Musique
Live report : les Ogres de Barback à l’Olympia

Live report : les Ogres de Barback à l’Olympia

09 décembre 2011 | PAR Magali Chiappone-Lucchesi

Les Ogres de Barback ont offert à leur public parisien 2h30 ( !) de concert, concert aux allures de spectacle total, ravissant les yeux et les oreilles, avec vidéos, danse et cirque en prime… Impressions :

Boulevard des Capucines, Paris, un 6 décembre. Bruine parisienne. Nos sourires en voyant en énormes capitales rouges phosphorescentes « LES OGRES DE BARBACK » sur la façade de l’Olympia. On entre dans ce « temple » de la musique, plutôt émues… Des musiciens nous accueillent au bar, détente et gaieté. La fosse d’orchestre à moitié pleine – il est tôt – le public – de tout âge – attend, sage et curieux, la première partie. C’est Lux Interior, trio grotesque et clownesque, mimant, babillant parole et musique, prétexte pour matière à jouer, à se chamailler, à rêver, chacun voulant imposer son meilleur morceau de musique aux deux autres… « rock’n roll et gentiment déjanté » dixit mon amie, et c’est vrai… esthétique de film muet version années 80… puis, entracte…

La salle est pleine à craquer, l’attente est palpable, les techniciens s’affairent à changer de décor…. Un facteur-échassier distribue le courrier des girafes (ses consœurs) à travers la fosse (aux lions ?)… Et enfin, Les Ogres arrivent, ces rhapsodes modernes au grand cœur vont nous conter comment ils sont devenus voyageurs…
« Il faut que je vous raconte/Cette histoire en forme de conte/ Puisque ma gratte est accordée/Je vais vous la chanter »

Décor singulier et… postal… des oies sauvages suspendues dans les airs, une structure en fer modulable – made in Royal de Luxe – révélant peu à peu ses possibilités (des échelles permettant des estrades en hauteur, deux sortes de petites « cages de scène » en parallèle sur lesquelles on ajoute des paravents pour y projeter des vidéos…). Des sacs de la Poste pendent, un violoncelle, un cor, une guitare survolent la scène, accrochés à la charpente… Cette charpente métallique va se déployer au gré du concert tel une sorte de carrousel où une valse de joutes citoyennes, de rêves de quotidien et de voyage, de libertés plurielles et sensuelles aux accents fraternels et sororaux vont nous faire tournoyer…. L’orchestre de l’Olympia ressemble à la proue d’un bateau, les corps des spectateurs ne deviennent plus qu’un, celui du public, se balançant ça et là « contant vents et marées ».

Les quatre frères et sœurs, postiers-chanteurs, transmettent une énergie incroyable, enchaînant les chansons à un rythme effréné, mêlant anciennes et nouvelles ou remixées parfois au goût des influences du groupe (La Mano Negra, les Béruriers Noirs…)… Cette fabrique à chansons qu’ils nous offrent à entendre est un véritable laboratoire d’expérimentations. Voyageurs justement ceux qui ne s’enlisent pas dans une monotonie ; touche-à-tout, oui, pour mieux trouver leur propre chemin…

Les Ogres jouent d’un nombre incalculable d’instruments – guitare, accordéon, violon, contrebasse, violoncelle, scie musicale… – passant de l’un à l’autre au fil des chansons avec une dextérité surprenante. Fabrique où les invités sont les bienvenus comme souvent : apparition du chanteur des Têtes Raides et Akli D (invité sur le dernier album). Et aussi Les Hurlements d’Léo, leur(s) fidèle(s) compagnon(s) de route (album Un air deux familles) qui apparaissait à travers l’image vidéo, provoquant une étrange chanson très 21ème siècle, où les Ogres en chair répondent aux Hurlements pixelisés…

Et puis, et puis… des ombres chinoises, un circassien papillon voulant redevenir chrysalide, de jeunes danseurs contemporains… ou le rêve de faire correspondre arts et chansons… et puis, surtout ne pas cesser de croire à la force du langage, continuer à être fidèle à soi-même en nous offrant un Salut à toi grandiose et final!

Noir.
Après avoir vu ce concert j’aimerais tant mais je ne sais pas si je pourrais un jour « Aller voir la nuit comment le ciel s’allume/ Et mourir au matin sur le cœur du soleil » (Jean Richepin, Les Oiseaux de Passage).

Le Main Square Festival se paie une nouvelle fois des têtes d’affiche : Pearl Jam, Justice, Metronomy, Florence and The Machine
Alice Lewis et Aliplays sont sur la scène de l’espace B ce soir
Magali Chiappone-Lucchesi

2 thoughts on “Live report : les Ogres de Barback à l’Olympia”

Commentaire(s)

  • Merci pour le petit mot sur la première partie « Lux Interior, clowns not dead ! » c’est tout nous !
    Rock’n roll is alive !!!

    décembre 9, 2011 at 15 h 07 min

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