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Live-report : Pierre Lapointe emporte le Café de la Danse (14/11/2011)

Live-report : Pierre Lapointe emporte le Café de la Danse (14/11/2011)

15 novembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Après avoir été reçu en même temps qu’Alexis Tharaud au ministère de la Culture la semaine dernière, le talentueux auteur-compositeur québécois était à l’affiche du Café de la Danse les 14 & 15 novembre. Lapointe vient de sortir un album revisitant son répertoire seul au piano. Le show était donc sobre et solo, hier soir, et d’autant plus émouvant que le chanteur s’est presque excusé de produire des chansons mélancoliques . Cerise sur la gâteau de la puissance des chansons, Lapointe fait le pitre  avec grâce entre les montées de mots et de larmes. Un tour de force, ravissant, envoûtant et poignant.

Sobrement habillé de noir, barbe de trois jours et mèche blonde de Dandy, Pierre Lapointe entre en scène à 20h précises sur la scène du Café de la Danse. Il s’agit d’un de ses lieux de prédilection à Paris, puisque c’est là qu’il a fait ses premiers concerts en France, il y a plusieurs années. A trente ans à peine, l’auteur-compositeur québécois est probablement l’un de ceux qui manient le mieux la langue française pour proposer sur des airs simples et profonds, avec sa voix d’ange toujours juste, des vraies chansons qui prennent aux tripes. Au Café de la Danse, pendant près de deux heures, ont pouvait entendre les mouches voler entre les notes, tant le public était concentré.

Dès son arrivée sur scène, Lapointe prévient le public du potentiel mélancolique du concert où le piano solo renforce encore la tristesse des chansons. Et il commence par quelques anecdotes drôles, dont sa réception au Ministère de la Culture, quand Frédéric Mitterrand l’a appelé « Lionel Lapointe »(!).  Tout au long du concert, Pierre Lapointe fait quelques incursions comiques irrésistibles, comme pour s’excuser du spleen puissant que provoquent se chansons : il se moque gentiment  de la France, campe un personnage de « chanteur-poète populaire » qu’il aurait choisi parce que le créneau marketing n’était pas encore pris. Il raconte également ses cuites avec Luc Plamodon. Enfin, plus sérieusement, mais toujours dans l’auto-dérision,  il clame haut et fort le droit de toujours chanter en Français.

Il n’empêche, par-delà l’humour, Lapointe attaque sec avec les bouleversantes « Perles de nos yeux », « le magnétisme des amants », et « le lion imberbe », premier titre du dernier album. Avec « Madame Emilie », il dit faire une pause joyeuse, mais si la musique est musette, le texte sur cette prostituée hermaphrodite qui finit par trouver la mort est bien baudelairien. S’ensuivent le magnifique « Nous restions là », la reprise de  « Moi, Elsie », écrit par  Richard Desjardins pour Elisapie Isaac. Puis le naïf et troublant « Maman ».  Il y a enfin deux chansons terribles sur la mort du couple, une reprise d’une belle chanson de Claude Léveillé. Le chanteur finit le concert sur  son titre : « Les sentiments humains ». Faisant semblant de ronchonner pour les heures sup’, Pierre Lapointe offre tout de même 3 bis à son public : une reprise de Balavoine, « Les uns contre les autres », « les vertiges d’en haut » et bien sur « le bar des suicidés » repris en chœur par un public survolté. Le jeune prodige est remercié par une standing ovation bien méritée. 

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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