Pop / Rock
[Interview] Yodelice : un délice psychédélique

[Interview] Yodelice : un délice psychédélique

20 octobre 2013 | PAR Hélène Gully

 

A l’occasion de la sortie du nouvel album Square Eyes, cet « irrésistible petit bonbon auditif », Yodelice retire son masque le temps d’une interview. Sous son costume se cache une âme multicolore, imprégnée de musique et d’idées. Si les deux précédents albums valsaient avec la pop pour caresser les oreilles, ce troisième opus capture le rock pour le sublimer. La guitare est nerveuse et la voix profonde. Cette métamorphose yodelicienne s’avère être un délice.

Yodelice est un virage dans ta carrière, dis nous en plus sur ce grand gaillard…

Yodelice est le personnage qui m’a permis d’interpréter sur scène des chansons très personnelles. A la naissance de Yodelice, il me paraissait très difficile d’exprimer publiquement des choses aussi profondes, et paradoxalement, j’ai réussi à le faire en me mettant dans la peau d’un personnage fictif et en procédant au rituel d’enfiler un costume et de me maquiller. Aujourd’hui Yodelice c’est un collectif, composé de techniciens et d’artistes qui croisent ma route, et j’aime particulièrement cette idée d’union créatrice parce qu’elle incarne le changement comme le personnage de Yodelice et sa musique.

Yodelice était mélancolique, et dans les précédents albums il avait toujours la larme à l’œil. Dans Square Eyes le rock est plus nerveux, la mélancolie s’efface t-elle?

Yodelice est une créature qui incarne mon projet artistique, et ce que j’aime c’est qu’il soit comme un être humain qui a besoin d’évoluer et de grandir. Il est en constante évolution. La musique doit être en accord avec qui je suis au moment où je la fais. Dans cet album, il y a beaucoup d’enthousiasme parce que c’est le disque d’un mec qui est vraiment bien dans ses pompes.

Avec Square Eyes, Yodelice nous fait-il découvrir une nouvelle partie de Spookland ?

Tout à fait, l’objectif a toujours été de dépeindre ce pays imaginaire, et d’aller à la recherche de nouvelles contrées au fil des albums. Je souhaite toujours me réinventer, et désormais, je veux tendre vers quelque chose de plus lumineux et de plus dansant.

Si tu devais décrire visuellement cet album ?

Futuro-passéiste ! J’adore les croquis de De vinci et cette idée de dessiner des machines mystiques avec des systèmes d’horloger, ces engins archaïques à la fois poussiéreux et insolites de petit laboratoire.

Le titre de l’album est une métaphore pour désigner les addicts de la télévision, Square Eyes transmet-il un message particulier ?

Il y a bien sûr un lien avec cette génération écran à laquelle nous appartenons et avec l’impact ambiguë de la télévision qui à la fois est un outil très positif et de l’autre un objet destructeur puisqu’il nous abrutit intellectuellement. Mais bizarrement pour le choix du titre, c’est surtout le côté ‘’graphisme’’ de l’expression qui m’a plu. La première fois que j’ai entendu cette expression, j’ai vu ces petits bonhommes aux yeux carrés et j’ai trouvé ça très inspirant.

Tes influences seventies sont-elles plus présentes dans cet album ?

Les synthés rappellent Floyd ainsi que l’aspect ‘’production expérimentale’’. Je considère Dark side of the moon comme l’un des plus bels albums de l’histoire de la musique, et tout comme pour Square Eyes, y’a une vraie volonté d’expérimentation. J’étais à la recherche de quelque chose de particulier, d’un patchwork d’époques, de techniques d’enregistrements et finalement d’une texture de son unique.

Quel regard portes-tu sur ton expérience avant Yodelice ?

Je dissocie ces deux périodes artistiquement et personnellement. Ce sont deux pages (il hésite) non deux chapitres très différents (un court silence) voire pas le même bouquin (il rit). Forcément il y a eu une influence parce que c’est ce qui m’a construit et c’est ce qui fait qu’à la naissance de Yodelice j’avais des choses à raconter. Je suis passionné de musique depuis la tendre enfance et ça a été très formateur de réaliser des projets de variété.

La musique est ton milieu de prédilection mais as-tu des projets dans d’autres domaines ?

Pourquoi pas, j’aime raconter des histoires et créer des choses, j’aime essayer de me servir de mon parcours en le digérant, et d’en tirer une proposition artistique. Je voudrais sortir les gens de leur quotidien le temps d’un concert, d’un disque, d’une chanson même.

Sortie de l’album Square Eyes le 21 octobre 2013. Yodelice sera en concert du 20 au 22 janvier 2014 à la Cigale et en tournée dans toute la France.

Hélène Gully

Visuel : (c) Photo officielle solidays 2011

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Hélène Gully
Jeune caméléon du journalisme. 21 ans et de l'ambition.

One thought on “[Interview] Yodelice : un délice psychédélique”

Commentaire(s)

  • Julien Lepers

    Je sais pas qui est la chroniqueuse, mais elle a un nom marrant !!

    octobre 25, 2013 at 13 h 43 min

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