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La flûte et l’Espagne à l’honneur à l’Auditorium de Radio France

La flûte et l’Espagne à l’honneur à l’Auditorium de Radio France

07 novembre 2019 | PAR Jules Bois
Ce mercredi 30 octobre à l’Auditorium de Radio France, se tenait un concert avec la flûte à l’honneur en première partie, et l’Espagne en seconde !
 
La Sonate n°2 pour flûte, alto et harpe en fa majeur de Debussy ouvrait le concert, sur une scène plongée dans l’obscurité, d’où ne se détachait dans la lumière que les trois interprètes de la pièce. Quoi de mieux qu’une ambiance aussi apaisante pour cette sonate aux sonorités si peu communes, permises par l’association de ces trois instruments ! Composée à la fin de sa vie, cette sonate est l’une des trois composées dans son projet des Six sonates pour divers instruments, inachevé. L’expressionnisme qui se dégageait de cette interprétation était si justement retransmit ! Mais la géniale myriade de combinaisons de timbre, et de thèmes aux caractère si mélancolique qui constituent cette œuvre ne nous préparait en rien à la pièce suivante.
 
Saccades, concerto pour flûte et orchestre de Philippe Manoury fermait la première partie. Une œuvre assez difficile d’accès, peut-être comme ont pu l’être les compositions de Debussy en leur temps. Si la musique est un langage, l’évolution de cette langue est peut-être plus rapide que l’apprentissage par le plus grand nombre de celle-ci. La performance du flûtiste Emmanuel Pahud était au demeurant impressionnante de virtuosité. La flûte toujours hâtive semblait fuir l’orchestre, qui tissait une toile mélodique inquiétante autour d’elle, sans jamais l’attraper. La dernière note laissée presque en suspend par Emmanuel Pahud achevée, le compositeur descend, l’air ému, et salut avec le chef d’orchestre, Fabien Gabel et Emmanuel Pahud.
 
Après l’entracte était interprété la Rapsodie espagnole de Maurice Ravel. Quelle espièglerie que la musique de Ravel ! D’abord une atmosphère presque inquiétante avec le Prélude à la Nuit, la pièce se refuse à quelque repos de nuance, change en permanence de thème, ne reste jamais en place. Un certain côté champêtre nous faisait facilement imaginer un faune malicieux gambadant dans les prés de la puérilité. La performance au hautbois de Hélène Devilleneuve était chaleureusement acclamée à l’issu de la pièce.
Venait juste à la suite une autre pièce de Ravel, l’Alborada del gracioso ou l’aubade du bouffon. Très courte, cette pièce très populaire est une retranscription pour orchestre faite par Ravel en 1919 de sa quatrième pièce pour piano des Miroirs. Un joyeux pèle-mêle de mélodies hispanisantes et turbulentes tournoient dans cette version orchestrale.
 
Iberia de Debussy clôturait le concert. Issue d’une Espagne imaginée, cette orchestration initialement prévue pour deux pianos devint la deuxième partie des Images pour orchestres. Terminer cette deuxième partie sur le thème de l’Espagne vue par Debussy faisait sens. Mais l’impressionnisme plus posé du compositeur en comparaison de la turbulence de Ravel dont on se remettait à peine faisait paraître Ibéria comme étant un peu terne, au moins aux deux premiers mouvements. Mais la troisième partie, Le matin d’un jour de fête venait rétablir la vitalité du concert, pour un final enthousiasme, jusque dans les applaudissements !
 
Visuel : © Radio France/Christophe Abramowitz
 
 
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Jules Bois

One thought on “La flûte et l’Espagne à l’honneur à l’Auditorium de Radio France”

Commentaire(s)

  • Javi Ambite

    bonne musique!!!
    heureusement que le concert ait été diffusé sur radio France Culture (https://radioenlignefrance.com/france-culture)
    Vivre est certainement meilleur – mais l’atmosphère a été transmise et donc …

    novembre 13, 2019 at 10 h 29 min

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