Musique
Inoxydable West side story !

Inoxydable West side story !

06 novembre 2012 | PAR Christophe Candoni

C’est la référence absolue en matière de comédie musicale, la plus géniale et la plus aboutie qui soit : West side story, chef d’oeuvre du genre signé Bernstein pour la musique, Sondheim pour les chansons et Robbins à la chorégraphie et à la mise en scène, revient à l’affiche du Châtelet, notre Broadway parisien, et triomphe à nouveau. Ce spectacle est inrattable.

Une énergie euphorisante s’empare de la scène du Châtelet. Elle est provoquée par les rixes entre les Jets et les Skarks, deux bandes rivales, des ennemis jurés qui s’affrontent dans la rue sur les rythmes toniques et les sonorités cuivrées d’une composition musicale exceptionnelle. Au centre de ces guerres de quartiers, l’amour impossible que se portent Tony l’américain et Maria l’émigrée l’un pour l’autre est mis à mal.

Depuis la création de West side story en 1957 à New York, ces Roméo et Juliette américains des années 50 sont devenus des légendes. Leur histoire d’amour fait chavirer et les thèmes universels et toujours d’actualité qu’elle soulève sur l’intolérance et les préjugés, les différences politiques, sociales, ethniques, sur les problèmes de discrimination et d’intégration des minorités en disent tout aussi long sur l’Amérique de l’époque que le monde d’aujourd’hui.

C’est aussi cela tout le génie de cette oeuvre qui faisait sa petite révolution au moment de sa création et demeure indémodable un demi-siècle après. Car en plus d’enchanter par ses tubes et ses danses (des must du musical !), elle parle à tous les publics.

Le spectacle est formidablement remonté par Joey McKneely l’ancien assistant de Robbins. Tout y est d’une précision implacable. On retrouve et se délecte de la beauté et de la jeunesse des artistes, de la vitalité du show, des boys qui se la racontent mauvais garçons, des délicieuses et provocantes danseuses portoricaines hautes en couleur,  de ce décor mythique avec ses étroits escaliers métalliques tellement typiques et de ses imprenables clichés en noir et blanc de vues New yorkaises.

L’orchestre dirigé par Donald Chan avec fougue et swing insuffle l’émulation d’une troupe au diapason. Les rôles principaux sont idéalement interprétés par le jeune canadien Liam Tobin et l’espagnole Elena Sancho-Pereg, des artistes bourrés de charme et de talent. West side story est traversée par des sentiments fort et variés, d’amour passionné, de violence ordinaire, de drame funèbre. Une irrésistible émotion et une plaisir inouïs envahissent et emportent immédiatement l’adhésion.

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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