Essais
Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’état islamique par Myriam Benraad

Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’état islamique par Myriam Benraad

01 mai 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Myriam Benraad, docteur en sciences politiques de l’IEP de Paris, chercheuse associée au CERI, spécialiste de l’Irak et du monde arabe, publie un essai sur l’Irak, et la conséquence de l’occupation étrangère, en lien avec l’état Islamique.

LES CONSÉQUENCES DE LA CHUTE DE SADDAM HUSSEIN
L’état islamique, apparaît aujourd’hui, dans les médias et les représentations politiques, comme l’adversaire absolu de l’occident, celui qui multiplie attentats et actes de barbarie, qui met le moyen orient à feu et à sang, et qu’il faut combattre à tout prix.
À l’origine de cet état de guerre perpétuelle et de ce chaos dans lequel ont sombré les populations civiles, il y a bien entendu l’intervention américaine du printemps 2003, qui fit des sunnites, accusés d’avoir soutenu le régime de Saddam Hussein, des parias dans le jeu politique irakien, et qui a laissé derrière elle un champ de ruines.

LES CONSÉQUENCES DU PARTAGE DES RESTES DE L’EMPIRE OTTOMAN

Le partage du Moyen Orient par les puissances coloniales britanniques et françaises à la suite de la Première Guerre mondiale, et du démembrement de l’empire Ottoman, est également un facteur de déstabilisation de la région.
En effet on a créé des frontières ex nihilo qui convenaient aux autorités mandataires, mais ne recouvraient aucune réalité historique, comme c’est souvent le cas.

LE COMMUNAUTARISME
L’auteur montre clairement, comment les Américains ont réussi, à créer un communautarisme pour la minorité sunnite.
Ils n’ont jamais cherché à gagner le cœur des sunnites, à prévoir une sortie de crise.
Comme le rappelle l’auteur, l’Irak a toujours été une nation déchirée, depuis sa création en 1921.
On a mis à la tête de ce pays un monarque étranger Fayçal, après la chute de l’empire ottoman.
La greffe n’a pas pris.
L’auteur présente les différents facteurs de trouble et de division :
La religion
Les ethnies différentes
Le nationalisme
Le panarabisme
Les Kurdes
Le parti Baas
Saddam Hussein
Les monarchies pétrolières
L’Iran

Tout ceci a pour conséquence une situation explosive, et très compliqué.
Une réflexion d’ensemble, de la communauté internationale est nécessaire.
Une intervention brutale militaire, sans plan de régulation politique, est vouée, à l’échec.
Il convient de favoriser une période de transition, quand l’état islamique aura été vaincu.

Irak, la revanche de l’histoire. De l’occupation étrangère à l’état islamique, Myriam Benraad, éditions vendémiaire, février 2015,281 pages, 22 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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