Expos
Une année d’hommages à Rosa Bonheur

Une année d’hommages à Rosa Bonheur

25 février 2022 | PAR Laetitia Larralde

En 2022, le bicentenaire de la naissance de la peintre animalière Rosa Bonheur sera largement fêté en Seine-et-Marne. L’occasion de (re)découvrir une artiste au destin hors normes.

Une « vestale de l’art »

Rosa Bonheur est née le 16 mars 1822 à Bordeaux, dans une famille d’artistes. Formée par son père, le succès a tout de suite été au rendez-vous. La peintre commença à gagner sa vie avec son art dès 14 ans et connu ensuite une carrière exceptionnelle en France et surtout aux Etats-Unis et en Angleterre. En 1865, elle reçoit la Légion d’honneur des mains de l’Impératrice Eugénie, faisant d’elle la première femme artiste à recevoir la distinction, avant de devenir la première femme officier de la Légion d’honneur en 1895.

C’est grâce à la vente de son tableau Le Marché aux chevaux, aujourd’hui exposé au Metropolitan Museum of Art de New York, que Rosa Bonheur put acheter le château de By en 1859, situé à Thomery, en bordure de la forêt de Fontainebleau. Elle s’y fit construire un atelier par Jules Saulnier et aménagea des espaces pour ses animaux : moutons, mouflons, chevaux et même des lions, qui lui servirent de modèles. Elle y resta jusqu’à la fin de sa vie en 1899 et ne s’arrêta jamais de peindre.

Car Rosa Bonheur avait décidé qu’elle consacrerait sa vie à l’art, choisissant de ne pas se marier afin de pouvoir continuer à peindre et prouver à tous que le génie n’a pas de sexe. Cette femme indépendante aux idées féministes, écologistes, affirmant que les animaux ont une « âme » a mené sa vie en défiant les normes sociales, mais sans scandale. Elle possédait même un « permis de travestissement » l’autorisant à porter le pantalon et ainsi arpenter forêt, foire aux bestiaux et abattoirs pour collecter les nombreuses observations nécessaires à ses tableaux plus vrais que nature.

Une programmation riche

Possiblement à cause de son trop grand succès, Rosa Bonheur et son œuvre sont oubliées dans les années 1950. Ce bicentenaire est donc l’occasion de remettre en lumière cette artiste à la vie singulière. Plusieurs expositions seront organisées au long de l’année, accompagnées de conférences, d’un festival et de la création d’un timbre, le tout accompagné d’un site internet (www.rosabonheur77.fr), qui sera lancé le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

A Thomery, dans le charmant château de By, se succèderont deux expositions. La première, Le Musée des œuvres disparues, présentera les photographies sur plaques de verre qu’Anna Klumpke, amie et légataire universelle de Rosa Bonheur, a faites avant la vente aux enchères de 1900 d’environ 2100 œuvres. Ces plaques, retrouvées dans le grenier du château, dévoilent de nombreuses œuvres inédites, disparues ou dispersées aux quatre coins du monde. La seconde exposition prévue pour septembre mettra en valeur les photographies de l’artiste qui soulignent les détails de son quotidien. Au château, où certaines pièces sont restées telles que Rosa Bonheur les a laissées, les objets représentés sur les photos seront mis en regard avec elles, nous plongeant dans l’intimité de l’artiste.

Au château de Fontainebleau, 2022 marque également le centenaire de la première donation faite par Anna Klumpke d’œuvres et objets personnels de Rosa Bonheur. Dans le cadre du Festival de L’histoire de l’art (du 3 au 5 juin) sur le thème de l’animal, une exposition sur Rosa Bonheur et l’art animalier débutera, avec certaines œuvres inédites. Une grande rétrospective, soutenue par le Château Musée Rosa Bonheur et le Musée départemental des peintres de Barbizon, sera organisée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux et continuera ensuite au musée d’Orsay.

Cette année, nous rendrons donc hommage à une femme exceptionnelle aux idées toujours actuelles, en espérant qu’elle et son œuvre retrouvent leur juste place auprès du public français.

Visuel : affiche du bicentenaire Rosa Bonheur

Elena Kovalskaya, directrice du théâtre d’État et du Centre culturel Vsevolod Meyerhold de Moscou, annonce sa démission
Une Dame de Pique admirable en tout point à la Scala de Milan.
Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture