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Rencontre avec Suzane, invitée du MaMA Festival

Rencontre avec Suzane, invitée du MaMA Festival

23 octobre 2018 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Toute La Culture a rencontré Suzane, une « conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro » comme elle aime se définir ainsi. Elle était l’une des têtes d’affiches de l’édition 2018 du MaMA Festival.

Qu’est ce que ça vous fait venir vous représenter au MaMA Festival ? 

Cela faisait quelques années que je voyais les affiches du MaMA Festival dans Paris. Je me suis dit que si un jour mon prénom figurait dans la liste, ce serait merveilleux. Je suis étonnée, surprise et très heureuse.

A l’origine vous étiez passionné de danse classique et à la suite d’un événement personnel, vous avez basculé dans l’électro ? Etes-vous satisfaite du chemin que vous avez suivi d’aller plus vers l’électro ? 

Quand j’étais petite je me suis dis que je deviendrai danseuse classique. Mais malheureusement les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Après l’arrêt de la danse classique, j’ai découvert les clubs et la musique électronique. C’est quelque chose qui m’a servi. Je ne regrette absolument pas d’avoir d’arrêté la danse classique sur un coup de tête et d’avoir découvert la musique électronique. C’est un parcours semé de victoires et aussi d’échecs. C’est important d’avoir de beaux échecs pour de belles victoires.

Vous vous définissez comme une « conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro ». Que voulez-vous dire à travers cette phrase ? 

Dans cette phrase j’essaie de réunir les aspects de ma musique en quelques mots. J’aime dire conteuse d’histoires parce que j’écris vraiment de façon réaliste. Dans chacune de mes chansons, je parle du quotidien et de moi-même. Quand je dis sur fond d’électro, c’est pour décrire les instruments que j’ai choisi d’utiliser dans des textures très très électroniques. Au final cette phrase « conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro » résume bien ma musique.

Vous avez un point commun avec la chanteuse Jain. Vous voyez lequel ? 

On a décidé de mettre toutes les deux une combinaison mais en fait c’est par pur hasard ! J’ai pensé à la combi en janvier 2018 c’est à dire de tourner mon premier clip L’Insatisfait. J’y suis très à l’aise pour danser.

Quels sont les thèmes que vous aimez aborder dans vos chansons ? 

J’aime aborder les émotions qu’on ressent au quotidien. Je parle aussi d’addiction c’est à dire les addictions qu’on peut tous avoir. Je parle de ce qu’on vit chaque jour.

Comment se passe l’écriture de vos chansons ? 

Quand j’ai écris mes chansons (La Flemme et L’lnsatisfait), j’étais encore serveuse dans le 20ème. J’aime dire que je me suis nourrie des clients et des gens que j’ai rencontré. Quand je terminais mon service, je montais chez moi et j’écrivais sur des thèmes qui m’avaient marqué dans la journée. Lorsque je rédige au stylo, tout vient naturellement. La nuit, il y a des phrases ou des mots qui me viennent et il faut que je trouve la force de prendre mon téléphone et de tout écrire.

Ces deux chansons (La Flemme et L’Insatisfait) vont aboutir à un opus. A quoi peut-on s’attendre dans cet album ? 

Ce seront des histoires de personnages où les gens pourront se reconnaître. Ils pourront aussi reconnaître quelqu’un qu’ils connaissent. Ce sera un peu le jeu des 7 familles avec Monsieur et Madame L’Insatisfait ou Monsieur et Madame La Flemme. C’est vraiment l’histoire des personnages qui m’entourent. C’est ma vision de ce qui est le monde extérieur.

Avez-vous un chorégraphe attitré ou bien les mouvements viennent uniquement que de vous ? 

J’ai la chance de travailler avec Nicolas Huchard qui est un super chorégraphe et un super danseur. J’ai une vrai liberté dans ma façon de travailler car ça part vraiment de mes propres mouvements. On ne m’impose rien, il n’y a pas de choses très carrées. Mon chorégraphe s’adapte à ma gestuelle.

Le site Madmoizelle dit de vous que vous êtes une Stromae au féminin. Comment le prenez-vous ? 

Waouh ! (rires) Je pense que les gens ont toujours besoin de faire des références et quelle référence ! Stromae est quand-même un immense artiste qui a influencé beaucoup de jeunes artistes de ma génération. J’aime dire que c’est quelqu’un qui m’a permis d’oser. Par contre, nous avons tous les deux des styles différents même si c’est de la chanson française. On n’a pas les mêmes choix d’instruments et de percussions. Stromae utilise des percussions beaucoup plus tribales, plus afro. Cependant c’est un artiste que je trouve grandiose. Cela me fait un peu peur d’être comparée à ce genre d’artiste mais j’aime beaucoup !

Qui est à l’origine de la réalisation des clips notamment pour La Flemme et L’Insatisfait ? 

Je travaille avec Neels Castillon qui est un super réalisateur. Il a travaillé pour Coeur de pirate, Angèle et pour moi même.

Quelles sont vos influences musicales ? 

Moi je suis vraiment chansons françaises comme Brel, Barbara, Balavoine…et la musique électronique comme Daft Punk, Justice…J’aime aussi écouter beaucoup de choses grâce à YouTube car je suis un enfant des années 90.

On peut considérer que l’année 2018 est celle de la révélation pour vous car vous avez participé à Solidays en juin dernier, aux Francofolies en juillet. Comment avez-vous vécue ce triomphe ? 

Je n’y crois toujours pas d’avoir fait ces scènes là. Je m’en rappellerai toute ma vie ! J’ai vécu des moments immenses. Je pense que j’ai de la chance d’être par une bonne équipe. J’ai aussi la chance que les programmateurs des festivals me fassent confiance. Cela a permis au public de me découvrir.

Quelle est la suite de vos projets ? 

Je vais continuer à faire beaucoup de concerts. J’ai mon concert le 13 décembre prochain qui est complet, ce sera au Théâtre Les Etoiles. Je serai à la Gaîté Lyrique le 16 avril 2019. Quand je vois mon nom et les gens qui achètent leurs places pour venir me voir, je trouve ça dingue et fabuleux. Il y aura aussi un troisième clip qui arrivera sous peu.

Visuels: Facebook @Suzane

Propos recueillis par Kevin Sonsa-Kini

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Kevin Sonsa-Kini

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