Classique
La salle Cortot à la maison, avec Proust en Chausson(s) et Jérôme Pernoo

La salle Cortot à la maison, avec Proust en Chausson(s) et Jérôme Pernoo

15 janvier 2021 | PAR Gilles Charlassier

Fermée au public en raison de la crise sanitaire, la salle Cortot accueille une soirée du Centre de Musique de Chambre de Paris, diffusée sur RecitHall.

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La pandémie ne cessant de repousser, pour de longues semaines, sinon de longs mois, le retour du public dans les salles, le Centre de Musique de Chambre de Paris, sous la houlette de Jérôme Pernoo, son initiateur et directeur artistique, a choisi de rejoindre les spectateurs dans leur foyer, par écran et RecitHall interposés. En trois parties, le programme du jeudi 14 décembre, capté et diffusé en direct depuis la salle Cortot, met en avant l’identité même de cette jeune institution, née il y a six ans, pour permettre aux jeunes interprètes de se perfectionner dans le répertoire de chambre.

C’est ainsi que la soirée s’ouvre sur le Trio n°1 opus 1 de Beethoven, par le Trio Sora, dans le cadre d’une intégrale des Trios avec piano du compositeur allemand, joués dans l’ordre chronologique, dans la foulée de leur gravure discographique paru chez Naïve l’automne dernier. A 20h30, depuis la page Facebook du Centre, Jérôme Pernoo fait découvrir, en podcast, quelques extraits d’une œuvre en cours d’écriture par un jeune compositeur – ici deux mélodies – et dont le financement est soumis à une participation collective auprès des auditeurs. Une sensibilité néo-romantique est considérée comme un gage de succès auprès d’un large public, en marge des expérimentations modernistes.

Mais c’est surtout le Concert de Chausson, joué par six jeunes solistes de la troupe du Centre de Musique de Chambre de Paris, mis en perspective avec des extraits de la Recherche du temps perdu – d’où le clin d’oeil humoristique dans le titre de la soirée – lus ou récités par Léo Doumène, après quelques phrases introductives de Jérôme Pernoo scandant ce digest de la pensée proustienne sur la musique. L’esquisse scénographique et les éclairages animent le plateau, en renouvelant l’approche d’une œuvre musicale, inscrite à la fois dans l’art de son temps, et sorti des codes usuels du classique. A la fois ludique et didactique, le concept est assumé avec un plaisir communicatif par les interprètes.

Le Centre de Musique de Chambre de Paris réserve d’autres rendez-vous prochains, à l’instar de Bach & (no)breakfast le dimanche 24 janvier à 11 heures, avec Laurent Naouri, ou encore une soirée Feshly composed, le 4 février à 20 heures, consacrée aux créations des jeunes compositeurs présentées au fil des vignettes insérées dans les concerts produits par la salle cette saison. Même sans public, la salle Cortot et le Centre de Musique de Chambre de Paris, avec un sens non négligeable de la communication décalée, ne restent pas endormis, pour que la musique vive, et accessible au plus grand nombre.

Gilles Charlassier

Centre de Musique de Chambre de Paris, 14 janvier 2020, et jusqu’au 30 janvier 2020 sur RecitHall

© Jean-Baptiste Millot

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