Jazz
Pianomania : Gonzalo Rubalcaba et Alfredo Rodriguez, à Pleyel

Pianomania : Gonzalo Rubalcaba et Alfredo Rodriguez, à Pleyel

24 novembre 2022 | PAR Geraldine Elbaz

Le 19 novembre 2022, dans le cadre de la deuxième édition du festival Pianomania, la Salle Pleyel mettait à l’honneur Cuba avec deux pianistes virtuoses à la technique redoutable et aux improvisations majestueuses : Gonzalo Rubalcaba et Alfredo Rodriguez. En solo et en trio, les artistes ont fait le show !

Gonzalo Rubalcaba, en piano solo 

En première partie, c’est donc le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba qui investit la scène. Avec des sonorités très recherchées, il embarque le public dans un voyage à la fois méditatif et tumultueux, ponctué de dissonances et d’incursions rythmiques déstabilisantes. Son univers est riche et complexe.

Rubalcaba arbore un style à la fois léger, bucolique, primesautier et en même temps particulièrement lourd et sombre. Il réussit à convoquer dans le même morceau espièglerie, lyrisme et fougue. En un clignement de cils, le pianiste passe du fortissimo au pianissimo, bifurque sans prévenir, étonne et éblouit. Son jeu aux mille nuances est absolument remarquable. Parfois les notes sont à peine chuchotées, à d’autres moments, on entend le clavier vrombir, comme un orage qui se prépare. Le climat devient hostile, tout s’assombrit, les graves retentissent de plus belle, annonciatrices du pire. Le clavier est exploré dans sa totalité. Les accords résonnent, bourdonnent, mugissent. Et puis d’un coup, c’est l’éclaircie. La lumière jaillit et avec elle une mélodie mutine, malicieuse. Tout devient plus léger et joyeux. Sa performance est étourdissante. 

Alfredo Rodriguez, Richard Bona et Michael Olivera : un trio explosif !

En deuxième partie, c’est Alfredo Rodriguez, accompagné de Richard Bona à la basse et au chant et de Michael Olivera à la batterie, qui nous offriront un show particulièrement festif. Le trio, dont l’énergie semble inépuisable, nous embarque avec lui à Cuba.

Les musiciens sont en tournée depuis mai, ils sont allés partout de Londres à Kuala Lumpur en passant par San Francisco et Singapour. Cette tournée, ils ont décidé de l’appeler The Never Ending Tour. Et les voilà maintenant à Paris, leur ville préférée. Le public jubile, applaudit. « C’est ce qu’on dit partout, même quand on joue dans un trou » plaisante Richard Bona avant de nous présenter les membres du groupe. Entre deux morceaux, le bassiste ne rate pas une occasion de faire rire l’auditoire.

Ils sont en grande forme et nous communiquent leur bonheur d’être sur scène devant nous. Les rythmes sont entrainants, la salle frétille. Nous ressentons une irrépressible envie de danser. Parfois la musique se fait plus calme et contemplative, alors nous nous laissons absorber par les sonorités apaisantes. Nous sommes littéralement subjugués par le jeu des musiciens, qui nous propulsent dans une bulle de bien-être. 

Le piano est tour à tour joyeux, virtuose, étincelant mais aussi doux, délicat et réconfortant. La batterie insuffle une dynamique enthousiasmante. La voix de Richard Bona est un enchantement et lorsqu’il nous fait une démonstration avec son looper, sa French Black Voodoo Machine, le résultat est épatant.

À la fin du concert, la salle est debout, dans une euphorie totale et en redemande. Un trio au top !

Festival Pianomania – 2e édition

Gonzalo Rubalcaba & Alfredo Rodriguez Trio

Salle Pleyel

19 novembre 2022

Anteprima Productions

Visuel : © affiche

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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