Electro
“The Smile” enflamme les Nuits de Fourvière

“The Smile” enflamme les Nuits de Fourvière

09 June 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

Les Nuits de Fourvière ne cessent de surprendre par leur programmation hétéroclite et internationale ! Hier soir, le groupe The Smile a fait son apparition sur scène devant un amphithéâtre romain au complet !

Le nouveau groupe de l’année ?

The Smile … ce nom à beau être récent, il fût acclamé par une foule ce mercredi 8 juin aux Nuits de Fourvière. Et pour cause ? Formé par deux musiciens du célèbre groupe Radiohead – Thom Yorke et Jonny Greenwood – auxquels se joint l’ancien batteur de Sons of Kemet – Tom Skinner – The Smile surprend par ses chansons aux tonalités expérimentales et variées. 

C’est sur une première musique toute en douceur que débute le concert. Marquée par un piano et des percussions électroniques, la voix mélodieuse du guitariste et chanteur Thom Yorke transporte et ravit. Choix particulier, le pianiste et le batteur apparaissent de dos, ne dévoilant leur visage qu’au morceau suivant. 

Des sons qui prennent au cœur

Des rythmes répétés, des boucles où début et fin se mêlent, des basses aux variations frénétiques, une voix hypnotique, avec The Smile, on est pris aux tripes, plongés dans un slalom sans fin. Le public tout comme les musiciens sont entraînés dans l’étau de ces sons graves qui se multiplient. Pour chaque morceau, c’est une ambiance colorée différente qui se présente – bleue, rouge, verte, blanche, violette – en accord avec les chansons. Elle contribue à cette ascension vers le ressenti pur, sans plus de questionnements. 

The Smile tend vers l’expérimental, laissant parfois le pas à des assonances. Le mélange des sons électroniques aux divers instruments – guitares électriques, acoustiques, basse, harpe, claviers numériques, batterie – favorise ce côté magnétique conféré à l’expérimentation. La chanson The Smoke confirme cette tendance avec une basse ondulante et volatile, à l’image de la fumée, à la fois présente et transparente, qui ponctue l’ensemble du morceau. Le clip sorti ce 27 janvier 2022 retranscrit cette sensation : la pellicule 16mm laisse le pas à un film en référence directe aux avants-gardes cinématographiques du début du XXe. 

https://youtu.be/tEPEqZnTwdo 

Un groupe qui reste dans son monde

Les musiciens ont mis un certain temps à entrer en contact avec le public. Durant toute la première partie du concert, aucun échange ne fut prononcé – ni verbal, ni gestuel. La musique était présente pour elle-même, eux étaient en elle. C’est Thom Yorke qui brisa en premier le quatrième mur, se prenant au jeu, dansant en regardant les spectateurs, réclamant des applaudissements. Il fût rejoint sur la fin par Jonny Greenwood qui se rendit sur le devant de la scène, dévoilant son visage caché jusque-là par une longue mèche de cheveux noirs. L’ambiance monta alors à son apogée, beaucoup plus intimiste et enragée.   

Une première partie à l’image du concert

Le concert s’est ouvert sur une première partie des plus originales, réalisée par le multi-instrumentiste Robert Stillman. Seul en scène, tout vêtu de blanc, il débute son long solo sur des sons préenregistrés qui participent à la création d’une ambiance planante et méditative. Il s’empare ensuite de son saxophone pour en tirer, non pas une note, mais un souffle, laissant seulement passer l’air dans son instrument.

Robert Stillman crée ses morceaux en direct, mélangeant sons préenregistrés sur cassettes, sons enregistrés en direct et musique en live. L’ensemble se crée pièce par pièce pour se finir sur une musique basée sur les assonances, la multiplication des sources sonores, les contre-rythmes. Stillman ne quitte pas un seul instant sa composition, ressentant dans tout son corps les vibrations. 

Par la suite, il reviendra à deux occasions pour participer aux chansons de The Smile, projet auquel il a participé dans sa création. Sa musique expérimentale entre en accord total avec celle du groupe.

 

The Smile a proposé un magnifique concert hier soir aux Nuits de Fourvière. Il sera possible de les retrouver par la suite à Dijon, Reims ou encore Nîmes.

Visuels : ©Lucine Bastard-Rosset

Cannes 2022, Un certain regard : Corsage, sa maîtrise, ses interprètes profonds, sa Sissi
L’ouverture fracassante de Latitudes contemporaines avec Meg Stuart
Lucine Bastard-Rosset
Après avoir étudié et pratiqué la danse et le théâtre au lycée, Lucine a réalisé une licence de cinéma à la Sorbonne. Elle s'est tournée vers le journalisme culturel en début d'année 2022. Elle écrit à la fois sur le théâtre, la musique, le cinéma, la danse et les expositions. Contact : [email protected] Actuellement, Lucine réalise un service civique auprès de la compagnie de danse KeatBeck à Paris. Son objectif : transmettre l'art à un public large et varié.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Your email address will not be published. Required fields are marked *


Soutenez Toute La Culture
Registration