Musique

Live report : Patrick Wolf au Nouveau Casino (31/04/11)

05 avril 2011 | PAR Camille Jamain

Dans le sillon de la sortie prochaine de son cinquième opus, Patrick Wolf est venu nous présenter celui-ci sur scène dans un show à l’image du jeune surdoué anglais, fantasque et exubérant.

Voici presque deux ans que Patrick Wolf n’avait pas mis les pieds sur le sol français lors de ce qui fut une des découverte les plus marquantes de 2009 pour la plus grande frange de son public français. Pourtant à cette époque, et à seulement 25 ans, il nous présentait déjà son sublime quatrième album The Bachelor et créait alors pour l’occasion sa propre maison de disques, point de départ d’une riche collaboration avec Alec Empire (Atari Teenage Riot). On attendait alors avec impatience  ce qui apparaissait comme la suite et fin évidente du diptyque ; seulement, dans la confusion et l’hésitation, The Conqueror ne verra jamais le jour. Patrick Wolf s’est alors donné le temps de concevoir son cinquième disque, et après avoir accompagné Patti Smith en tant que violoniste, c’est en  son nom qu’il vient nous présenter son Lupercalia.

Immédiatement on pense à son camarade Alec Empire, à Brian Eno et David Bowie évidemment aussi. La filiation semble même tellement revendiquée qu’on hésite un peu au départ, mais on ne doute rapidement plus de l’authenticité de Patrick Wolf. On connait le compositeur précoce et le musicien virtuose (il joue pas moins de 17 instruments, dont 7 sur scène), mais il faut avant tout souligner le paradoxe le plus louable du personnage : un artiste baroque et incroyablement moderne. A l’instar de ses compatriotes « arty-futuristes » de Chrome Hoof ou d’Ebony Bones, Patrick Wolf défend avec brio un univers qui lui est propre. Accompagné d’un groupe très appliqué et très rodé, il jongle aisément de la harpe à l’alto, du piano à la guitare et capte l’attention de manière assez fascinante d’un public tout acquis à sa cause, parfois même jusqu’à l’excès.

On traverse l’intégralité du répertoire avec les incontournables « Magic Position » ou « Emergency » que le Nouveau Casino archicomble reprend en cœur et l’on découvre les nouveaux morceaux plus intimistes et fragiles de Lupercalia et les deux singles déjà présentés, « The City » et « Time of My Life ». Le son est vraiment impeccable et les lumières à la hauteur de l’excentricité du spectacle. Si parfois il tombe dans une complicité un peu naïve et adolescente avec ses spectateurs, c’est plus à eux qu’il faut en vouloir et l’on ne lui en tiendra pas rigueur tant ceux qui connaissent ses prestations en festival ne douterons pas de ses qualités.

Après plus d’une heure et demie et deux rappels mérités ont restera quand même sur notre faim de ne pas avoir eu le droit aux incroyables morceaux qui ponctuent The Bachelor tels que « Battles », « Oblivion », « Vultures », « Count of Casualty » ou même l’incontournable « Hard Times » tant ces titres nous avaient marqués en 2009. Ce n’est que partie remise.

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Camille Jamain

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