Pop / Rock

[Live report] Wave Machines et BRNS au Café de la Danse pour le Clap Your Hands Festival

[Live report] Wave Machines et BRNS au Café de la Danse pour le Clap Your Hands Festival

19 avril 2013 | PAR Bastien Stisi

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Trois fois bravo et claquements de mains pour la poursuite de la troisième édition du Clap Your Hands Festival, qui voyait intervenir dans les confortables travées du Café de la Danse la pop angliciste des Wave Machines et le rock complexifié des sautillants BRNS. 

Extinction partielle des feux, et une surprise, déjà : considérant la postérité diamétralement différente des deux groupes, on s’attendait à voir pénétrer en première partie les méconnus BRNS et leur électro rock loufoque, quatuor belge divaguant et ovniesques atterris en fanfare sur la planète indé il y a quelques mois de cela. Déjouant les lois de la logique et de la gravité, ce sont au contraire les très prisés Wave Machines, venus s’écarter un temps des rives de la Mersey pour venir découvrir celles de la Seine, qui se projettent d’abord sur scène afin de présenter au public parisien les contours de leur second album personnel, Pollen, sorti au début de l’année. Porteur d’un premier album guilleret bourré de tubes FM (Wave If You’re Really There), le quatuor de Liverpool avait pris le contre-pied de tous les pronostics   avec un nouvel opus plus sombre, plus pensé, moins accessible. En studio, le virage est diablement convaincant, et conforte le statut premium d’un groupe dont l’audience paraît devoir enfin dépasser les cadres restrictifs des ondes britanniques et des pages des magazines de musique branchouilles franciliens.

En live, il faut bien le dire, ce sont toutefois encore les tubes du premier album qui accrochent le plus les esprits et qui font se mouvoir des corps d’un public demeuré cependant bien sage pendant la plus grande partie du concert. Si la mayonnaise prend définitivement sur le phénoménal single groovy « Keep the Lights On », sur le performant « The Greatest Escape We Ever Made » ou sur le politique « Pollen », la pop synthétique, atmosphèrique et érudite des quatre garçons peine à s’élancer durablement, malgré quelques élans rock d’une qualité incontestable. Les ventilateurs du Café de la Danse ont beau tourner à plein régime au-dessus des têtes d’un public nombreux, les Wave Machines paraissent bien timorés et pleins d’une sagesse inhabituelle, et il faudra attendre l’arrivée des magistraux BRNS pour ressentir l’effet salvateur de l’air factice et contaminant des hélices tournoyantes. La température ambiante, alors, va considérablement s’intensifier.

Plutôt que « BRNS », prononcez « Brains », et ouvrez bien grand le cerveau : le rock tribal de ces représentants du plat pays n’est en aucun cas trivial, et malgré ses apparats ensoleillés, n’a aucunement l’intention de brûler l’esprit de ses auditeurs avec un conformisme modé et attendu. Sans tomber dans l’ésotérisme inaudible, l’univers rock et pop des BRNS penche vers l’expertise scientifique, vers la recherche toujours plus élaborée de sonorités annexes, tout en gardant en tête la nécessité des cadences mélodiques, parfois sombres et tendues (« Here Dead He Lies »), parfois aériennes et psychédéliques (« Clairvoyant »), toujours magistrales.

Cousins germains des Django Django, frangins de sang et d’âme des Animal Collective, frères de style des Wu Lyf, le quatuor belge multiplie les points de convergences qualitatifs autant que les morceaux d’une singularité et d’une énergie stupéfiantes, pop plurielle et luxuriante dont on découvrira dans les jours à venir le premier album complet.

Le public ne se contente plus de frapper dans ses mains en l’honneur de la dénomination du festival, et s’élance dans une danse dévergondée et volontaire, poussé dans son élan délicieux par l’énergie communicative de l’époustouflant quatuor, par le souffle téméraire de son chanteur, par les mouvances épidermiques de son batteur dont la folie gestuelle rappelle à l’esprit les élucubrations les plus marquées de Keith Moon, l’ancien batteur historique des Who.

Sur la batterie introductive et les percussions indigènes du tube « Mexico », le Café de la Danse paraît alors sur le point de passer la frontière avec le groupe, ivre et comblé par une communion idéale et complète entre les BRNS et leur (nouveau) public. Il ne le fera pas, trop craintif de louper une miette d’une performance poursuivie encore après un bruyant rappel.

Définitivement calibrés pour le live, le public parisien pourra retrouver la folie des BRNS dans les semaines à venir, eux qui produiront notamment au Solidays et au Printemps de Bourges. Le Clap Your Hands, lui, terminera sa semaine par la prestation de Daughter ce vendredi soir. Avec, on s’en doute, le sentiment du devoir pleinement accompli.

Visuel © : affiche du Clap Your Hands Festival

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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