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L’agenda des soirées de mars

L’agenda des soirées de mars

03 mars 2020 | PAR Rodolphe Pete

Voici une sélection subjective, forcément incomplète mais fondée sur des coups de cœur, de soirées à Paris et en régions pour une fin d’hiver forcément électro !

Rodolphe Peté

Coups de coeur 

Jeudi 5 mars, Room with a View, Rone, théâtre du Châtelet, Paris

Quel est le point commun entre le ballet national de Marseille et Erwann Castex, alias Rone, un des producteurs français les plus talentueux de sa génération ? Tout simplement un spectacle qui s’installe jusqu’au 14 mars dans un des plus beaux écrins parisiens. Ce n’est pas la première collaboration pour cet artiste très marqué par le monde de l’image et qui aime faire fi des étiquettes. Ce mélange s’annonce comme particulièrement prometteur.

Pratique : 20 h, 2 rue Edouard Colonne, Paris II. Entrée : de 7 à 65 euros.

Samedi 7 mars, Airdrome, le Bourget

L’équipe de Yokaku investit un endroit excentré mais où l’espace permet d’accueillir une jauge énorme, comme cela fut le cas pour le Weather festival. L’anniversaire des cinq ans sera fêté de bien belle manière avec la star Ricardo Villalobos. Il faut juste souhaiter que le Chilien ne joue pas les divas ou soit empêché par un souci de santé. Car quand il est présent et en forme, le dj et producteur s’avère un orfère inégalé du mix faussement minimal. Avec aussi Arno, Audio Werner, Cabanne, Janeret, Lamache, Lowris, Maayan Nidam, Roger Gerressen, Thomas Melchior, Varhat et Zendid.

Pratique : parc des expositions, à partir de 22 h, de 23 à 30 euros.

Vendredi 13 mars, DJ Krush, I Boat, Bordeaux

C’est peu dire que le Japonais est une légende de la musique. Le hip-hop dans son essence et non sa caricature des bad boys arborant leurs muscles au bord d’une piscine. A 58 ans, Hideaki Ishi n’a jamais dévié d’une trajectoire où l’instrumental prend toute sa place et où les sets aux platines ne se transforment pas en virtuosité vaine. Un grand monsieur de toutes les musiques. A ne rater sous aucun prétexte.

Pratique : à partir de 19 h, quai Armand Lalande, bassin à flot n°1. Entrée : 9,50 ou 15,50 euros.

Vendredi 20 mars, Club Cabaret/Wicked Girls, le Cabaret Aléatoire, Marseille

A seulement 30 ans, la Tunisienne s’est forgée une solide réputation, non seulement aux platines par ses prestations à Concrete par exemple, mais surtout grâce à des lives et à un album de toute beauté chez Infiné. Deena Abdelwahed, c’est une voix, une personnalité et un univers qui emportent immédiatement l’auditeur dans un voyage envoûtant, mêlant les influences tout en apportant sa touche originale. Si elle est très à la mode, on est loin de l’effet de mode. Avec aussi Paloma Colombe et Carie.

Pratique : à partir de 23 h, 41 rue Jobin, Marseille III. Entrée : à partir de 6 euros.

Vendredi 20 mars, 2 Many Djs (dj set), le Bikini,

Dans le cadre du festival Pink Paradize, les frères Dewaele viendront, s’il en était encore besoin, tout leur talent éclectique et électrique aux platines. Le duo le plus célèbre de Belgique n’a plus rien à prouver depuis ses premières prestations, mais que ce soit en dj set ou avec leur groupe Soulwax, ils arrivent à se renouveler en variant les styles et les inspirations, sans jamais décevoir.

Pratique : à partir de 23 h, rue Hermès. Entrée : de 22,50 à 25 euros.

Samedi 21 mars, Hilight Tribe, le Confort Moderne, Poitiers

Il faut avoir vu, au moins une fois dans sa vie, un concert de ce groupe essentiel de la trance. Au sens d’une expérience initiatique, extatique et en,voûtante. Nul besoin de prendre des produits qui font planer pour être embarqué dans un voyage sonore acoustique qui s’avère bien plus rythmé que certains lives réalisés à partir de machines. Un moment rare, qu’on n’oublie pas, même plusieurs années après. Avec aussi Scientyfreaks.

Pratique : à partir de 21 h, 185 rue du faubourg du Pont-Neuf. Entrée : à partir de 23,86 euros.

