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Live-Report : Josh T. Pearson envoûte le Café de la Danse

Live-Report : Josh T. Pearson envoûte le Café de la Danse

17 avril 2011 | PAR Yaël Hirsch

En tournée avec sa guitare pour jouer les titres de son album solo « Last of Country Gentlemen » (Mute/Naïve), Josh Pearson a joué hier soir sur la scène du Café de la Danse bondé, où public international offrait au texan une attention quasi-religieuse. Un moment fort d’émotion viscérale.

C’est dans le cadre du festival « Clap your hands »(#2) que Josh Pearson s’est produit vendredi 15 avril au Café de la Danse. Son solo voix-guitare était précédé d’un autre solo, piano-voix, de la folkeuse et songwriteuse américaine Lisa Germano. Ayant collaboré avec David Bowie, Sheryl Crow, Iggy Pop, ou Eels, et dotée d’une voix grave et attachante, Lisa Germano a livré des textes très personnels, qu’elle a entrecoupé de commentaires engagés. Elle a laissé le public en état d’apesanteur pour l’entrée du « Last of Country Gentleman ».

Barbe christique, cheveux longs et blonds comme un rédempteur de Dürer, mais néanmoins bottes texanes aux pieds, l’ancien du groupe mystique et mythique « Lift to experience » a commencé son concert par une reprise planante de « Rivers of Babylon » de Boney M. Dans cette version mélancolique, la chanson a repris tout son sens biblique, malgré les rires du public enchanté, qui ont entraîné le chanteur à recommencer les premiers accords de sa reprise plusieurs fois. Puis il a livré les perles de son dernier album, à commencer par « Sweetheart I ain’t your Christ » et « Women when I have raised Hell ». La salle était pour un bon tiers peuplée d’anglo-saxons, et volontiers des « vrais » hipsters venus en direct de Williamsburg. Quasiment immobile, le corps comme paralysé par la gravité de sa musique, Josh Pearson exerce son aura spirituelle par les yeux, grands ouverts et fixés vers son public.

Entre les titres, et même parfois au milieu, Josh Pearson a tenté de blaguer, comme dans un bon bar d’Austin, mais assise sagement et complétement hypnotisée, l’assemblée semblait incapable de réagir à autre chose que la profondeur et la douleur de la musique. Peut-être était-ce également dû à l’accent texan de l’artiste et à sa manière d’à peine ouvrir la bouche pour parler dans sa longue et belle barbe …

Du côté de l’artiste, on a donc senti une certaine frustration et il a bien souligné le caractère trop placide du public français. En revanche, du côté du public, ceux qui venaient ou revenaient entendre Josh T. Pearson ont été émus, envoûtés et emportés par ses riffs de maestro et sa voix habitée, que le chanteur savait éloigner du micro par instants, forçant l’attention de l’audience à grandir et à se concentrer, chanson après chanson.

Le généreux Josh Pearson a donné deux bis, qu’il a prolongés au maximum pour faire durer l’atmosphère sacrée de ce concert. Un concert de Josh Pearson est une expérience qui soulève, et qui porte loin dans les tripes de la country.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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