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[Live report] Le Rock dans tous ses états : une dernière journée à la programmation flamboyante sous un soleil rutilant

[Live report] Le Rock dans tous ses états : une dernière journée à la programmation flamboyante sous un soleil rutilant

02 juillet 2013 | PAR Camille Hispard

 

 

On l’attendait avec impatience pour sa trentième édition bien méritée : Le Rock dans tous ses états n’a pas failli à sa réputation et nous a servi sur un plateau un panel des artistes électro pop rock les plus en vogue, avec toujours le souci de la découverte et d’une cohérence de programmation qui caractérisent cet excellent festival d’Evreux.

Excités par la fin du set de la pop aérienne et romantique de School is School, on s’embarque sur les flots tortueux des loubards de rockeurs de Poni Hoax. Nicolas Ker lance fiévreusement d’un lyrisme dont il a le secret : « Je te jouis Evreux, tu me fais bander, Salope. » Ca c’est dit ! Le bourrinator à la voix caverneuse envoie sa transe aux lourdes guitares, soutenue par des lignes électro séduisantes. Il déroule A State of War tandis que le soleil nous enivre peu à peu. Coupure du jus au milieu d’une chanson, pas de souci les français continuent en acoustique, transcendés par un public conquis, qui crie de plus belle.

Un truc se prépare de l’autre côté : sur la scène B, Wave Machines se met en place, sagement, attendant que la scène A finisse son tour de chant. Originaires de Liverpool, les quatre acolytes répandent leur Pollen, armés de leurs voix haut perchées aux accents érotiques. Une pop lumineuse nous envahit, embellie par des nappes électroniques sensuelles et entêtantes. L’harmonie des voix de ces machines de rêves est précise et raffinée et laisse un parfum d’une douce après-midi d’été, langoureuse et rafraîchissante. Avec « III Fit », la foule s’électrise doucement mais sûrement. Au premier rang, accoudées aux barrières, une girafe et une banane discutent, tout va bien. Oui cette année, le déguisement est de mise et on a juste le temps de croiser un homme sans visage à la combinaison moulante et multicolore, qu’on fonce voir Aufgang.



Beauté lyrique que de voir sous ce soleil de plomb cette formation mi-classique mi-électronique portée entre autres par le prodige Francesco Tristano. Les chants sauvages des deux pianos à queue s’envolent au lointain, pour une sorte de battle incandescente de touches enflammées, habillée de la percutante batterie d’Aymeric Westrich. Le trio ravageur déglingue les spectateurs, avides d’envolées sonores.

On tourne la tête et on enchaîne avec le très attendu Jill Is Lucky, en véritable tête d’affiche du Rock dans tous ses états. Casquette à l’américaine et barbe de plus de trois bons jours, le niçois embarque totalement les festivaliers de ses ballades enchanteuses et tubesques. Totalement en adéquation avec le temps si clément, sa voix suave aux intentions folks flotte dans les airs avec profondeur. On est entraînés jusqu’à la scène G où se joue la fin du set de Curtis Johnson Band, le genre d’aficionados du rock : des puristes du blues qui touchent et qui ne font pas semblant. Les Blues Brothers réincarnés et qui envoient clairement du lourd, ce qui fait plaisir à tout le monde et à toutes les générations.

En parlant de rockeurs, de vrais, on se transporte sur le gazon direction The Black Angels pour dévorer les guitares saturées des texans aux blousons de cuir. Les basses s’égarent dans le néant de l’herbe grasse de l’hippodrome dévergondé. Une prestation à la hauteur des espérances et aussi psychédélique que leur dernier opus, Indigo Meadow.

Seul le raffut de ceux qui attendent Stupeflip nous sort de notre orgasme rock ’n’ roll. Un kebab sauce samouraï englouti et c’est parti pour le show le plus barré de la soirée avec les fous déjantés du CROU. Sans barrières ni petites cases où les ranger, catcheurs et masques d’horreurs se passent le micro voguant sur tous les styles, avec pour seul but de faire plaisir à la foule et de faire le spectacle. Mission réussie, on en redemande surtout quand on nous prend par les sentiments : « Bande de fils de pute de consommateurs du divertissement ! » D’un souffle et d’un flow Joey Starrien, la brigade des Stup nous explose avec « The Cadillac Theory ». Tout le monde danse sur les poubelles et les bras se lèvent et s’emmêlent dans le crépuscule.

Juste à temps pour voir la découverte de ce festival. On plonge donc dans les turpitudes vagabondes des guitares sombres et vrombissantes de Darko. Son album Blackdoor est sensible et d’une douce nostalgie automnale. Profond et brut, le français nous fait une sacrée impression.

Archive répand son rock désorienté aux synthés affriolants, même si finalement après tout ce beau monde on est un peu déçu de la forme un peu trop conformiste de leur dernier album, With Us Until You‘re Dead.

On finit la soirée à se taper la tête sur Rone et Dirthyphonics, soûlés et enivrés par leurs beats dézingués et leurs puissantes basses.

Le Rock dans tous ses états, cru 2013 a une fois de plus montré qu’il faisait partie des festivals les plus qualitatifs et les plus agréables de l’hexagone. Pas besoin de se marcher les uns sur les autres, et pourtant l’ambiance chaude et survoltée était bien là, ce samedi 29 juin. Une merveilleuse journée !

Visuel (c) : Photos Camille Hispard/affiche le rock dans tous ses états.

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Camille Hispard

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