Musique
Live Report: Francofolies de la Rochelle – Dernier Jour !

Live Report: Francofolies de la Rochelle – Dernier Jour !

17 juillet 2011 | PAR Moriane Morellec

Toute bonne chose a une fin. C’est aussi le cas pour cette belle 27ème édition des Francofolies de la Rochelle, qui s’est terminée en beauté avec le très attendu David Guetta, malgré une pluie plus que tenace. Entre talents émergents, découvertes et pointures, le Festival des Francofolies de la Rochelle a su démontrer une nouvelle fois la place essentielle qu’il tient au sein de la scène musicale française et francophone.

Ultime détour à la Scène Horloge Rouge pour assister à La Fête de Fin de Chantier, où les jeunes artistes ayant travaillé au sein des Chantiers des Francos (espace où ils peuvent créer leurs spectacles) se produisent une dernière fois. Lisa Portelli enfile sa guitare et interprète deux morceaux dont le très entraînant « Animal K ». Les chansons à l’humour toujours plus noir de Giédré amusent l’audience qui rit de bon train à « Ode à la Contraception ». Rover, malgré une petite mine en ce samedi midi interprète habilement ses titres teintés de mélancolie et de guitares saturées. La nuit devait également être courte pour François and the Atlas Mountains – qui souhaite un bon dimanche à tous (!) – et Mesparrow. Ils interprètent ensemble, chacun dans son univers, quatre titres dont celui de François and the Atlas Mountains, « Je Suis de l’Eau », et une reprise de Elli Medeiros, « Toi mon Toit ». Janski Beeeats termine la Fête du Chantier, sous son masque en caoutchouc aux dents blanches pointues immédiatement reconnaissables. Guitares, synthés, vocodeur et sons de jeux vidéos participent à la création de l’univers de bande-dessinées de Janski Beeeats, qui motive les foules et fait dandiner les plus réfractaires. Vite rejoint par les autres artistes du Chantier, le petit concert se termine en véritable fête, où chaque artiste relâche visiblement les pressions de la semaine.

Le prochain rendez-vous est pris au Théâtre Verdière avec le groupe coloré Gingkoa. Vêtue d’une robe turquoise aux motifs jaunes et oranges, la chanteuse Nicole Rochelle, d’origine américaine, exprime son amour pour la France dans des titres tels que « De New York à Paris ». Ses formations de danseuse de claquettes et de chanteuse de music-hall contrastent gaiement avec des textes écrits et composés en français. De bossa-nova à chanson française, de salsa à pop acidulée, les musiciens naviguent entre les rythmes, les tendances et la chanteuse agit comme un chef d’orchestre interactif entre la clarinette, le violoncelle, la batterie et la guitare. De plus, elle maîtrise à perfection sa voix, instrument qu’elle balade avec une facilité surprenante dans les graves et les aigus. Ensoleillement garanti en ce début d’après-midi grisonnant !

Le timbre chaud de l’artiste Irma amène une ambiance feutrée au sein du théâtre Verdière. Elle attrape sa guitare acoustique et interprète  avec coeur et délicatesse les titres de son nouvel album Letter to The Lord. « I Know », « Letter to the Lord », « Everybody », « Watching Crap on TV » ou « Your Guide », l’artiste découverte sur MyMajorCompany enchaîne ses jolis morceaux joués à la guitare acoustique. « Celle-ci vous devez la connaître » annonce Irma avant de jouer « I Want You Back » et « ABC ». Accompagnée de son sampler, elle beatbox et crée des rythmes pour accompagner sa voix. Enchanté par la prestation, le public réserve un standing ovation à Irma.

Changement d’ambiance avec Lise, où le centre de la scène est cette fois un magnifique piano à queue, décoré de branches de cerisiers éclairées. De ses doigts de fée, elle parcourt les touches de son instrument, créant des envolées musicales où la formation classique de la chanteuse se combine avec la volonté d’explorer une pop mélancolique. Ses titres composés en français sont des petites tranches de vie urbaines, où des personnages comme la « Ice Lady » évoluent au sein de « Paris », au son du « Bal des Autos ». Une timidité apparente mais un trac maîtrisé, Lise livre une jolie performance tout en romantisme, où les éclairages tamisés complètent un set tout en douceur.

