Electro
[Chronique] « Sacred Ground » de Howling : Ry X toujours tout en haut

[Chronique] « Sacred Ground » de Howling : Ry X toujours tout en haut

30 avril 2015 | PAR Bastien Stisi

Si cette Terre-là est bien sacrée, comme le suggère le joli titre de l’album, l’Australien Ry X y est incontestablement pour quelque chose. Qu’il collabore ou s’associe avec n’importe qui (ici avec Frank Wiedemann, avec Adam Freedland et Steve Nelupa sur The Acid, avec sa guitare acoustique sur son projet perso), le charisme vocal de ce vendeur de merveilles tend, toujours et donc aussi sur son nouveau projet Howling, à diriger vers le sublime. 

[rating=4]

Sacred Ground débute avec le piano aigu de « Signs », dont les notes se trouvent bientôt supplantées par des gémissements lyriques de spectres d’hier. On les croirait issus d’ « Animal », ce morceau fantomatique qui ouvre le premier album de The Acid. Le temps d’un instant, on craint alors de se retrouver avec un pastiche édulcoré de ce que Ry X avait déjà si bien fait sur ce premier album que l’on avait tout simplement désigné, avec toutes les courbettes que le titre implique, comme le meilleur de l’année écoulé.

Si l’expérience The Acid paraît avoir considérablement marqué l’homme (on en ressent encore la trace sur « Stole The Night »), Ry X, bien secondé par Frank Wiedemann (du groupe Âme), parvient toutefois à se détacher au fil de l’album du monochromatisme (noir) d’hier, trouvant plutôt l’écart idéal entre The Acid (les plages vaporeuses, désincarnées, habitées), et de l’EP Berlin qu’il avait sorti sous son propre nom (les instants acoustiques minimalistes, comme « Howling »).

Électronique, acoustique, Sacred Ground se fait aussi organique (les « Interlude »), samplement symphonique (comme sur le harpeux et brumeux « Zürich »), raveur (« Quartz »), et adopte, de manière globale, une démarche merveilleuse : celle de prendre son temps et de ne pas offrir la beauté au premier virage ombreux effectué. Le chant chope les tripes et les sert au point de les tordre (c’est sublime sur « Litmus »), les percussions donnent parfois l’impression (sur « X Machina ») d’être issues d’une tribu du futur (lorsque le Monde sera revenu à l’état sauvage et que seuls auront résisté à l’apocalypse les sampleurs et les boîtes à rythmes), l’album culmine sur les montées patientes et explosives de « Short Line », et surtout sur celles du chef-d’œuvre évolutif « Forest », l’un des seuls moments durant lequel la tension baissera, laissant la voix de Ry X, que l’on croyait avant celle d’un être post-mortem, s’échapper du carcan étouffant dans lequel il s’enferme lui-même. Et ceci à bon escient.

« We Stole the Night », chante Ry X avec sa voix provenant toujours des abysses les plus profondes. Qu’il ne la rende jamais, cette nuit…

Howling, Sacred Ground, 2015, Monkeytown Records, 61 min.

Visuel : (c) pochette de l’album

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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