Classique

Avec Paul Agnew, un concert sans fausse note pour clore le week-end Bach de la Philharmonie de Paris

Avec Paul Agnew, un concert sans fausse note pour clore le week-end Bach de la Philharmonie de Paris

04 avril 2018 | PAR Bénédicte Gattère

Le week-end pascal consacré à Bach (week-end Flash Bach) à la Philharmonie se clôturait mardi soir par un dernier concert vocal donné par Les Arts Florissants. Consacré aux motets religieux du grand compositeur allemand, il se tenait dans la  Salle des concerts de la Cité de la Musique. 

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Ce soir-là, le 3 avril, l’illustre ensemble baroque interprétait ces compositions polyphoniques que l’on appelle « motets », pièces religieuses qui ne sont ni des messes ni des oratorios, en allemand et en latin. Paul Agnew, directeur musical adjoint et chef associé adoubé par William Christie, lui-même ténor,  – ne l’oublions pas  – dirigeait. Il a choisi de mettre au programme en contrepoint des motets de Bach, l’un de ceux de Johann Kuhnau, – son prédécesseur à la fonction de chef de chœur (« Kantor ») de l’église de Leipzig. Il a par ailleurs précisé qu’au fond la paternité de ces morceaux n’était pas si importante car la signature « Herr Bach » figurait sur chacun, ne permettant pas de déterminer formellement s’ils étaient de la main de Johann Sebastian Bach, ou du fils, ou bien du frère, dans cette grande famille de musiciens… Profondément empreints de religiosité, les motets sont des œuvres jouées lors de funérailles ou de célébrations commémoratives. Leur aspect grave et sévère n’en fait par conséquent l’un des répertoires de Bach les plus joués. Le concert à la Cité de la musique a ainsi contribué à les (ré)entendre dans une version impeccable.

Les sources n’ont pas permis jusqu’ici de se prononcer sur la façon d’interpréter cet ensemble d’œuvres de Bach. Alors qu’on ne sait donc pas de quelle manière elles étaient jouées à l’origine, a cappella ou avec instruments, Paul Agnew a choisi la première option pour les morceaux « Lobet den Herrn, alle Heiden » (« Louez le Seigneur, toutes les nations », BWV 230) et « Tristis est anima mea » de Kuhnau lors de la deuxième partie du concert. Les célèbres morceaux « Komm, Jesu, Komm » (« Viens, Jésus, viens », BWV 229) et « Jesu, meine Freude » (« Jésus, ma joie », BWV 227) ouvrait et refermait quant à eux une première partie de concert qui pouvait paraître un peu longue pour tous ceux qui n’étaient pas d’authentiques férus du Kantor. Après l’entracte cependant, les morceaux attaqués étaient plus enjoués. La voix de la soprano Natasha Schnur, dans ses envolées, était particulièrement mise en valeur. Elle réussissait à transporter les auditeurs vers des hauteurs tout bonnement célestes ! Les Arts Florissants, formation résidente de la Philharmonie de Paris, a offert pour l’heure un beau concert sans surprise, emmené par un Paul Agnew très sage et mesuré.

Visuel : © DR

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Bénédicte Gattère
Étudiante en histoire de l'art et en études de genre, j'ai pu rencontrer l'équipe de Toute la culture à la faveur d'un stage. L'esprit d'ouverture et la transdisciplinarité revendiquée de la ligne éditoriale ont fait que depuis, j'ai continué à écrire avec joie et enthousiasme dans les domaines variés de la danse, de la performance, du théâtre (des arts vivants en général) et des arts visuels (expositions ...) aussi bien que dans celui de la musique classique (musique baroque en particulier), bref tout ce qui me passionne !

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