Jazz
Fiona Monbet, sensible et éclectique, embrase son public à La Cigale !

Fiona Monbet, sensible et éclectique, embrase son public à La Cigale !

31 octobre 2019 | PAR Geraldine Elbaz
A l’occasion de la sortie de sa nouvelle création, l’artiste virtuose franco-irlandaise, accompagnée d’un orchestre de chambre et d’un quintet de jazz extraordinaires, nous embarque dans son univers emprunt de jazz, de classique et de folk irlandais.
La Cigale, salle de concert mythique ayant accueilli entre autres Michel Petrucciani, Claude Nougaro, Norah Jones et Eric Clapton, présen
tait hier soir Fiona Monbet. Son nouvel album n’est pas encore sorti, ses titres ne sont pas vraiment annoncés et c’est en avant-première devant un public très réceptif que la prodigieuse violoniste a choisi de présenter ses nouvelles compositions.

Début du spectacle : son orchestre s’installe sur scène, puis elle apparaît, une baguette à la main, sur le devant de la scène, habillée d’une ample chemise blanche et d’un pantalon noir.

Elle est dos au public car elle dirige avant tout ses musiciens. Regards complices, sourires bienveillants, elle donne le la. Les lumières se tamisent, créant une ambiance cosy et chaleureuse. La musique démarre et on est absorbé par son talent sans frontières.

Diplômée du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, à seulement 30 ans, Fiona Monbet, n’est pas une artiste comme les autres et revendique un parcours atypique : à la fois violoniste, compositrice et chef d’orchestre, elle touche à tout avec un brio sans égal! 

Fille spirituelle de Didier Lockwood, qui l’a propulsée sur les plus grandes scènes, l’immense musicienne a beaucoup à nous faire partager.

Elle débute le violon à 8 ans, découvre le jazz à 10 ans lors d’un concert de Didier Lockwood, fonde son propre Quartet à 18 ans et remporte de nombreux prix, dont le 1er Prix des Trophées du Sunside, créé en 2001 par Stéphane Portet, l’un des concours les plus importants pour les nouveaux musiciens de la scène jazz. Elle collabore notamment avec Dee Dee Bridgewater, Philip Catherine ou encore Christian Escoudé. 

Après deux albums remarqués O’ceol en 2012 et Contrebande en 2018, elle nous fait découvrir ici avec un quartet de jazz, un guitariste folk irlandais et une vingtaine de musiciens talentueux, des morceaux particulièrement riches et inspirés des cultures musicales variées qu’elle affectionne.

Pendant près d’une heure trente, Fiona Monbet dirige d’une main de maître son orchestre, joue du violon avec passion et maestria et entraîne son public qui en redemande.

Entre écriture et improvisation magistrales, elle mêle tous les styles, en passant avec une dextérité hallucinante du jazz au classique, sans oublier ses racines irlandaises. On ne voit pas le temps passer, on est dans un nouveau rapport spatio-musico-temporel, où les musiques s’enchaînent et subliment tout. Les rythmes se suivent, ne se ressemblent pas mais s’accordent magnifiquement et l’ensemble est somptueux.

C’est d’ailleurs seulement juste avant le dernier morceau que l’artiste nous présentera ses musiciens, comme si elle-même avait été prise dans un tourbillon musical, heureuse et empressée de nous faire découvrir ses nouveaux titres.

Quand elle tient son violon entre ses mains, le temps s’arrête et la magie opère.

Un moment de pur bonheur!

Fiona Monbet, La Cigale, Le 30 octobre 2019 à 20h, Durée : 1h30.

Visuel : ©Laura Bonnefous, affiche du concert

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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