Musique

Dernière de Carmen à l’Opéra comique

01 juillet 2009 | PAR Yaël Hirsch

Particulièrement bien adaptée à un opéra du XIX e siècle Français, la salle Favart a fait un triomphe à Sir John Eliot Gardiner et son orchestre révolutionnaire et romantique hier, pour la dernière d’un « Carmen » au rythme endiablé.

Livret sulfureux, airs passés dans la culture populaire ( « La garde montante’, « L’amour est enfant de bôheme », « Près des ramparts de Séville », « Toreador, prends garde »…), « Carmen » est probablemet le joyau de l’opéra Français du XIX e siècle. Et l’une des rares oeuvres lyriques écrites dans un Français littéraire et complexe, où l’énonciation des mots fait partie intégrante du plaisir du chant. Dans cette « Carmen » très internationale et dirigée par une baguette britannique so chic, tout était beau, jusqu’aux choristes sur la scène. Mais hier soir, ce n’est pas tant la mise en scène très joliment classique de Adrian Noble, toute droite sortie d’une toile de Murillo, que la qualité de l’execution musicale et des voix qui a scotché le public à ses sièges pendant plus de 3 heures et par plus de trente degrés.

Pas tout à fait assez incendiaire au rôle de la femme fatale imaginée par Mérimée, l’italienne Anna Caterina Antonacci a cependant encore une fois prouvé qu’elle était l’une des grandes voix de la scène internationale, et a esquissé avec grâce quelques pas de seguedille chez Lilas Pastia. En face, en Don José plutôt sexy, le britannique Andrew Richard était assez inégal, mais a prouvé son talent sur le plus bel air de son personnage: « La Fleur que tu m’avais jetée ». Elegant, chaleureux, et délicieusement macho, Nicolas Cavalier fut un toréador idéal. Enfin, la révélation lyrique de ce « Carmen » est la féérique Anne-Catherine Gillet dont la voix cristalline a redonné toute son importance au personnage secondaire de Michaëla.

Quant au maestro Gardiner, sa direction très rythmée est son orchestration aussi précise qu’énergiques ont simplement été admirables. Sur le cadavre de Carmen, c’est donc une autre grande histoire d’amour qui commence entre un Gardiner sorti de son répertoire baroque et le public Français. Cette entente plus que cordiale reprend l’an prochain à l’Opéra comique, avec un « Péléas et Melisande » de Debussy et dirigé par Gardiner programmé pour juin 2010. A réserver aussi rapidement que possible…

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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