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Pamela Hute nous parle de Bandit son nouveau EP

Pamela Hute nous parle de Bandit son nouveau EP

21 mai 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Bandit c’est le titre du nouveau EP de Pamela Hute, en vente depuis quelques semaines. Toutelaculture a rencontré la jeune chanteuse, qui nous a délivré des curiosités par rapport à cette nouvelle création, mais aussi à l’album, déjà prêt qui sortira en Août prochain..

TLC : Bonjour Pamela. Toutelaculture accueille avec intérêt la sortie de ton nouveau EP. Bandit est le titre, mais il  n’y a aucune chanson qui s’appelle comme ça. Je me suis demandée à quoi renvoie ce titre : est-ce qu’il y a une figure masculine mystérieuse qui se cache derrière les textes de ces chansons?

P : Oui. Effectivement la figure du bandit se réfère à une chanson qui n’est pas sur le EP mais qui sera dans l’album qui sortira en août. Cette chanson s’appelle Running away et s’inspire d’une histoire vraie un peu incroyable d’un fugitif américain qui s’appelle Colton Harris, arrêté il y a deux ans. Ce jeune homme allait cambrioler essentiellement pour dormir des riches maisons américaines tout autour des Etats-Unis. La police ne l’a pas trouvé pour un temps dingue et il est devenu une espèce d’icone aux Etats-Unis, il a un fan club et tout… c’est un type qui ne faisait rien de vraiment mal, à part voler des choses mais dans un but de survivance personnelle. J’ai trouvé cette histoire assez marrante et très inspirante.. Comme le thème de la fuite est assez présente dans le disque, j’ai pensé à l’appeler comme ça, voilà.

TLC : Merci d’avoir satisfait cette curiosité. Du coup c’est déjà votre quatrième EP. D’ailleurs ce format est très à la mode en musique actuellement. Toutelaculture dans un dossier a récemment abordé la question de la fragmentation de toute information aujourd’hui, fragmentation qu’on remarque aussi dans toutes formes d’art contemporains. Trouvez-vous que ce format va dans cette direction ?

P : Je trouve que c’est un bon format avant la sortie d’un album. Simplement pour présenter un peu l’album, c’est comme une sorte de petit condensé. On avait sorti trois EP avant le premier album, deux étaient vraiment différents l’un de l’autre, quelque chose de très expérimental qui servait plutôt pour essayer des morceaux avant la sortie du disque. Tandis que là , plutôt cela nous sert pour donner un aperçu, une idée de la direction de l’album. Après c’est vrai que ça fragmente un peu, mais de toute façon ça c’est inévitable. Les gens achètent toujours les chansons qu’ils aiment.. moi je ne le considère peut-être pas comme un format en tant que tel, surtout quand il y a un album derrière. C’est juste une manière de se présenter, la véritable création complète reste pour moi l’album qui sortira en aout, mais qui est déjà prêt d’ailleurs.

TLC : On associe votre musique à beaucoup de genres, ce qui n’est pas étonnant dans une époque où les mélanges des genres sont communs et très à la mode aussi. Du rock, du punk, des sons électroniques. Mais vous, comment  définiriez votre propre musique?

P : Bon, déjà je laisse un peu les gens dire ce qu’ils veulent parce que c’est très naturel, chacun a ses correspondances et ses repères. Après moi, je pense que je fais du rock, mais avec un attachement un peu particulier à la mélodie. Ce qui m’intéresse c’est faire des chansons dont les gens ont un souvenir. Parfois j’ai eu comme reproche que c’était trop commercial. Finalement ça ne me dérange pas du tout de faire des chansons que les gens aiment en masse. Après c’est vrai qu’on a un format original : on est trois et le bassiste joue du clavier, donc on a clavier, guitare, batterie, ce qui fait qu’on a  un son un peu particulier. Il y a un coté un peu électro, new wave peut-etre… Après, moi je crois que j’ai une écriture sans doute assez mélancolique et peut-être que les gens l’associent à quelque chose d’un peu glauque, mais c’est le coté synthétique qui peut donner cette sensation.

