Musique

Kamasi Washington, le zen dans l’art chevaleresque du jazz

Kamasi Washington, le zen dans l’art chevaleresque du jazz

09 mars 2019 | PAR Clara Bismuth

Hier soir le public de la Cigale a pu jouir d’un set mythique mené par le captivant saxophoniste de la jazzosphère contemporaine.

Kamasi, le prodige venu tout droit de la ville des anges, prouve une fois de plus qu’il existe un avenir vertueux pour un jazz qui soit plus que tièdement « jazzy ».

Un registre éclectique qui puise aussi bien ses influences dans la soul, le funk, le rock, le rap ou encore la culture geek. Une matière abondante que le saxophoniste pétrie, malaxe et façonne depuis ses plus jeunes années, en se réinventant toujours et en ne manquant surtout pas de captiver les sens. 

Avec Heaven and Earth, son second album, il met en communication deux mondes, reliés par une multitude de chemins sonores. Chaque note à son importance, sa couleur, rien ne tombe dans une soupe fade que l’on sale pour tenter de lui donner un goût approximatif. Non Kamasi est un guerrier mystique et mystérieux de la musique, qui se bat et communique par le souffle. Avec lui même d’abord, mais aussi avec les membres de son gang, tous plus surprenants les uns que les autres.

Sur scène, ce gourou mystique met tout le monde d’accord, car l’autre talent de Kamasi Washington est cette aisance qu’il a à toucher toutes les générations. Enfin un artiste jazz que l’on n’associe pas à un public de cinquantenaires élitistes ! L’homme apporte une véritable « coolitude », sans snobisme ou aspect bobo. On retrouve un génie de l’improvisation qui oscille dans des mouvements de va-et-vient entre la transe et le jazz fusion. Une performance d’équilibriste d’autant plus émouvante quand il l’effectue avec son père, Rickey Washington à la flûte soprano. Une conversation entre un père et un fils, une histoire commune et une passation de flambeau poignante qui souligne l’harmonie de la différence.

Et comme si le charme n’opérait déjà pas suffisamment, les ondulations sublimes de la chanteuse Patrice Quinn en deviendraient presque une écoute profane. Mais attention, tout ici est parfaitement planifié, car lorsque que vous quittez trop terre, une battle entre batteurs revigore l’ensemble de vos membres. Et c’est reparti ! Solo de contre-basse et clavier déchainé, on comprend mieux les 8 nominations aux Grammy pour ce saxophoniste américain du futur !

 

visuel : cb

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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