Vendredi 27 mars, TBM 6, Jeff Mills, 1988 Live Club, Rennes

Il est déjà passé souvent en terres bretonnes, mais ses nombreux l’attendront évidemment de pied ferme pour transpirer sur le dancefloor. Le fondateur des labels Axis et Purpose Maker, aujourd’hui quiquagénaire installé, n’en demeure pas une vraie légende de la techno, virtuose des platines, concepteur d’objets sonores allant de l’ambient spatial à la machine de guerre gorgée de BPM. Inratable, hier comme maintenant. Avec aussi David Asko.

Pratique : à partir de minuit, 27 place du Colombier. Entrée : 20,50 euros.

Soirées 

Mercredi 4 mars, Lost On You Experience, Rex club, Paris

Pour tout fan de techno nourri des références des années 90, Thomas Schumacher est définitivement associé à son hit “When I Rock It”, superbement remixé par Johannes Heil. Mais l’Allemand ne s’est pas arrêté en si bon chemin, continuant à produire et à mixer, avec ce sens du rythme terriblement efficace, comme le démontre par exemple son entêtant “Anker” sur le label Drumcode d’un autre poids lourd du genre, le Suédois Adam Beyer. Avec aussi Kelvin Lucas, Ket Robinson et Hakma.

Pratique : 5, boulevard Poissonnière, Paris II, à partir de minuit. Entrée : 7 à 18 euros.

Jeudi 5 mars, les Jeudis du Rosa Bonheur, Paris

Avec Corbeille Dallas et De Velledy. Bar, restaurant, guinguette multi-générations, ce carrefour de rencontres aussi joyeuses qu’improbables est devenu au fil des années un repère excentré particulièrement recommandable. Notamment le jeudi soir où les sets aux platines partent dans des directions en forme d’imprévu, sans se prendre au sérieux. Des sourires, des rythmes, des bras qui se lèvent : parfait pour terminer la semaine et se chauffer avant le week-end.

Pratique : 2, allée de la Cascade, Paris XIX, à partir de 20 h. Entrée libre.

Vendredi 6 mars, Conex, Oxia, Nikaïa live, Nice

L’ancien membre du groupe grenoblois Phunky Data a beaucoup évolué depuis ses débuts, marquant notamment le label Intec de Carl Cox avec quelques morceaux très percussifs. Depuis, ce producteur aussi discret que prolifique a continué de sortir des titres majeurs, à l’image de “Domino”. En clubs, festivals ou sur albums, Olivier Raymond reste une valeur sûre. Avec aussi Nicolas Masseyeff.

Pratique : boulevard du Mercantour, à partir de 23 h. Entrée : 14,90 ou 19,90 euros.

Vendredi 6 mars, Chris Liebing, Dehors Brut, Paris

L’Allemand à l’éternel sourire et crane rasé a fait les beaux jours de la techno cavaleuse des années 90 à coups de performances aux platines, de remixes et de morceaux originaux ultra efficaces, notamment sur son label CLR. Deux décennies plus tard, il continue d’arpenter les scènes du monde entier avec un tempo certes un peu ralenti, comme certains de ces collègues, mais toujours avec la même ferveur communicative. Avec aussi AZF.

Pratique : à partir de minuit, entrée : 15 euros. 20, boulevard Poniatowski, Paris XII.

Samedi 7 mars, Giorgia Angiuli, l’Ostra club, Nancy

Déjà sept ans que la salle lorraine fait parler d’elle bien au-delà du cercle local d’initiés. Pour cet âge de raison (ou pas), l’équipe a décidé de mettre en avant une artiste qui commence à faire parler d’elle depuis la sortie de son album à l’automne dernier et une captation vidéo à Ibiza par les Français de Cercle. Parfois comparée à Ellen Allien, on ne peut que lui souhaiter un parcours identique. Avec aussi Antony Adam, Imecka et Dillou.

Pratique : 34, boulevard d’Austrasie, à partir de minuit. Entrée : 15 euros.

Samedi 7 mars, Shanti Celeste, la Machine du Moulin Rouge, Paris

Les spectateurs de Nuits Sonores, à la Sucrière l’an passé, ont découvert avec une certaine surprise un des sets les plus mémorables de l’édition avec la dynamique Chilienne installée dans le sud de l’Angleterre. Un sens remarquable du mix et une sélection démontrant une belle culture musicale, nourrie de solides références. Pas étonnant quand on a grandi à Brighton, patrie du Big Beat… Passant de la house à la techno ou à l’électro avec une facilité déconcertante. Avec aussi Josey Rebelle et Mor Elian.

Pratique : 90, boulevard de Clichy, Paris XVIII, à partir de minuit. Entrée : 13 à 16 euros.

