Musique
Live Report: deux duos déjantés au Festival Rhizomes le 30/06/2011

Live Report: deux duos déjantés au Festival Rhizomes le 30/06/2011

01 juillet 2011 | PAR Moriane Morellec

En cette dixième édition, le festival Musiques et Jardins au cœur du 18ème subit un lifting et change de nom: désormais intitulé Rhizomes, il propose une programmation éclectique, poétique, musicale et onirique. Les duos Arnaud Samuel et Thierry Villeneuve, suivis de Xavier Machault et Roberto Negro ont donné deux performances de qualité, aux styles opposés, prenant la scène des Trois Baudets le temps d’une soirée.

Un concert performance ouvre la soirée des Trois Baudets. Le duo Arnaud Samuel (au violon) et Thierry Villeneuve (multimédia) prend la scène pour présenter le spectacle « La Traversée de l’Atlantique ». Un voile blanc légèrement transparent est tendu sur le devant de la scène. Une photographie représentant des branches d’arbres est projeté sur le voile servant d’écran géant. Au moment où les premières notes d’un violon résonnent, l’image s’anime. En premier lieu, ce sont quelques minutes de fond sonore naturel – oiseaux, eau ruisselante – pendant que la focale change, passant d’un courant d’eau en arrière plan à des branches en tout premier plan. Le violon d’Arnaud Samuel prend la relève variant les mélodies tantôt à tendance celtique, tantôt classique, tantôt orientale. Les interludes musicaux sont entrecoupées de poèmes et de textes chantés et écrits par Arnaud Samuel, ainsi que des extraits du Sur la Route de Jack Kerouac. L’artiste sur scène est entraperçu selon la quantité de lumière et les vidéos projetées accompagnant les textes récités et les mélodies.Les vidéos sont techniquement complexes (beaucoup de fondus, de jeux sur les couleurs, de formes, de filtres…) et créent une ambiance irréelle, presque fantastique. En voyageant à travers les États-Unis, l’auteur découvre des populations et des lieux qu’il n’avait jamais croisés auparavant. Il se met en scène dans ses films, se peint la figure pendant que la version physique sur scène énumère les différentes populations indiennes d’Amérique – « chimakuan, sioux-catawba, iroquoises… ». Les jeux visuels passent souvent par des images découpées en carrés, dans un processus de répétition et de circularité au niveau des vidéos et des sons. Le spectacle, au début difficile d’approche et où la concentration se perd (de nombreux membres du public se sont levés et ont quitté la performance) prend son sens une fois les lumières rallumées et la performance terminée. Étrange sensation que de ne comprendre un projet qu’à la fin de celui-ci. Néanmoins, le résultat est propre, original et carré.

Une pause s’impose entre les deux performances; intellectuellement pour les spectateurs et logistiquement pour la salle qui accueille le prochain duo Xavier Machault et Roberto Negro. Le voile blanc a disparu laissant voir des claviers, deux micros et une guitare. L’audience est prête, quelques amis des artistes au premier rang les encouragent chaleureusement. Xavier Machault et Roberto Negro prennent la scène tout en second degré et bonne humeur – l’un avec une chemise rose à motifs violets, l’autre en t-shirt blanc imprimé d’une chaise. Les chansons et textes récités se succèdent et la qualité de la plume est déconcertante. Les trois interludes spécial « Love » sont introduits en « english » (accent frenchy à la clé), et Xavier Machault demande l’aide de l’heureux David, membre du public choisi au hasard pour « put some pink on » – une lumière qui éclaire la scène en rose, ambiance love oblige. Chaque thème est différent – perdre pied dans une flaque, être nu dans une rivière, une fille qui s’effile – la cohérence entre les textes n’existe pas si ce n’est l’utilisation parfaite et inventive de la langue française. L’aide du public est sollicité une fois de plus quand le chanteur demande au public une brosse à dents (!) non pas pour raison d’hygiène buccale mais pour gratter sa jolie Fender le temps d’une chanson. Deux reprises méconnaissables parsèment le spectacle – l’une de Serge Gainsbourg, l’autre de Nirvana. Le pianiste Roberto Negro arbore en permanence un sourire plutôt niais (voire « chou » d’après les commentaires dans la salle) mais ses doigts experts produisent des mélodies enchanteresses. L’étendue du talent du duo plus qu’original est palpable, et l’ovation à la fin du concert les rappelle pour deux derniers titres.

Deux très bonnes surprises en ce début de festival Rhizomes.

Visuels: (c) Moriane Morellec

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Moriane Morellec

3 thoughts on “Live Report: deux duos déjantés au Festival Rhizomes le 30/06/2011”

Commentaire(s)

