Danse

« Moving in concert », Mette Ingvartsen et les corps lumineux

« Moving in concert », Mette Ingvartsen et les corps lumineux

07 novembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Nous retrouvons la chorégraphe danoise, qui avait fortement émoustillé Paris avec son torride 7 pleasures en 2015, une nouvelle fois au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne et avec le soutien du programme New Settings de la Fondation Hermès. Du beau monde donc, pour un spectacle à l’esthétique fine.

Pour Moving in concert, les danseurs sont comme toujours chez Mette, vêtus d’académiques aux couleurs vives. Tous sont en orange, sauf un, en rose. Tous portent un néon en led, un grand tube lumineux, sauf un (interchangeable) qui semble l’élu, portant un bâton tordu, comme celui d’un sorcier. La chorégraphe semble dire que l’unité du groupe n’est jamais possible.

L.a pièce interroge le flux et les interactions. Les corps, d’abord indépendants dans un long prologue, sont les moteurs de ce que l’on perçoit. La lumière ne vient que d’eux et elle change en fonction de leurs postures. Ils sont tous de corpulences différentes, ce qui ajoute à la sensation de singularité.

Bien construit, le spectacle avance vers des images d’amas, que Mette Ingvartsen maîtrise. Elle se place dans une forme de danse à la fois rétro et très actuelle. Les néons appellent Forsythe et les académiques colorés hurlent le nom de Cunningham. Disons qu’elle a de bonnes références et qu’elle se place dans l’héritage de la post modern dance. Elle est dégagée du mouvement, ce qui l’intéresse c’est l’interaction entre les interprètes. 

Dans cette pièce où les bras sont corsetés par les tubes de led, les formes sont géométriques. Pour évoluer sans lâcher prise, le geste doit se tordre et les épaules s’ouvrir. L’allure de ce magma devient compact même quand tous sont embarqués dans une réflexion sur le tour, sans atteindre l’obsession d‘Alessandro Sciarroni pour la répétition d’un pas. 

Ce travail questionne donc la relation du corps à la lumière dans une forme contemporaine et esthétisante de quête mathématique. Mette Ingvartsen propose des images qui ont parfois plus l’allure d’œuvres à accrocher qu’un spectacle vivant. Et il y a de la beauté dans la progression de cette recherche qui reste un acte conceptuel aux franges de la peinture.

 

A noter, la pièce sera donnée le 18 février aux Hivernales ( Avignon)

Visuel : Mette Ingvartsen, « Moving in Concert » © Marc Domage

Infos pratiques

Les Cygnes
Théâtre du Palais Royal
centrepompidou

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