Musique

Néo-psyché : Crocodiles, Sleep Forever

25 janvier 2011 | PAR Mikaël Faujour

Ce n’est guère un mystère que la Californie a vu émerger de très, très bons groupes de rock néo-psychédélique largement teinté de shoegaze. Il y a un peu plus d’un an, nous vous parlions de Gliss, à l’occasion de la sortie de son deuxième album. Voilà une semaine, sortait en France le second album d’un groupe de San Diego, Crocodiles, album court mais qui contient son lot de chouettes morceaux.

Depuis The Brian Jonestown Massacre et Dandy Warhols à la fin des années 90, la scène américaine a offert une belle brochette de groupes développant un néo-psychédélisme trouble et bruitiste, ancré – notamment, mais pas que – dans le shoegaze des Jesus & Mary Chain et consorts. Parmi les plus représentatifs, Black Rebel Motorcycle Club et The Warlocks, tous deux fondés par d’ex-membres du séminal Brian Jonestown Massacre susmentionné.

Également californien, venant de San Diego, le duo Crocodiles sortait en septembre un deuxième album, distribué en France depuis janvier. Un album assez court (8 titres, 35 minutes) et qui va à l’essentiel.

Sleep Forever débute avec une fausse piste, « Mirrors », excitante rencontre de Neu ! (rythmique métronomique implacable et riff de synthé) et The Jesus & Mary Chain (décharges de guitare électrique & refrain pop irrésistible). La suite délaisse tout à fait l’aspect krautrock pour une noisy pop fort bien gaulée et rehaussée d’orgue Hammond du meilleur effet. « Stoned to Death » ou « Billy Speed » sont étourdissants, les mélodies nageant dans la saturation grinçante. Sur « Hollow Hollow Eyes », une basse distordue scandant une rythmique réminiscente de « Have Love Will Travel » (The Sonics) et l’orgue étincelle sur les refrains en envolées psychédéliques. Avec « Girl in Black », le groupe lève le pied, pour quelques instants d’absolue douceur en flottaison dans les éthers, entre post-rock et drone. « Hearts of Love » est un bel hommage au Jesus & Mary Chain, que les mauvaises langues qualifieront de plagiat et les bonnes oreilles de pur plaisir.

Cascades d’effets (fuzz, feedback, wah-wah, réverb), atmosphère capiteuse, merveilleuses mélodies pop, rythmiques lancinantes et Hammond en liberté : Crocodiles livre avec ce deuxième album un disque shoegaze  (ou noisy pop ou psychédélique ou tout ce que vous voudrez) tout à fait excitant. Si deux ou trois morceaux sont plus faibles, l’album recèle suffisamment de tubes rock potentiels pour s’avérer, au fil des écoutes, franchement addictif.


Crocodiles, Sleep Forever, Fat Possum/Differ Ant, 2011

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Mikaël Faujour

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