Musique
[Live report] L’expressif Festival fait irrueption dans le jardin de Belleville

[Live report] L’expressif Festival fait irrueption dans le jardin de Belleville

15 juin 2015 | PAR Flora Vandenesch

Le festival Irrueption s’est fait une place au soleil ce week-end en haut du jardin de Belleville à Paris. Ils sont nombreux les partenaires à avoir mis la main à la pâte, de la Mairie du 20ème aux associations locales, pour faire exister trois jours de concerts hip-hop, de danse, de théâtre, un repas participatif, une émission de la Radio des Foyers, des ateliers de graff mais aussi de tricot. La cinquième édition du festival explore la rue comme espace d’expression, combinant art, culture et utilité sociale. Comme chaque année, c’est en plein air et c’est gratuit.

Vers 18 heures samedi après-midi, les artistes s’échauffent. Les visiteurs sont installés en plein air au soleil, sur l’herbe et sur les marches. On reconnait les aficionados de hip-hop, les jeunes gens à l’apéro au soleil. Il sont pour la plupart voisins, amis, parents proches, habitants du 20e, représentatifs d’un quartier de Paris qui justement brasse des identités bigarrées, mais pas seulement. Des origines et des pouvoirs d’achat qui diffèrent, et surtout des citoyens qui affirment les signes extérieurs de leur culture comme des parures et non dans la revendication ou l’adversité. Aujourd’hui, ça fait du bien.

Avec Jack Bass, Ryaam et Joe Fellaga, du collectif Keskiya, la musique rap et reggae résonne sur le plateau et dans le jardin de Belleville avec le morceau « dominés dominants, choisis ton camp ». Un drapeau antifasciste est brandi et accroché à la table tandis que les rappeurs scandent le refrain « no passaran ». La chanteuse Ryaam parle de son quotidien « moi je vis ici dans le 20e » et partage volontiers le micro sur les paroles « pour tous ceux qui essaient de passer les frontières ». En les entendant, on se dit qu’une partie de la jeunesse est solidement politisée en France. En deuxième partie, le rappeur palestinien Stormtrap est accompagnée de la djette tunisienne MissyNess. C’est son premier concert en France, il est l’un des représentants de la scène palestienne et parle en introduction de ce qui se passe à Ramallah et des contrôles aux frontières. Ses textes en arabe portés par un flow éloquent s’imposent petit à petit parmi l’assistance, les mélodies et sa voix en harmonie quand il est rejoint par Osloob et des rappeurs français venus du public pour un freestyle final.

Au soir tombant sur le jardin de Belleville, sept jeunes danseuses de la compagnie Paradox-Sal apparaissent sur le plateau, se mouvant avec grâce, de voluptueux déhanchés en breakdance, sur des rythmes house, afro et hip hop. La chorégraphie est signée Ousmane Sy. La soirée se poursuit avec un bal populaire aux rythmes cumbia, balkan beat avec les groupes Mama Cumbia Sound System et Boris Viande. De nombreux partenaires ont participé à la création du festival : les collectifs Curry Vavart, Goute moi ça, Lzkrew, Vergers Urbains, Autremonde, Canal marches, la Radio des foyers. Une belle initiative culturelle et citoyenne.

Festival Irrueption, au parc de Belleville / Belvédère 75020 Paris, du vendredi 13 au dimanche 15 juin.

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Flora Vandenesch

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