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Le maestro Claudio Abbado est mort

Le maestro Claudio Abbado est mort

20 janvier 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Le grand chef d’orchestre, originaire de Milan, est mort aujourd’hui à 80 ans. Sa brillante carrière, son insatiable curiosité et sa générosité resteront.

Claudio AbbadoDepuis plus de dix ans, Claudio Abbado luttait contre un cancer de l’estomac, qui avait rendu ses apparitions sur scène moins fréquentes mais aussi plus émouvantes. A chaque concert, la question se posait : allait-il tenir ? Il tenait. La maladie l’a emporté en ce lundi.

Il laisse une empreinte rare dans le monde musical. Tout en suivant une ligne artistique très personnelle, il a été amené, au cours de sa carrière, à prendre la direction des plus grandes institutions de musique classique d’Europe. Il fut, à partir de 1968, directeur de la Scala de Milan –ville où il était né en 1933- puis du London Symphonic Orchestra, et enfin de l’Opéra de Vienne. En 1990, il accéda à la direction de l’Orchestre philarmonique de Berlin.

Ces fonctions n’atténuèrent jamais son insatiable curiosité, pas plus que son envie de renouveau. Passionné par l’Allemagne et l’Europe centrale, il quitta cependant son poste à Berlin en 2002 et fonda l’Orchestre Mozart de Bologne, qu’il dirigeait encore à sa mort, en 2004. Il prit le parti, également, de redynamiser le Festival de Lucerne, en Suisse, en invitant les plus grands musiciens européens à venir y jouer ensemble et en rétablissant l’Orchestre en résidence. En août dernier, il y effectua d’ailleurs sa dernière direction, avec Franz Schubert –Symphonie inachevée– et Bruckner et sa Symphonie n°9. On se souvient également de lui pour sa collaboration avec des metteurs en scène de théâtre au Piccolo Teatro de Milan, Giorgio Strehler et Luca Ronconi notamment, pour l’attention qu’il portait à la qualité, plus qu’à la quantité, des productions musicales dans les lieux qu’il dirigeait, et pour sa capacité à diriger des œuvres par cœur. Sa générosité reste célèbre également. Opposé, dans sa pratique de chef d’orchestre, aux comportements autoritaires, nommé sénateur en Italie, il tint par exemple à faire don de sa paye pour la formation des jeunes musiciens. Et pour son retour sur la scène en 2010, il demanda à ce que 90 000 arbres soient plantés à Milan.

De nombreuses villes italiennes, marquées par sa personnalité, lui rendent aujourd’hui hommage : Milan, Bologne, mais aussi Florence. Ses admirateurs, réunis sous le nom d’ « Abbadiani », multiplient les manifestations en son honneur. En France, tendez bien l’oreille : on risque d’entendre à nouveau les œuvres de Gustav Mahler, de Rossini ou de Giuseppe Verdi jouées sous sa direction.

Visuel : © pochette disque Symphonies de Mozart par Claudio Abbado

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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