Musique

Ibrahim Maalouf, doux Wind sur New-York

Ibrahim Maalouf, doux Wind sur New-York

19 octobre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Wind est déjà le quatrième album d’Ibrahim Maalouf et à notre sens le plus abouti. Après le triptyque Diasporas, Diachronism puis Diagnostic, il nous avait habitués à un délicieux parcours autour de ses voyages, on se souvient de son gout pour composer en marchant dans les rues, notamment celles de Beyrouth. Wind est un album magnifique et très surprenant faisant rupture. En bacs le 6 novembre.

Quand on file tout le disque on y entend une touche américaine, plutôt New-Yorkaise. Cela n’est pas un hasard, l’album a été composé dans l’idée d’être la bande son d’un film muet, La proie du vent de René Clair, sur une idée de la Cinémathèque. Le trompettiste a invité quatre jazzmen…new-yorkais, « l’effleureur » Clarence Penn à la batterie, Le saxophone maitrisé de Mark Turner,la ligne rythmique de Larry Grenadier à la basse, le piano sans force de Frank Woeste, et enregistré en live, en un après-midi dans un studio…new-yorkais.

L’aspect brut saute aux oreilles dès le premier morceau Doubts pour avancer dans une progression parfaite où le souffle vient du quintet dans son ensemble . Ici, Ibrahim Maalouf quitte totalement sa patte world et hip hop pour proposer du jazz absolument classique en même temps que magistral.

Un morceau comme Waiting est dans la respiration de Miles Davis, à qui Wind est d’ailleurs dédié. Troublant. Ce qui l’est encore plus c’est la façon dont ces structures très jazz font surgir les accents orientaux que sa trompette à quatre pistons démultiplie. Cela se fond à merveille dans un titre tel que Questions&Answers pour ensuite sembler s’effacer /del>l’ambiance rétro pour Excitement avant de sourdre à nouveau, superbe chemin qui une nouvelle fois nous invite au voyage.

Wind ne peut pas s’écouter, à la différence peut être du triptyque, en passant d’un titre à un autre, ici, il faut suivre le fil de Doubts à Mysterie… Sur la route vous swinguerez sur un mambo, plein de Sensuality

En 2010, Ibrahim Maalouf nous racontait déjà à quel point il ne voulait pas s’enfermer, sa seule nation étant la bulle musicale. Le chéri du jazz français continue de tracer sa route. Il nous avait surpris en osant ouvrir Diagnostic au piano, il nous éblouit ici en faisant entendre le glissement des balais sur les peaux de la batterie. C’est fou comme Wind se fond dans l’automne parisien.

A écouter sans relâche, il jouera le 20 octobre à la Cigale et le 27 avril Salle Pleyel.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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