Musique

Live Report : Les Nuits Secrètes, Jour 1

Live Report : Les Nuits Secrètes, Jour 1

04 août 2012 | PAR Audrey Chaix

Hier soir, vers 18h, a été donné le coup d’envoi de la 11e édition des Nuits Secrètes, festival de musiques actuelles prenant place à Aulnoye-Aymeries, dans le Nord. Avec un point névralgique en plein centre ville, les Nuits Secrètes proposent une programmation agréablement éclectique, de Camille à Orelsan en passant par Baxter Dury, Battles, So Called ou encore Zebda.

L’ambiance du vendredi soir est bon enfant, voire familiale : beaucoup de familles se promènent entre les scènes, avec poussettes et cornets de frites. Des groupes de jeunes déambulent avec leur tente pop up sous un bras et leur sac à dos sous l’autre. A la Maison du Festival, les offres sont nombreuses pour passer un bon week-end, à portée de toutes les envies et de toutes les bourses : la Grande Scène est gratuite, l’entrée au Jardin coûte 12€ tandis que chaque parcours secret est à 6€. Restent la Piscine, une véritable piscine où sont proposés, dans l’après-midi, plusieurs concerts pour les baigneurs, et la Bonaventure, scène électro ouvre après 1h30, et où les festivaliers peuvent finir la soirée pour 10€.

 

Ce qui fait la spécificité des Nuits Secrètes, et qui attire tant de monde, ce sont les Parcours Secrets : sur présentation d’un ticket, vous montez dans un bus qui vous emmène dans un lieu inconnu, pour découvrir un artiste ou un groupe mystère. A la montée dans le bus, on est déjà dans le bain : les vitres sont décorées de dessins poétiques, les néons sont recouverts de stickers noirs où sont percés de petits trous et créent une nuit étoilée, et au milieu du véhicule, un musicien gratte sa guitare pour accueillir les passagers.

 

Après une vingtaine de minutes, le bus nous lâche en pleine campagne : il pleut, les kways et les parapluies sont de mise sous le regard étonné des vaches du pré d’à côté. Cinq cents mètres plus loin, une grange rénovée, chez un particulier. On entre… devant une scène rudimentaire, éclairée par des lampes de grand-mère, des bancs sont alignés sur la paille, une cinquantaine de places… on s’assoit, l’éclairage bleu rend la scène encore plus surréaliste, alors que prennent place derrière les micros un groupe estonien, Ewert And The Two Dragons.

Et c’est parti pour une petite heure de musique, dans l’intimité d’une salle atypique et chaleureuse. Les artistes le disent : jouer dans une grange, c’est une première pour eux.

Ewert And The Two Dragons – Sailor Man

Accents folk et voix pop, ces quatre garçons revisitent la pop avec fraîcheur et candeur, au son du carillon sonné par la voix du groupe, Ewert Sundja. Erki Pärnoja est à la guitare, Kristjan Kallas à la batterie et Ivo Etti à la basse. Ils semblent aussi surpris d’être là que le public, et l’alchimie fonctionne bien entre les murs de brique rouge et les poutres apparentes. Une petite bulle d’enchantement, qui éclate avec poésie quand, juste avant le dernier morceau, Ewert demande à faire ouvrir la porte du fond de la grange, derrière le public, où se dessine le ciel rosé d’un soir d’été.

Après cette parenthèse dans la campagne avesnoise, le bus nous remmène dans le centre d’Aulnoye-Aymeries où, sur la grande scène, Orelsan harangue une foule électrisée. Le contraste est saisissant, et savoureux : alors que sur scène le rappeur affiche la provocation qui a fait son succès suite aux foudres de Ségolène Royal (on se rappelle l’affaire des Francofolies en 2009), les familles entrent et sortent du parking où est installée la scène sans avoir l’air trop perturbées. Orelsan joue avec son public, crée une véritable intéraction entre lui et la salle, alors que la pluie cesse peu à peu de tomber.

Après une pause frites, direction le Jardin, sous les arbres d’une petite place en centre-ville d’Aulnoye-Aymeries. Baxter Dury, une bouteille de Cognac à la main, le micro dans l’autre, il ravit le public avec ses délires vocaux et les titres de l’album qui a fait son succès, Happy Soup.

Baxter Dury, Claire

La soirée se termine là pour nous, mais les Nuits Secrètes continuent samedi et dimanche. A demain !

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

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