Electro
[Live Report] L’electro vu par ARTE Concert Festival à la Gaîté Lyrique

[Live Report] L’electro vu par ARTE Concert Festival à la Gaîté Lyrique

10 avril 2017 | PAR Kevin Depessemier

Pour sa deuxième édition, ARTE Concert a investi la célèbre salle Parisienne de la Gaîté Lyrique. Trois soirées thématiques autour de la musique pop-rock, le piano et de l’électro. Des rencontres, projections et autres ateliers ont également rythmés une programmation éclectique propre à l’ambiance ARTE.

 

Noga Erez, que l’on peut considérer comme la révélation électro-pop de l’année, nous vient tout droit de Tel Aviv, et a grandi dans un climat de conflit politique et social. C’est dans la musique qu’elle trouvera refuge, et qu’elle laissera exprimer son art et ses envies.

Qui est elle exactement ? On pourrait croire que Noga Erez est un projet solo. En réalité, on apprend rapidement que son compatriote Ori Rousso complète le duo par une présence scénique non négligeable. Sa première date en compagnie de Crystal Castles, à l’Elysée Montmartre fin 2016, avait déjà prouvée ce nouveau talent de la scène électronique. En plus d’être encensée par la critique musicale, elle est déjà comparée comme la “nouvelle M.I.A”. C’est à coup sûr celle dont on entendra parler davantage en 2017.  Nous avons eu la chance de la voir à la Gaîté Lyrique pour le ARTE Concert Festival ce 8 Avril.

S’il est parfois difficile d’ouvrir un festival, et malgré l’ambiance timide du début, Noga Erez défend ses chansons comme une guerrière. En commençant par un morceau comme Toy, elle nous plonge directement dans une ambiance électro et psychédélique. Une belle énergie se dégage et inonde la salle de concert. Doucement les spectateurs accrochent aux sonorités, mêlant pop fracassante et vibes RnB. S’en suivent les très bons titres Hold Me, Off The Radar, Pity et Dance While You Shoot déjà disponibles depuis peu. D’autres morceaux tels que Quiet One ou Global Fear annoncent un album multi-style.

Minimaliste, sans fioritures ou autres décors, le groupe se sert de synthétiseur, de boîte à rythme et d’une seule voix pour dépeindre un univers saturé, dansant, teinté de textes crus et prenants à la colère des 140 caractères de Twitter, qui ne nous laissent aucun répit. Applaudis par un public conquis, il est évident que Noga Erez et Ori Rousso ont la recette pour laisser leur empreinte sur la scène et dans nos mémoires.

Off The Radar, premier album de Noga Erez, sortira le 2 juin 2017 sous le label City Slang.

C’est après ce live quasi-intimiste en compagnie de Noga Erez que la salle se vide peu à peu et laisse place aux londoniens Factory Floor. Quelques verres, une odeur qui mélange toute sorte d’alcool, le peuple s’agglutine dans ce qui fait mine d’une pièce à vivre pour le festival, qui présente un écran géant pour retransmettre le livestream que propose ARTE Concert en direct sur son site internet.

Factory Floor offre un puissant son électro, entre techno et noise, sur un fond vague et brumeux, offert par la voix presque instrumentalisée de Nik Void. Une vraie prestation qui n’est pas sans rappeler les années 80 et son avant-garde glaciale et presque dépressive, de quoi pleurer sur le dancefloor. Le groupe offre une boucle hypnotique dansante sans se fatiguer, qui chauffe la salle à température ambiante, une salle qui se laisse emporter de gauche à droite au fur et à mesure qu’elle se remplit avec un grand nombre de nouveaux arrivants. C’est après un premier album bien reçu par la critique que Factory Floor a sorti un nouvel opus, “25 25”, avec une sauce beaucoup plus punk que le précédent et qui se ressent exceptionnellement bien en live. Une scénographie simple mais envoûtante participe agréablement à la magie industrielle de ces deux musiciens, qui laisseront place ensuite au très attendu Clark.

Il nous vient lui aussi d’Angleterre, pour ne pas trop nous dépayser, car il se contentera de nous brusquer avec ses sonorités éclectiques qui ressemblent à la fois à rien, mais surtout à un tout. C’est au lendemain de la sortie de son nouvel album Death Peak, un doux mélange entre techno dystopique et acid hypnotique, que Clark augmente le celsius de la salle, qui commence réellement à faire imploser le dance-floor déjà amoché. C’est d’ailleurs peut-être et même surement, l’album le plus dansant et gai du producteur Anglais, qui ne laisse aucun répit à personne, pas même aux deux danseuses qui captivent par intermittence les amoureux d’électro que nous sommes. Il faut d’ailleurs que ces derniers s’empressent d’écouter les pépites Slap Drones et Peak Magnetic de cet album qui risque d’être votre nouvelle source d’énergie (positive).

La grande Miss Kittin fait donc son entrée pour 1h20 de set à sa sauce que l’on aime tant. La proche collaboratrice de The Hacker est reconnue comme l’une des pionnières de son domaine et reste indétrônable. On parlait précédemment de ce pauvre dance-floor qui se fait marteler par la force du son et de nos pieds, mais la grande salle de la Gaîté Lyrique a loin d’avoir dit son dernier mot et c’est avec un mix énergique que Miss Kittin impose sa danse. De la techno, acide et faite maison, la douce voix insolente de la productrice aux diverses influences et influentes à souhait, c’est ce que réserve cette prestation heureusement disponible sur ARTE Concert, car on ne peut plus s’en remettre.

Pour clore cette dernière journée de festival, un joli B2B entre Danny Daze et Simon Mobile Disco puise les dernières forces et déshydrate finalement la foule, sûrement en train de se plaindre d’une arthrite après s’être lâché pendant bien 4h30, mais toujours à en vouloir plus.

Pour cette dernière soirée à la thématique electro, ARTE Concert frappe là où ça fait du bien, comme un rendez-vous chez son chiropraticien. L’intégralité du festival est disponible en ligne. Pour en abuser sans aucune modération et se préparer à un troisième round tout aussi plaisant.

Nicolas D’hervilley et Kevin Depessemier

Visuel : ARTE Concert Festival.

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Kevin Depessemier

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