Musique
Lisa Portelli, le blues au féminin

Lisa Portelli, le blues au féminin

16 mai 2011 | PAR Moriane Morellec

Délice pour les oreilles, véritable voyage des sens, tour d’horizon des quatre éléments, le nouvel album de Lisa Portelli Le Régal, nourrit autant les émotions que l’esprit.

La terre est le point de départ de ce joli voyage. Les premières notes de blues de la Fender Telecaster de Lisa Portelli dans ‘Derrière Le Mur’ annoncent la qualité des douze chansons à venir. La progression dans son univers teinté de mystère se fait subtilement au fil des compositions. C’est une fois arrivé en bout de course qu’il est possible de se retourner pour voir tout le chemin parcouru.

Une fille qui casse les conventions

La voix douce aux premiers abords de Lisa Portelli rappelle une certaine Vanessa Paradis. Cependant la chanteuse casse rapidement les conventions. Elle explore les possibilités offertes par un langage difficile à musicaliser et considère sa voix comme un instrument à part entière, crissant, chuchotant, criant, sifflant, parlant, chantant. Le mélange de fausse naïveté et vrai rock and roll crée un mystère permanent autour des textes et des mélodies, et happe sans concessions.

Une musique intellectualisée

Entre impressions vaporeuses, mélodies imag(in)ées et textes aiguisés, chaque chanson devient un tableau, des entités qui se visualisent automatiquement tellement elles sont évidentes. Le Régal transporte, tout simplement.

 

Trois questions à Lisa Portelli

Formée au conservatoire de Reims, c’est finalement sur la guitare électrique qu’elle a trouvé son son. Rencontre avec Lisa Portelli, entre mystère, musique et malice.

Présentez-moi Le Régal ?

C’est un album avec beaucoup de contrastes mais avec des lignes directrices, comme le blues, qui tracent une route. En écoutant la version finie, je me suis rendue compte qu’il y avait une évolution: cela partait de sons assez terriens au début pour finir dans des sons vaporeux, nébuleux dans les dernières chansons. Je voulais retrouver un mouvement, une histoire dans mon album

Comment définir votre style musical ?

C’est du blues –des morceaux assez rentre dedans, mais j’ai aussi un aspect naïf. La formation classique que j’ai reçue au conservatoire m’apporte dans la composition. J’aime casser cette image lisse en explorant des harmonies assez jolies sur une guitare électrique. Cette combinaison rend mon jeu intéressant. J’aime le côté brut de la musique, emmener les gens dans une ambiance pour finalement les déstabiliser complètement. Ça ne me fait pas peur de faire du moche! Artistiquement c’est intéressant de ne pas se complaire dans la facilité.

Comment s’organise votre processus de composition ?

Je fais un vrai tri dans ma tête. Je commence par la musique qui donne une idée de l’ambiance que je veux, comme sur L’Horizon par exemple. C’est la musique qui donne le sens du texte, je veux faire apparaître des images, chercher une histoire. Mes textes sont toujours ouverts, ce ne sont pas des pages figées. J’aborde des sujets existentiels comme l’enfance, mais pas seulement, des sujets aussi beaucoup plus crus comme le sexe, la drogue mais toujours avec ce besoin de créer des images. J’essaie de travailler autant le sens émotionnel que le sens intellectuel.

 

Visuels: (c) Wagram

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