Musique

Dead can dance, la résurrection

10 août 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

On avait fait notre deuil, plus jamais la voix de Brendan Perry ne croiserait celle de Lisa Gerrard. Et bien, tel un miracle, débarque le 13 août le nouvel album de Dead Can Dance, Anastasis, résurrection en grec…

On les avait quittés en 1996 avec Spiritchaser, si un live les avait fait remonter sur scène en 2005, cet album studio etait devenu un mythe. Par communiqué « Perry dit que le duo parlait de faire un nouvel album depuis la deuxième tournée mondiale de Dead Can Dance, en 2005. Mais cette longue tournée a été épuisante, et la motivation n’étant pas suffisante, le projet a été mis en veilleuse jusqu’à ce que leurs calendriers puissent à nouveau se synchroniser – pas si facile, puisque Perry vit dans le centre de l’Irlande, le pays de ses ancêtres, où Anastasis a été enregistré (dans le studio de Perry, Quivvy, une église reconvertie) et que Gerrard vit dans le sud de l’Australie. Un jour, ils ont quitté Melbourne pour Londres, investissant plusieurs étages d’un HLM et mettant le peu qu’ils avaient dans leur musique. »

20120810-141831.jpgEt voila qu’Anastasis livre huit titres magnifiques totalement ancrés dans l’esprit de Toward the within et de l’ensemble des titres produits chez 4AD, le label, notamment, des Pixies.
L’album se déroule dans une alternance de chansons mettant en valeur dès l’ouverture, children of the sun, la voix de Brendan Perry. Vient ensuite la contre-alto pour Anabasis, un morceau où les inspirations liturgiques flirtent avec la cold wave chère au groupe.
Elle continue avec Agape, glissant vers un doux orientalisme, elle laisse la place au baryton pour un envoutant Amnésia, puis, elle nous emmène dans des Indes fantasmées pour Kiko.
Avec Opium, c’est lui qui nous décrit, violons lyriques à l’appui, cette sensation d’être un oiseau en équilibre. La base rythmique orientale vient apporter au titre la part de magie qu’il sait magnifier.
Lisa est irlandaise et l’album a été enregistré dans son pays dans une ancienne église. C’est naturellement que la cornemuse apparaît, avec élégance bien sûr, associée aux timbales pour Return of the She-King où les voix se mêlent pour un instant totalement baroque, cor de chasse à l’appui de la douce et grave voix de Perry associée à la limpidité de Gerrard.
On finit cette ballade d’un autre temps, dans des terres médiévales où les fées sont reines avec un All in good lyrique et métallique. C’est avec Perry que l’album se conclut comme il a commencé. Dans une déclamation religieuse où il demande : « show me the sign ».

La force de cette œuvre réside dans l’écriture musicale qui puise dans un proche-Orient pacifié ayant son cœur dans une Grèce forcement antique. L’ensemble est pluriel, kaléidoscopique, magique.

Ce retour fait l’effet d’une bombe, le concert prévu au Grand Rex le 27 septembre affiche complet.

Visuel : pochette de l’album

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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