Vendredi 13 mars, Skrptom vs Paco Tyson, Rex club, Paris

Avec WLVS, Zadig, Discord, Chichi vs Alan D. La rencontre du festival nantais et du label parisien promet des beaux moments d’amitié et de techno aux platines. Une soirée placée sous le signe de la décontraction mais aussi des rythmes alertes, car on peut notamment compter sur l’alliance redoutable entre Manu le Malin et Electric Rescue pour mener la cavalcade jusqu’au petit matin.

Pratique : 5, boulevard Poissonnière, Paris II, à partir de minuit. Entrée : 15 à 20 euros.

Vendredi 13 mars, Kmyle, Dieze Warehouse, Montpellier

Le producteur toulousain a vite trouvé sa place dans le paysage, pourtant encombré, des producteurs techno français. Révélé par Electric Rescue, avec qui il forme le duo Laval, il a également fait partie de l’aventure Mod3rn avant de se consacrer à ses aventures solo. Portant la bonne parole jusqu’en Asie, Kmyle a aussi tapé dans l’oeil du maestro Laurent Garnier avec qui il a partagé la scène lors d’une nuit mémorable… Avec aussi Falling Echoes et Vortac.

Pratique : 188, avenue Marché-Gare, à partir de 23 h 30. Entrée : 13 à 23 euros.

Vendredi 13 mars, Marcel Dettmann, Dehors Brut, Paris

L’avantage du colosse allemand, c’est qu’il peut tout jouer, même de la house. Comme son compère du club mythique Berghain à Berlin, où ils sont résidents, Marcel Dettmann a un sens inné du mix, ainsi qu’une culture musicale aussi ouverte que riche. Evitant les pièges autoroutiers d’une certaine techno au kilomètre, l’auteur du classique “Dawning’ arrive toujours à surprendre, même ses fans les plus fidèles. Avec aussi François X.

Pratique : à partir de minuit, entrée : 15 euros. 20, boulevard Poniatowski, Paris XII.

Samedi 14 mars, Encore, Blawan, le Transbordeur, Villeurbanne

Voilà une soirée qui devrait logiquement afficher complet, tellement Jamie Roberts, plus connu sous son alias Blawan, a une réputation ravageuse aux platines, capable de transformer en machine à danser le plus timide des spectateurs. Le jeune Anglais n’est pas non plus manchot en studios, ses morceaux redoutables comme “Many Many Pings” donnant une idée assez juste d’une techno breakée, barrée et vrillant les cerveaux comme les jambes… Avec aussi Randomer et Cera Khin.

Pratique : 3 boulevard de Stalingrad, à partir de 23 h 30. Entrée : 19 ou 23 euros.

Samedi 14 mars, Traumer invite Berg Audio, Rex club, Paris

Avec Priku (Atipic live), Andrey Pushkharev et Nikita Sisov. Romain Reynaud, s’il parcourt le monde, multiplie les collaborations, enchaîne les productions originales et les remixes, prend aussi le temps de poser ses valises régulièrement dans le temple parisien des musiques électroniques. Faisant preuve d’une solide maturité et d’un éclectisme faisant plaisir à voir, le Sudiste y dévoile ses coups de coeur, loin des catalogues interchangeables vendus par des agents sans âme.

Pratique : 5, boulevard Poissonnière, Paris II, à partir de minuit. Entrée : 15 à 20 euros.

Samedi 14 mars, Glenn Underground, le Badadoum, Paris

Attention, légende en approche de la house made in Chicago. Pour les amateurs de soul, jazz, disco et funk, direction la petite salle du quartier Bastille pour se plonger dans la moiteur d’une house soulful, chaleureuse et généreuse à souhait. S’il était possible d’entendre deux de ses classiques comme “All Love” et “Dizco Moog”, le voyage n’en serait que plus agréable.. Avec aussi Gboi & Jean Mi, Maxye.

Pratique : dès 23 h 30, entrée : à partir de 16,50 euros. 2, bis rue des Taillandiers, Paris XI.

Samedi 14 mars, Nightclubbing, Jennifer Cardini, Dehors Brut, Paris

Voilà une nouvelle résidence qui devrait plaire aux amateurs de techno et électro lente, moite et profonde. Productrice et dj à l’école du Pulp, la fondatrice du label Correspondant a gravi tous les échelons depuis ses débuts parisiens jusqu’à son exil allemand. Avec des sets d’une absolue maîtrise, celle qui a commencé sous son simple prénom a depuis prouvé qu’elle s’était faite un nom qui compte. Avec aussi Krystal Klear, Clara 3000 et Discoquette.

Pratique : à partir de minuit, entrée : 15 euros. 20, boulevard Poniatowski, Paris XII.

