Classique
Pour notre plus grande joie, La Seine musicale accueille Le « BBC Philarmonic » et la violoniste Arabella Steinbacher.

Pour notre plus grande joie, La Seine musicale accueille Le « BBC Philarmonic » et la violoniste Arabella Steinbacher.

21 octobre 2019 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le 16 octobre 2019 l’orchestre « BBC Philarmonic » s’est produit à la Seine Musicale sous la direction de John Storgards. Le programme comportait la Nymphe des bois de Jean Sibelius, le concerto n° 2 de Serguei Prokofiev avec en soliste

et la symphonie n°3 « Rhénane » de Robert Schumann.

L’orchestre « BBC Philarmonic » a été fondé en 1922 ; basé à Manchester il est financé par la BBC. John Storgards est né en 1963 à Helsinski où il a étudié le violon au conservatoire Jean Sibelius. A partir de 2003 il va se consacrer à une carrière de chef d’orchestre. Il est depuis 2012 le « Chef principal invité » du BBC Philarmonic. Arabella Steinbacher est née à Munich en 1981 d’un père allemand, pianiste et d’une mère japonaise. Elle a débuté le violon à l’âge de 3 ans et elle mène depuis 2004 une carrière internationale de soliste, jouant sur un Stradivarius 1716.

Inspiré par Liszt et par le poète suédois Viktor Rydberg, Jean Sibelius (1865-1957) a composé en 1895 le poème Symphonique « La nymphe des bois ». Attiré dans l’univers mystérieux d’une forêt, le héros se retrouve prisonnier d’une nymphe maléfique. Dès le début les cors exposent le thème alors que le bruit sourd de la forêt est rendu, comme un leitmotiv, par les cordes. Puis le bruit de la forêt se fait plus intense, la musique plus ample et plus dissonante aussi. Elle devient impétueuse, on imagine le héros se débattre contre son sort. Les violons reprennent le thème, c’est le chant de séduction de la nymphe. Puis le bruissement des cordes reprend comme dans une ballade romantique en forêt. A la fin du poème symphonique l’auditeur est pris dans une vague montante, un long crescendo évoquant les souffrances du héros et le déchainement des éléments. Puis la musique s’éteint subitement en quelques mesures. Jean Sibelius « peintre et poète des notes » laisse bien dans ce poème symphonique le champ libre à l’imagination du spectateur.

Le concerto pour violon n° 2 de Prokofiev a été crée à Madrid en décembre 1935, peu avant son retour en URSS. De structure assez classique, cette œuvre sera populaire. Arabella Steinbacher apparait dans une longue robe rouge, contraste saisissant avec le noir et le blanc des costumes des musiciens de l’orchestre. Elle débute seule, le premier mouvement. L’auditeur est touché d’emblée par la beauté du timbre du violon, sa chaleur, sa suavité. Puis le dialogue s’engage avec l’orchestre. Les passages lyriques alternent avec les moments plus rythmés, syncopés et dissonants. La virtuosité de la soliste est alors au rendez vous .Le deuxième mouvement est mélodieux, le chant du violon, magnifique, plane au dessus de l’orchestre puis le violon et l’orchestre se fondent harmonieusement. Le troisième mouvement laisse une plus grande place à l’orchestre. L’orchestration est résolument moderne, la musique est rythmée, percutante grâce aux castagnettes, cors et percussions. La virtuosité de la soliste est impressionnante et les roulements de tambour donnent un éclat final au concerto.
La symphonie n°3 Rhénane a été crée par Robert Schumann (1810- 1856) à Düsseldorf le 6 février 1851.C’est une période de répit et d’optimisme pour le compositeur, heureux de retrouver la Rhénanie. La symphonie est dédiée au Rhin « am Vater Rhein », ce fleuve mythique du romantisme allemand. John Storgards jette l’orchestre dans un premier mouvement animé, tumultueux. La musique rend hommage à la force du fleuve, grâce à la puissance de l’orchestre symphonique. Le deuxième mouvement évoque une matinée ensoleillée au bord du Rhin. La musique est charmante, joyeuse, presque dansante, comme dans une fête villageoise. L’intermezzo reste dans la joie la légèreté. C’est délicat, galant, mélodieux. Le quatrième mouvement « Feierlich » a été inspiré par la cathédrale du Cologne, ce monument grandiose si important dans le romantisme et le renouveau national allemand. Le thème lent, solennel est exposé par les cors puis repris en fugue, par l’orchestre. La musique est majestueuse, splendide, émouvante. Les accords impétueux et les trompettes donnent à la coda une tonalité de cérémonie religieuse. Le dernier mouvement est rapide, emprunt de gaité populaire. C’est un crescendo, un emballement, une véritable performance « sportive » pour les musiciens et leur chef. Le rythme toujours plus soutenu amène à une apothéose triomphale.

John Storgards et l’orchestre BBC Philarmonic ont déployé leurs talents, leur dynamisme, leur virtuosité dans trois œuvres très différentes, originales. L’auditeur aura été ému, ravi par le chant envoutant du violon d’Arabella Steinbacher. Pour son plus grand plaisir le spectateur est immergé au cœur du romantisme allemand et de la mythologie nordique.

visuel : affiche du concert(c) BBC Philharmonic 

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Jean-Marie Chamouard

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