TLC : Oui. En particulier, pour revenir à vos nouvelles chansons, c’est Mad Words qui manifeste le plus ce coté électro dont vous vennez de parler. On a remarqué aussi comment votre voix s’adapte à des chansons différentes. Elle peut être à la fois douce et mélancolique, à la fois très agressive. On vous associe à Blondie, mais encore, quels sont vos vrais modèles?

P :  J’ai découvert des voix féminines assez tard, j’ai écouté plutôt des garçons. Toute la musique écoutée depuis mon enfance m’a sans doute formée, mais je ne pense finalement pas d’être l’héritière de qui que ce soit. Je pense plutôt que ma voix à une personnalité, une signature. Et plutôt que de rassembler à quelqu’un c’est justement ça qui m’intéresse dans la musique : de travailler la différence et la personnalité. Je suis incapable de faire des reprises. Je pense ‘avoir des choses à dire et du coup, voilà, j’ai toujours écrit mes chansons, dès le début. Par contre je ne suis pas une très bonne musicienne, j’écris des petites mélodies mais je ne sais pas les valoriser, donc je collabore avec le reste du groupe pour ça.

TLC : Vous êtes trois maintenant. Pensez-vous avoir trouvé le nombre magique?

P : C’est vrai qu’on a été quatre un petit moment quand même, mais il y avait quelque chose qui ne marchait pas. C’était vraiment quelque chose d’essentiel, et à un moment donné, mes chansons je ne les reconnaissais plus. Je me rappelle la première fois qu’on était à trois… il y avait un gros vide, on avait l’impression que quelque chose manquait mais, finalement, on a commencé et les chansons sont revenues. C’était super. Là, je crois beaucoup au son du trio. D’ailleurs il y a beaucoup de trios mythiques, Police, Nirvana etc.. Ce que je trouve intéressant chez eux c’est qu’ils ont un son à eux parce qu’il y a trois personnalités différentes, très fortes qui ont réussi à créer quelque chose d’encore plus fort, une nouvelle identité, à trois.

TLC : Par rapport à votre parcours et à l’évolution de votre projet, qu’est-ce que vous vous  sentez  d’ajouter dans cet album par rapport au premier ? Nous on sent une énergie tout à fait particulière dans ces premiers morceaux que vous avez  présentés. La magie du trio vous donne-t-elle l’impression d’avoir atteint une expression plus complète?

P : D’abord  je peux dire que cet album a été super dur à faire. Il a été enregistré une première fois dans un studio. Il était terminé mais moi je n’étais pas du tout contente du résultat, il y avait quelque chose qui n’allait pas. Tout le monde était content, le label aussi, sauf moi. Donc on a tout refait, voilà.. J’ai pris le téléphone un soir et j’ai dit : « Donnez-moi un mois de plus et on refait tout! ». On est partis chez moi  à la campagne tous les trois, dans une maison, ce qui n’est un pas un milieu vraiment professionnel. Maintenant ce n’est pas parfait, mais j’ai retrouvé quelque chose de vivant, il y a un truc sincère et vrai. C’est un album qui est un peu plus élaboré que le premier, plus travaillé. Un premier album souvent c’est une photographie qui est un peu datée, parce que finalement on fait de la musique depuis longtemps et il te reste encore des choses que tu traines depuis longtemps. C’est pour ça que je pense que mon deuxième album a un coté plus travaillé, des chansons meilleures et plus développées et matures. Il y a là une énergie un peu plus maitrisée je pense. Tout est un peu plus ciselé, un peu plus réfléchi aussi.

TLC : De toute façon c’est toujours comme ça, on peut vraiment parler du disque précédent quand on travaille à quelque chose de nouveau, n’est-ce pas?

P : Voilà c’est ça. Je veux assumer toujours mes choix, être contente de ce que je fais, mais ce qui m’amuse aussi c’est de passer à autre chose, d’évoluer. Ce qui est important c’est de rester toujours fidèle à sa propre idée, à sa propre personnalité quand on fait de la musique. C’est pour ça que j’ai décidé de refaire le disque même si tout le monde l’aimait bien.

TLC : Merci Pamela. En attendant la sortie de ton album, on vous  souhaite de trouver toujours si brillamment cette sincérité que vous recherchez dans tes chansons.

P : Merci à vous.

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Celeste Bronzetti

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