  • dit :D’abord, merci pour ce commentaire trivaalle9 et structure9. Tu m’excuseras pour le de9lai de re9ponse. Allons-y morceaux par morceaux, question que je n’oublie rien. Par contre, je crois qu’il n’est pas juste de conside9rer que la hausse n’aurait pas de conse9quences sur la fre9quentation et l’accessibilite9. La hausse est subite, et il est e0 pre9voir que bien des portefeuilles s’adapteront difficilement e0 une augmentation si substantielle. Note bien que cet article date de la mi-novembre. Depuis, j’ai chemine9 dans ma position. Je suis bien loin de renier mon article, mais j’aimerais y rajouter cette critique de la hausse: elle est bien trop drastique. Doubler ou presque les frais en seulement cinq ans est assez ridicule. Quand il est question de se9curite9 sociale, on change l’e2ge de la retraite sur 20-30 ans. Cinq ans, c’est une farce, c’est rire des e9tudiants, et le0 encore, je trouve que les mouvements e9tudiants auraient gagne9 en le9gitimite9 si ils avaient tente9 de ne9gocier cette hausse sur 10-15 ans, car aujourd’hui ils risquent fortement de ne rien gagner. Plus encore, la hausse est-elle une ne9cessite9 e9conomique qui tend e0 palier des de9ficits qui avantageraient les e9tudiants par une meilleure qualite9 d’e9ducation? Elle tend d’abord et avant tout e0 palier l’effet de l’inflation sur le cofbt re9el de l’e9ducation. La diffe9rence, substantielle je te l’accorde, devrait selon le gouvernement servir e0 ame9liorer le syste8me d’e9ducation. Je suis perplexe, mais reste nos universite9s font pe2le figure mondialement. Seule McGill, la moins que9be9coise du lot (dans son mode8le structurel et son financement), se classe dans le top 30. L’UdeM passe dans le top 100 de peine et de mise8re. Quant aux autres N’en parlons meame pas. La gratuite9 scolaire verrait des abus? Comme tu le dis, l’universite9 n’est pas pour tout le monde. Ainsi j’ai peine e0 croire qu’on mettrait les efforts que repre9sentent une e9ducation supe9rieure quand on ne s’y sent pas e0 sa place. Le tri, je crois, se ferait naturellement, et une ve9ritable me9ritocratie naitrait. Justement, les gens qui ne s’y sentent pas e0 leur place ne mettraient pas les efforts, mais tre8s certainement essaieraient, une session ou deux, en e9tant pas trop certain, parce que, anyways, ils paient pas. La France est un bon exemple des effets pervers de la gratuite9. Le syste8me est e0 deux vitesses: des universite9s pour les bons (les Grandes c9coles) et des universite9s sans valeurs pour les autres, parce que la de9mocratisation de l’universite9 a tranquillement abaisse9 les standards. Le Bac, c’est le nouveau diplf4me d’e9tude secondaire parce que c’est maintenant la norme pour avoir une job moyennement technique. On ne niaise pas avec la sante9, comme tu dis. Mais on se permettrait de niaiser avec l’e9ducation? Une socie9te9 plus en sante9 n’a pas de prix. Paralle8lement, une socie9te9 plus e9duque9e n’en a plus. Investir sur le capital humain: la seule matie8re renouvelable. Deux cas bien diffe9rents. Le syste8me de sante9 n’a pas de valeur positive pour le citoyen, c’est-e0-dire qu’il permet seulement de retourner e0 son e9tat original de personne en sante9. On ne devient pas meilleur (faute d’un mot plus juste) en sortant de l’hf4pital. L’e9ducation est toute autre; c’est un plus value sur sa propre personne, comme un moteur booste9 dans une civic de gars de Laval.Une socie9te9 e9duque9e n’a pas de prix, je te l’accorde, mais a-t-on besoin d’une socie9te9 e9duque9 de niveau universitaire? Non. Il est essentiel que le taux de diplf4mation au secondaire frf4le les 100%, mais il serait terriblement malsain que tous aient un Bac. Comme on dit, c’est pas parce qu’on marche sur le pied qu’il est moins important; sans lui on ne pourrait avancer. De la meame manie8re, chaque individu doit pouvoir se de9velopper au mieux de ses capacite9s et en ce sens la hausse des frais ne l’empeache pas. Certes, elle rajoute du de9fi e0 la chose et tre8s probablement qu’elle forcera des gens e0 s’endetter, mais c’est normal, c’est un investissement sain. L’e9ducation n’a pas de prix mais il semble que les gens ne soient pas preats e0 l’assumer eux-meames. Ils peuvent facilement emprunter et de9penser 20 000$ pour une voiture neuve qui sera de9sue8te dans 5 ans, mais ne sont pas preats e0 faire autant pour leur e9ducation? C’est pathe9tique. Et le0 je rejoins ton dernier point que je trouve plus qu’inte9ressant et auquel je n’avais pas pense9. Ce n’est toujours pas dans les moeurs sociales au Que9bec de valoriser l’e9ducation. Peu de gens mettent de l’argent de cf4te9 encore aujourd’hui pour des e9tudes post-secondaires alors que nos amis anglos le font depuis bien longtemps. C’est un moule e0 briser. Or, je ne crois pas que la pense9e magique du gouvernement qui paie tout soit bien meilleure. Se laisser vivre aux crochets de l’e9tat est pitoyable; reaver d’une job steady de fonctionnaire en attendant sa retraite est pitoyable. c7a rend la socie9te9 amorphe et ne stimule pas l’innovation. Tristement, il semble que seul l’argent le fasse. Je m’e9gare un brin, mais pas tant. De la meame manie8re que ceux qui ne paient pas leur e9ducation auront tendance e0 la prendre moins au se9rieux, seul le de9sir e9conomique sait faire lever les gens de leur fauteuil.

    décembre 15, 2012 at 8 h 24 min

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