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Le festival Dans les jardins de William Christie fête ses 10 ans

Le festival Dans les jardins de William Christie fête ses 10 ans

24 août 2021 | PAR Victoria Okada

Le Festival Dans les Jardins de William Christie revient sous forme quasi normale après une année difficile. Pour marquer ce retour, deux autres événements accompagnent la festivité : la 10e édition de l’académie du Jardin des Voix et le retour des jeunes danseurs et musiciens de la Julliard School de New York.

Promenades musicales dans les jardins


Sous le soleil radieux, la verdure des jardins que William Christie a crée et recrée avec soin depuis plus de 35 ans, resplendit. Dès 16 heures, dans différents coins de ce paradis, inspiré de l’art des XVIIe et XVIIIe siècles, on assiste en petit groupe à des concerts en plain air. Duo de violon et hautbois, de violon et alto, petit ensemble avec danseurs, ensemble avec flûte, hautbois et basson, ou encore quintette à cordes… Les musiciens des Arts Florissants sont rejoints par des élèves de la Julliard School ; une expérience inestimable pour ceux qui ont pu traverser l’océan Atlantique, car certains n’ont pas pu quitter leur pays pour la raison que l’on connaît.
Pour assister à ces concert d’un format court de quinze à vingt minutes, les uns se déplacent au gré de leurs envies tandis que les autres ont déjà établi leurs itinéraires. Ainsi, dès l’ouverture du jardin à 15h30, plusieurs files se forment en direction de différents points de rencontre, les habitués avec leurs sièges sous les bras.
Les titres de ces rencontres musicales sont alléchants et attirants : Love’s Sweet Passions ; Meurtre dans un jardin français ; Affabulateurs ; Bocchérini l’oiseleur… et ce à La Pinède, au Mur des cyclopes, au Pont chinois… Ils proposent ainsi en version moderne une pratique musicale assez courante des XVIIe et XVIIIe siècle. Les images de peintures pastorales de Poussin ou de Boucher ne sont pas loin !
Au bout de deux heures, les promeneurs convergent sur La Terrasse, devant le bâtiment principal où, dans la journée, les musiciens répètent leurs concerts. Le contrebassiste et compositeur Douglas Balliett y crée, comme chaque année depuis cinq ans, une nouvelle cantate. Cette année, Metamorphoses au jardin : Baucis & Philemon. Il récite lui-même son texte d’après un mythe, un peu à la manière de lecture rythmé de poésie,  avec des ponctuations de chant et accompagné de sept musiciens.

Grand concert sur le Miroir d’eau et Correspondances musicales


Le 21 août à 20 heures, on assiste à Partenope de Haendel sur le Miroir d’eau, avec une mise en espace intelligemment pensée par Sophie Daneman. Dans le rôle-titre, la soprano portugaise Ana Vieira Leite impressionne par la clarté de son timbre et sa souplesse, et le contre-ténor Hugh Cutting par la noblesse de sa tenue vocale. L’œuvre, rarement représentée, est donnée en version réduite sous la direction extrêmement attentionnée de William Christie. (compte rendu détaillé sur vivace-cantabile.com)
Le dimanche 22 à 20h30, à l’église de Thiré, un programme de « Correspondances musicales » met en parallèle deux compositions intitulées Mein Herze schwimmt in Blut (Mon cœur baigne dans le sang), l’une de Christoph Graupner, l’autre de J.S. Bach. Elles sont sur le même texte, en ut mineur, possèdent le même plan harmonique, ont presque la même structure tonale et ce, en sept mouvements. Sous la direction de Paul Agnew, la mezzo soprano Lea Desandre chante ces deux cantates tout en mettant une fois de plus en valeur son timbre splendide, mais d’une manière très italianisante. Quant à l’ensemble instrumental, des couacs s’entendent ça et là, assez nombreux à vrai dire. Le contrebassiste que l’on a écouté quelques heures plus tôt sur La Terrasse a quelques incertitudes, ainsi que le hautboïste qui subit visiblement des difficultés, probablement à cause de l’humidité. La basse continue est parfois excessivement sonore et casses les proportions de l’ensemble. En revanche, le violon de Tami Troman et surtout la viole de gambe de Myriam Rignol font des merveilles, par leur expressivité et simplicité.

Méditations en musique


Pour terminer la journée, nous revoilà à l’église pour un concert intimiste aux bougies, « comme une invitation au silence et à la réflexion ». Nous avons écouté deux des cinq programmes proposées : « O Maria quam pulchra es » avec Paul Agnew et « In Nomine : consort de violes » en consort de quatre violes. Ce dernier commence par les douze coups sur une clochette mis en musique, suivi d’un moment absolument exquis. On n’applaudit pas à la fin pour prolonger l’atmosphère de recueillement. C’est ainsi que l’on quitte l’église, silencieux, pour une nuit sereine.

crédits photos : Promenades musicales et méditations © Julien Gazeaux ; Partenope © Jay Qin

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Victoria Okada

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