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Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle : Un talentueux duo à l’auditorium de Radio France

Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle : Un talentueux duo à l’auditorium de Radio France

19 janvier 2021 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le 17 Janvier 2021, à l’auditorium de Radio- France, les pianistes Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle ont interprété la Danse Macabre de Camille Saint- Saëns , la sonate en si mineur de Franz Liszt et des œuvres de Cécile Chaminade lors d’un concert sans public . Il sera diffusé prochainement sur France Musique.

Ludmila Berlinskaïa est une pianiste russe née à Moscou le 30 Décembre 1960. Formée au conservatoire de Moscou, elle sera la fille spirituelle de Sviatoslav Richter. Elle aura aussi une brève carrière d’actrice. Vivant à Paris depuis 1990, elle a fondé, en 2011, avec son mari Arthur Ancelle un duo de pianistes. Arthur Ancelle, est un pianiste français, célèbre également pour ses transcriptions. Un duo de pianistes pour un duo de compositeurs : ce concert met en lumière l’amitié et l’étroite collaboration musicale entre Camille Saint- Saëns et Franz Liszt.

Le concert débute par la Danse Macabre de Camille Saint Saens (1835 -1921). Ce poème symphonique, composé en 1874 s’inspire du moyen âge et de son folklore. Au quinzième siècle, les danses macabres étaient jouées dans des représentations populaires et peintes dans les églises pour conjurer les souffrances d’alors, comme la guerre de cent ans, les famines ou les épidémies de peste. Nous écoutons la version pour deux pianos de Saint-Saëns. Il est minuit, Satan apparait et mène une ronde nocturne effrénée, la ronde des morts et des squelettes. Au-delà de la beauté du thème musical, la danse est entrainante, enivrante. Mais la musique se fait parfois espiègle ou mélancolique. L’énergie, la fougue des deux pianistes sont au service de cette œuvre captivante. Quelques notes lentes se détachent : c’est le chant du coq, le départ furtif du diable, la fin de la danse.

La sonate en si mineur pour piano est la seule composée par Franz Liszt (1811-1886). Elle a été écrite à Weimar en 1852-1853 et le compositeur s’est inspiré du mythe de Faust. On a parlé de « Faust symphonie » à propos de cette œuvre gigantesque, révolutionnaire. La sonate est jouée d’un seul tenant. Cet après- midi, est interprétée la version pour deux pianos, transcrite par Saint- Saëns en 1914 à la demande de Liszt. Après la gravité de l’entrée, la fluidité des « gammes tsiganes », les thèmes se déploient et s’entremêlent. La référence à Faust, Méphistophélès et Marguerite est permanente. La musique est surprenante, moderne, contrastée : la plénitude et la puissance alternent avec des moments de mélodies douces et sublimes. L’interprétation des deux pianistes est à la hauteur de cet immense poème pianistique. L’audition de cette sonate suscite émotion, fascination, recueillement.

Cécile Chaminade (1857-1944) compositrice et pianiste française, laissera à la postérité 400 œuvres, d’inspiration romantique dont 200 pour piano. Deux pièces de Cécile Chaminade pour deux pianos s’intercalent entre Saint-Saëns et Liszt. La Valse Carnavalesque introduit légèreté, gaité, insouciance, grâce à une belle mélodie et beaucoup de virtuosité. Le Pas des cymbales, est une musique rythmée entrainante, ludique mais qui nécessite aussi une grande vélocité.

Retour à Camille Saint Saens, avec le Caprice Héroïque composé en 1898. La pièce forme quasiment des variations, certains passages étant très romantiques, d’autres frappant par la rapidité et la puissance comme lors des accords finaux, très spectaculaires. Le concert se termine par la Danse Macabre dans la version pour piano de Liszt, réarrangée par Vladimir Horowitz. Cette version a été retranscrite pour deux pianos par Arthur Ancelle qui nous la présente ce soir. Une version peut être plus rapide, plus spectaculaire et toujours aussi enivrante.

La Danse Macabre et la Sonate en si : Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle ont interprété deux œuvres majeures du répertoire romantique pour piano. L’auditeur aura été séduit par leur complicité et par leur interprétation à la fois délicate et fougueuse.

visuel : couverture d’album

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Jean-Marie Chamouard

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