes clichés américains, l’auto-dérision est le maître mot de leur set. Pom-pom girl, body aux couleurs du drapeau outre-atlantique, maillot et protection de foot américain…. bref, la total. Aussi barré qu’impressionnant, on découvre un groupe fait pour la scène. Leurs chansons sont chirurgicales. Absolument intenses, précises. Un concentré d’accords distordus, de cris plus que de chant et de batterie incisive. Et puis, voir un pom-pom boy d’1m80, barbu, avec une guitare en forme d’étoile et des lunettes de soleil en train de redéfinir le concept même de backeur, c’est vraiment jouissif. A voir.

Puis vient le duo Équipe de Foot. Ça fait plaisir de les revoir. Après leur release party à la Rock School Barbey à Bordeaux (on y était, et y’avait Johnny Mafia aussi), on les retrouve ici sur Paris. Leur set démarre fort, le duo marche vraiment bien. A coup de chansons d’amour à répétition (c’est pas moi qui le dit, c’est eux), ils ont imposé leur style plus profond, plus expérimental, plus travaillé que Triceps. Avec même quelques chansons où le batteur se transforme en joueur de pipeau (littéralement), le duo se donne à fond. Fort de deux albums puissants et réfléchis, leur set sonne aux couleurs de leurs LP. Noir, intense, profond. Leur accent rock, leurs guitares saturées, le duo de voix qui se marie à merveille, leur textes poignants. Vraiment, ces bordelais sont à suivre de très très très près. 

Puis vient Johnny Mafia. On ne les présente plus, les quatres gars de Sens forment l’un des groupes de rock français les plus prometteurs. Fort de deux albums plébiscités, de tournées à travers l’Europe, les voir devient un petit événement en soit. Il n’y avait qu’eux pour clore une soirée aussi bien entamée. À coup de guitares garage pointées de psychédélisme, de paroles simples et d’une batterie particulièrement percutante, on reconnaît directement les Johnny. Arrivant avec une réputation forgée dans la sueur, à la force de leur poignet, ils savent ce qu’ils font, sont rodés, et n’en ratent pas une. Même après les avoir vus quatre ou cinq fois, c’est un délire. En plus, nombre de guests (voulus ou non) ont fait leur apparition. Ils ont en particulier eu l’honneur d’avoir sur scène un danseur émérite (et je pèse mes mots) en la personne du guitariste/pom-pom boy de Triceps. Bref, tout était réuni pour un concert juste monstrueux, monumental. Avec deux singles déjà sortis, les Johnny sont peut être sur la route d’un troisième album, et qu’on a hâte. Parce que Johnny Mafia, c’est des bêtes. De scène, comme de studio.

Crédits photo : Cover de Johnny Mafia – Spirit

Un petit moment d’exception en compagnie de Mariella Devia.
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Pierre Poughon

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