Musique
Odezenne, interview sans édulcorap

Odezenne, interview sans édulcorap

29 mai 2012 | PAR Olivier Handelsman

Odezenne est un groupe de rap composé de Jaco (Jacques Cormary), Al (Alix Caillet), DJ Lodjeez et Merlin, exerçant depuis 2003. Leur démarrage lent dans un premier temps a laissé mûrir leur premier album digital “Sans chantilly” (chez Universeul), sorti en 2008 . Cette œuvre va véritablement lancer leur carrière, faite de punchlines et de récits désabusés. Fort d’un concert aux Francofolies en 2010, le groupe se fend d’un second opus, « O.V.N.I. » (Orchestre Virtuose National Incompétent) au printemps 2011. Cet album cynique et inlassable, auquel l’édition « Louis XIV » apporte cinq titres inédit, est un prélude à une série de concerts permettant aux réfractaires au rap de découvrir les paroles et l’univers mystérieux et pourtant réaliste d’Odezenne, qui a accordé une interview à Toute la Culture.

Toute la Culture : Bonjour, Al et Jaco. Votre nouvel album, OVNI, est quoi que vous en disiez plus sombre que le précédent, si profond soit-il. Avant que l’on ne vous colle une étiquette de rap hipster ou de chanson fran16 mesures, savez-vous ce que vous voulez que les gens retiennent de vos nouveaux titres ?

Al: Tout est à garder, ce serait difficile de le résumer. En plus, on vient d’en sortir une réédition avec cinq titres de plus nommée Louis XIV, qui est indissociable des vingt chansons d’OVNI. Comme on publie nos oeuvres sous le petit label Universeul, on a eu besoin de le sortir en deux fois, histoire d’avoir le temps d’en faire la pub.

Toute la Culture : Vous avez déclaré aux Inrocks comme influences Radiohead, Serge Gainsbourg, Raymond Queneau, Madlib, dont seul le dernier est un rappeur. Votre flow s’apparenterait à celui de Doc Gynéco, Hocus Pocus ou 1995. De quels artistes hip-hop vous réclamez-vous le plus ?

Al: Ahaha ! Pas du tout, ni d’eux (on ne les connaît pas, ou alors de nom) ni d’aucun autre rappeur. On aime le rap mais on ne peut pas dire qu’on s’en inspire beaucoup.

Toute la Culture : On a pu vous entendre en freestyle avec l’Entourage, Oxmo Puccino ou encore Radikal MC. Avec quels artistes aimeriez-vous faire un featuring ? Pourquoi ?

Jaco : Pour l’instant nos featurings avec des rappeurs se limitent à un ou deux noms, dont Rodd (un rappeur bordelais). On adore collaborer avec d’autres artistes, mais ça ne veut pas juste dire qu’on veut partager un 16 tout bête. On voit moins ça dans le son que dans l’image : Odezenne s’associe plus souvent avec des photographes pour son univers.
Al: Et des graphistes et des peintres ! On est un peu un aimant à nouveaux talents, comme Édouard Mardon, et pour les clips le collectif OK TO ME, Vladimir Mavounia-Kouka pour un clip animé, et Andy Lee, un réalisateur exceptionnel australo-coréen de 25 ans qui s’occupe du clip de « Mots Doux » qui sort dans deux mois. Avec ces gens-là on recherche l’échange réel et on établit une logique de groupe. On n’est pas là pour rapper sur des faces B, mais pour faire des créations originales et jouer l’exercice jusqu’au bout.

Toute la Culture : Dans quel sens le rap français a-t-il évolué depuis vos débuts ?

Jaco : Oh, aujourd’hui il se porte bien, il digère plein d’influences enrichissantes. Mais pour nous, le rap est moins une culture, un fond de pensée qu’une forme d’expression.

Toute la Culture : Vous serez présents le 9 juin prochain au festival Garorock à Marmande. Que ressentez-vous en festival, par opposition à un simple concert ?

Al : C’est plus gros qu’un concert, donc il nous faut une autre approche, car les sentiments qu’on déclenche et qu’on ressent sont plus forts. En apparence le show reste le même, mais on a moins de proximité avec le public.

Jaco : J’aime bien les festivals avec tous leurs gens fatigués et bourrés, debout depuis plusieurs dizaines d’heures et sur place depuis plusieurs jours. C’est une ambiance festive et éreintée à la fois.

Al: On a fait une Free Party à la frontière espagnole l’été dernier, au milieu de la montagne il y avait 4000 camions sur le parking. C’est sûrement le meilleur concert qu’on ait fait, tout le monde était à fond avec le poing levé ; c’était aussi notre concert le plus chaotique.

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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

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