Classique

L’ONPL et Jean-Efflam Bavouzet mettent le piano à l’honneur

L’ONPL et Jean-Efflam Bavouzet mettent le piano à l’honneur

17 janvier 2019 | PAR Sarah Reiffers

L’Orchestre National des Pays de la Loire continue sa saison avec « Petrouchka », programme rassemblant deux œuvres de Rachmaninov et une de Stravinsky. Il met ainsi à l’honneur le piano et profite de l’occasion pour inviter Jean-Efflam Bavouzet, musicien virtuose et enchanteur. 

Pour son premier concert de l’année 2019 l’ONPL a choisi de mettre à l’honneur le piano, rassemblant deux célèbres œuvres du répertoire : la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov, et Petrouchka de Stravinsky. Et c’est le splendide poème symphonique Le rocher, de Rachmaninov encore, qui ouvre la soirée. Trois œuvres russes composées au tournant du 19ème siècle, nourries des harmonies orientalisantes de Rimski-Korsakov, et qui se basent sur un matériel déjà existant que ce soit un texte littéraire, le folklore russe ou un thème musical.  

Le rocher s’inspire d’une nouvelle d’Anton Tchekhov, En voyage (1886), qui relate la rencontre d’un homme et d’une femme dans un refuge en montagne. Malgré leur attirance mutuelle, les deux individus doivent se séparer. L’œuvre de Rachmaninov retranscrit musicalement toute la palette des premiers sentiments amoureux, la timidité, l’allégresse, la fatalité de l’au-revoir. En résulte une composition délicate et féérique, marquée par l’écriture de Tchaïkovski. Rachmaninov impose à sa partition beaucoup de retenue, celle-là même que l’on peut imaginer dans les gestes des amoureux. Son Rocher enchante, et placé en introduction à la soirée il plonge le public dans une sorte d’apaisement merveilleux. L’apaiser pour mieux le surprendre par la suite, certainement. Car succédant aux dernières notes, Jean-Efflam Bavouzet entre en scène. Et flanqué de l’ONPL il s’attaque à la Rhapsodie de Rachmaninov, exercice de virtuosité pour le pianiste qui se livre à un jeu d’imitations, d’unions et d’émancipation avec les différents corps de l’orchestre.  Après l’entracte c’est le rythme rapide et saccadé de Petrouchka, brassant les influences musicales, qui s’impose. Là aussi, maîtrise et virtuosité s’exigent.

Jean-Efflam Bavouzet est un habitué au répertoire large (Ravel, Debussy, Prokofiev, Mantovani…) qui n’a plus besoin de prouver son talent. Mardi soir son interprétation de la Rhapsodie était joyeuse, enjouée et sans fausse note. Le pianiste et le chef (Pascal Rophé) semblaient avoir vendu corps et âme à la musique, et à Rachmaninov en particulier. Très chaleureusement salués par le public, ils ont même rejoué la 18ème variation une deuxième fois, pour le plaisir.

 

Visuel : ONPL

 

 

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