Musique

Patrick Watson et l’Orchestre National de Lyon : Jeux d’enfants, magie et sortilèges au Grand Théâtre Antique de Fourvière (Lyon)

Patrick Watson et l’Orchestre National de Lyon : Jeux d’enfants, magie et sortilèges au Grand Théâtre Antique de Fourvière (Lyon)

09 juillet 2019 | PAR Annabelle Ambler

Les créations des Nuits de Fourvière avec les orchestres symphoniques de Lyon sont toujours des évènements étonnants et attendus, de Benjamin Biolay à Seu Jorge … ou IAM, les surprises venant toujours nous chercher là où on ne les attend pas.

Ce soir, après Claire Diterzi avec l’Orchestre du Conservatoire, c’est le Canadien Patrick Watson et son groupe qui occupent le grand Théâtre avec les 70 musiciens de l’Orchestre National de Lyon et le chœur du Conservatoire de Lyon.

Patrick Watson était un invité attendu du Festival, après son apparition surprise seul au piano l’année dernière à la fin du spectacle de son ami le magicien Yann Frisch, « le Paradoxe de Georges ».

Patrick Watson est donc arrivé comme par magie à Lyon! Nous n’étions pas à ce concert « surprise », mais ceux qui y étaient en parlent encore.

Ce soir par contre nous sommes bel et bien là, dans ce théâtre béni par un ciel clément, ce qui est notable ces jours-ci après les foudres de la nuit « Soul » de samedi. Patrick Watson prend un temps pour regarder le public, la lune, et ce « waouh de ciel rose » de Lyon. Il parait aussi ému que son public, mélange de fans et de curieux.

Il arrive après une première composition de Kats Chernin « Big Rhap » jouée par l’Orchestre seul. Et le tour de magie de Patrick Watson ce soir, c’est de nous faire plonger à chaque morceau de plus en plus dans l’intime.

3000 personnes dans le théâtre, près de 90 personnes sur scène, et chacune des chansons nous parait comme un secret qu’il nous chuchote, rien qu’à nous. Du camion-chapiteau de Yann Frisch à l’immensité gallo-romaine de Fourvière, Patrick Watson bat les mêmes cartes de la poésie et de l’onirisme.

Pourtant, l’orchestre symphonique dirigé par Stephen Bell prend toute sa place, entre deux harpes, contrebasson, clarinette contrebasse, trois percussionnistes, toutes les sections traditionnelles de l’orchestre, magnifié par les arrangements précis et joueurs de Jules Buckley. Nous gardons le souvenir amusé de ces quelques ballons soufflés par les musiciens qui font rire l’assemblée comme autant d’enfants devant une nuée de magiciens. Les musiciens du groupe de Patrick Watson – Joe Grass aux guitares, Mishka Stein à la basse et guitare, et l’incroyable Robbie Kuster à la batterie – semblent appartenir à cet orchestre qu’ils viennent pourtant de rencontrer pour cette création.

Un concert intimiste avec plus de 90 personnes sur scène, voilà un coup de maître. Même quand Patrick Watson prend le mégaphone pour chanter, sa voix inimitable continue son sortilège. Il ose même porter la voix sans micro sur la fin d’une de ses « Love Songs for Robots ».

Il vient encore nous surprendre en laissant seul l’orchestre au milieu du concert nous interpréter les « Fêtes » de Debussy. « Tout le monde ne sait pas forcément l’effet que ça fait, un concert symphonique » rappelle-t-il avec la joie de celui qui sait quel cadeau il propose. Ainsi, au milieu d’une de ses propres chansons, apparait soudainement un extrait du quatuor de Maurice Ravel. Décidément, Patrick Watson sait nous déboussoler, pour notre plus grand plaisir.

Et il revient faire chanter les 3000 spectateurs de Fourvière, émus comme des enfants qu’on invite à la fête.

Tout le monde termine debout, Patrick Watson revient pour un premier rappel avec son groupe, et puis seul au piano pour un second. On sent qu’il voudrait rester là toute la nuit. Nous aussi !

On le retrouve par hasard en déambulant dans les vestiges du théâtre. Il a retrouvé Yann Frisch, son ami, à qui il supplie en trépignant comme un enfant de montrer ses tours à l’assemblée. Il s’exécute de bonne grâce, démontrant un talent irréel pour nous jouer lui aussi des tours!

« Mais, c’était quoi le truc » ?!… Gageons que nous ne serons pas les seuls à nous poser longtemps cette question en repensant à cette soirée.

visuels : Paul Bourdrel

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