Le dernier à fouler les planches du Théâtre Verdière est Alex Beaupain, auteur-compositeur-interprète d’une chanson mêlant littérature, pop et textes autobiographiques. Entre chaque morceau, il s’essaie à des commentaires politiques, qui ne trouvent pas forcément un bon public; l’un de ses titres s’intitule d’ailleurs « Pull Marine », titre écrit à l’origine par Serge Gainsbourg, qu’Alex Beaupain a détourné suite au 21 avril 2002. Des textes traitant d’amour, de sexe et de vécu personnel, des mélodies aux frontières du rêve, de la pop et de la chanson française, Alex Beaupain  et son groupe – avec une note particulière à sa violoncelliste – restent dans la retenue.

Passage final à la Grande Scène St Jean d’Acre, où les fans invétérés de Martin Solveig, Katerine, Stromae et surtout du très attendu David Guetta font le pied de grue devant les barrières de la Grande Scène depuis 8h du matin. Yelle, vêtue d’une combinaison imprimée léopard rouge revisite ses titres electro-pop à succès tels que « Je Veux Te Voir » et « A Cause Des Garçons ». Un filet de tennis et une chaise d’arbitre sont installés sur la scène et annoncent la venue du DJ français Martin Solveig. Après l’échauffement de Yelle, Martin Solveig a la foule pendue à ses platines, et livre un set varié, alternant titres mixés, comme « Take me out » de Franz Ferdinand, « Paper Planes » de M.I.A ou « Barbara Streisand » de Ducksauce ou s’essayant même à quelques rythmes de dubstep. Le déjanté Katerine prend la suite de Martin Solveig mais le temps grisonnant finit par céder à la pluie et les premières gouttes se font ressentir, sans s’arrêter pendant près de deux heures. Philippe Katerine, vêtu d’une belle robe médiévale et entouré de quatre jolies danseuses aux tenues colorées, tente de réchauffer les foules avec ses titres « Bla Bla Bla », « Louxor J’adore » ou encore « La Banane ». L’eau ruisselle le long des visages, les parapluies parsèment la foule et chacun tente de trouver un semblant d’abri pour éviter d’être trempé. Frigorifiés, certains ne tiennent pas le choc et décident de partir, mais les plus endurcis surmontent les intempéries pour accueillir le tant attendu dernier DJ. Le prochain à affronter le temps capricieux de La Rochelle est Stromae. « Te Quiero », « Peace or Violence » et le titre qui l’a fait connaître « Alors on Danse » réchauffe doucement le public. Stromae annonce qu’il va inventer une nouvelle religion, ou tous les adeptes sont des drogués de musique. La foule en délire entame à ses ordres des « Housellujah » avant de se déchaîner de nouveau sous l’électro-poétique de Stromae, toujours sous une pluie torrentielle.

Enfin, le tant attendu David Guetta se place derrière ses platines surélevées, vêtu de son emblématique t-shirt « F*** Me I’m Famous ». Même les cieux sont avec lui, puisque la pluie s’arrête dès son entrée en scène. Il hypnotise chacun au son de ses nombreux succès tels que « Tonight’s Gonna Be a Good Night », « Memories » ou encore « Who’s That Chick » et la Grande Scène St Jean D’Acre se transforme rapidement en boîte de nuit géante à ciel ouvert où les quelques 10 000 personnes se déhanchent sur le son du DJ internationalement reconnu. « Ce soir, je vais vous jouer des titres de mon nouvel album, où je renoue avec mes origines purement electro » avant de mixer ses nouveaux titres et de les balancer dans les gigantesques enceintes.

Une dernière soirée digne des plus grands festivals, cette 27ème édition du Festival des Francofolies de la Rochelle aura montré la capacité des programmateurs et organisateurs à s’ouvrir tout d’abord à la langue anglaise, mais aussi à des artistes aux horizons bien divers. Chiffre porte-malheur pour Janis Joplin, Kurt Cobain ou encore Jim Morrison, cette 27ème édition aura été d’une qualité extraordinaire et d’une ambiance non-égalée. Vivement l’année prochaine !

Visuels: (c) Moriane Morellec

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Moriane Morellec

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