Samedi 14 mars, Sam Paganini (live), T7, Paris

C’est une exclusivité décrochée par l’équipe du club avec vue imprenable sur la Tour Eiffel. Le live d’une des grandes figures du label Drumcode sera donc une curiosité à ne pas rater et pas si inaccessible en terme de prix si on arrive suffisamment tôt. L’occasion d’écouter sous une forme autre que le mix les succès de l’Italien, comme “Rave” ou “Pulse”. Avec aussi Gboi & Jean Mi, Maxye.

Pratique : dès 22 h 30, entrée : 15 à 39 euros. Place des Insurgés de Varsovie, Paris XV.

Vendredi 20 mars, Ellen Allien, Dehors Brut, Paris

Parmi les grandes figures, désormais historiques, des rares femmes à l’époque des années 90 aux platines, la fondatrice du label B Pitch, éternelle blonde au sourire ravageur, a non seulement construit une solide collection de productions autour d’elle et continue d’incarner une voie authentique dans le circuit mondial techno. Ses trop rares passages en France sont d’autant plus à marquer d’une pierre blanche. Avec aussi Shlomo.

Pratique : à partir de minuit, entrée : 15 euros. 20, boulevard Poniatowski, Paris XII.

Vendredi 20 mars, Kerri Chandler all night long, le Badadoum, Paris

Il n’est pas impossible, et il est même sûr que le producteur américain joue du clavier pendant cette session suffisamment longue pour qu’il donne aux amateurs de house toute l’étendue de son talent, pas seulement aux platines. L’auteur de “Heal my heart” est devenue depuis bien longtemps une légende, à force d’inspirations dépassant les modes. Ecouter Kerri Chandler, c’est toujours un moment unique, même quand il se renouvelle. Avis aux amateurs qui n’ont jamais eu cette chance.

Pratique : dès 23 h 30, entrée : à partir de 21,50 euros. 2, bis rue des Taillandiers, Paris XI.

Vendredi 20 mars, Denis Sulta, Magazine club, Lille

Il n’y a pas que le label Soma en Ecosse. Parmi les noms qui comptent aujourd’hui, il faut forcément citer Hector Barbour, plus connu sous son pseudo Denis Sulta. Les spectateurs d’Astropolis se souviennent notamment de son passage l’an dernier dans la cour de Kériolet où il avait mis tout le monde d’accord avec un set house très efficace. Pas révolutionnaire mais particulièrement réjouissant. Avec aussi Falafef.

Pratique : à partir de minuit, 84 rue de Trévise. Entrée : 12,50 ou 15,50 euros.

Samedi 21 mars, Daniel Avery, la Belle électrique, Grenoble

Une petite dizaine d’années de carrière et une solide réputation pour le trentenaire anglais qui a vite repris son nom après un début de carrière sous le pseudo Stopmakingme. Une belle suite de maxis et deux albums (dont le magnifique “Song for Alpha” il y a deux ans) ont installé la réputation d’un dj capable d’emmener très loin le dancefloor. Pas spectaculaire, ni démonstratif mais extrêmement intéressant dans sa narration du mix. Avec aussi DJ Nobu.

Pratique : à partir de minuit, 12 esplanade Andry Farcy. Entrée : 16 à 19 euros.

Samedi 21 mars, Appolonia, le Cabaret sauvage, Paris

Le trio français house délaisse un peu son terrain de jeu d’Ibiza pour poser quelques galettes dans un des lieux les plus chaleureux de la capitale, même s’il est un peu excentré. Après une belle rénovation, voilà le chapiteau prêt à accueillir comme il se doit Shonky, Dan Ghenacia et Dyed Soundorom pour un mix à six mains toujours de haute volée quand on connaît le talent de ces mousquetaires. Avec aussi The Ghost.

Pratique : à partir de minuit, 211 avenue Jean-Jaurès, Paris XIX. Entrée : 10 à 20 euros.

Vendredi 27 mars, Deeply Rooted Night, Rex club, Paris

Pour sa résidence, DJ Deep frappe, une fois n’est pas coutume, un grand coup avec deux grands noms de la techno : la formation Scan 7 en provenance de Detroit et le New-Yorkais Dave Summer, plus connu sous son alias Function. Leur point commun ? En s’inspirant des origines, creuser un sillon classique tout en apportant sa touche d’originalité qui rend leurs productions indémodables. Une soirée à ne pas rater pour tout amateur de techno qui se respecte.

Pratique : 5, boulevard Poissonnière, Paris II, à partir de minuit. Entrée : 15 à 20 euros.

(Photos : Rodolphe Peté)

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