Classique

Décès du chef d’orchestre britannique emblématique, Sir Colin Davis

Décès du chef d’orchestre britannique emblématique, Sir Colin Davis

16 avril 2013 | PAR Marie Charlotte Mallard

Ce dimanche 14 avril 2013, le monde de la musique classique ne fut pas uniquement secoué par les manifestants anti mariage gay venus chercher le ministre de l’intérieur, Emmanuel Walls au sortir de la salle Pleyel  mais par une bien plus triste nouvelle : le décès de Sir Colin Davis (85 ans), chef d’orchestre de renommée internationale, président du London Symphony Orchestra, reconnu notamment pour être un des plus grands spécialistes et interprète novateur de Berlioz.

Sir Colin Davis  © dr Site radiofrance.fr

Si la classe de direction lui fut fermée lors de ses études musicales au Royal College of Music (ou il étudiait alors la clarinette) en raison de son faible niveau au piano, Sir Colin Davis a largement prouvé ensuite que la direction était sa vocation. En effet, fort de cet échec, et surtout déterminé à diriger, il fondera son propre ensemble, l’Orchestre de chambre Kalmar et collaborera avec le Chelsea Opera Group avant d’être nommé chef de ballet au Royal Festival Hall de Londres, puis chef assistant au BBC Scottish Orchestra. Surtout, il saura saisir sa chance et se faire remarquer lorsqu’il remplacera de manière impromptue Otto Klemperer pour Don Giovanni en 1959 au Royal Albert Hall, de même l’année suivante Sir Thomas Beecham pour La Flûte enchantée.

A la suite de cette expérience il est engagé par le Sadler’s Wells Theatre comme chef d’orchestre puis directeur musical et débute par la même sa collaboration avec London Symphony Orchestra. De là, il ne s’arrêtera plus de parcourir le monde et de fouler les plus grandes scènes internationales, ainsi que de diriger les plus grands orchestres tels le Metropolitan Opera de New York, le  BBC Symphony Orchestra,  le Boston Symphony Orchestra, le New York Symphonie Orchestra. A noter, qu’il fut le premier chef britannique à être invité au Festival de Bayreuth, où il dirigea Tannhäuser. Plus récemment, le public français avait notamment pu l’admirer au Théâtre des Champs-Elysées en juin 2012 en tant que chef invité à la tête de l’Orchestre National de France.

Si ses interprétations de Mozart, Sibélius ou encore Britten attirèrent particulièrement l’attention, c’est surtout grâce à Berlioz qu’il doit sa véritable et grande reconnaissance mondiale. Passionné par le compositeur trop souvent boudé, rarement joué, il consacrera énormément pour redorer l’image de celui-ci et le faire apprécier tant du public que de la critique. Si Sir Colin Davis trouva grâce à Berlioz la reconnaissance de ses pairs et du monde musical, il en fut de même pour Berlioz que les interprétations de Davis contribuèrent à rétablir parmi les plus grands compositeurs de l’histoire de la musique.  L’enregistrement du cycle Berlioz pour le label Philips reste d’ailleurs une référence incontournable et considérée comme légendaire, comme les enregistrements novateurs des Troyens. De même, impossible de passer à côté de la fameuse Symphonie Fantastique,  du Requiem ou encore de son interprétation de la Symphonie funèbre et triomphale. Novateur dans ses interprétations, il le fut également lorsqu’il créa le label LSO Live (au nom de son orchestre le London Symphony Orchestra) en réponse à la crise du disque, une démarche pionnière lui permettant une plus grande liberté quant au choix du répertoire qu’il souhaitait voir enregistrer, mais permettant également au LSO de rayonner autrement.

Figure majeure et emblématique de la musique britannique, il fut fait chevalier par la Reine Elizabeth II d’Angleterre en 1980, et reçu de nombreuses récompenses durant sa carrière tant pour son rôle d’interprète que de pédagogue, dont il nous serait difficile d’établir la liste exhaustive, notons simplement qu’il reçut entre autres deux Grammy Awards ainsi que le Classical Brit Award de l’Homme de l’année en 2008,… Quoiqu’il en soit Sir Colin Davis a véritablement marqué de son empreinte la musique classique, qui perd aujourd’hui un grand interprète, un spécialiste ES Berlioz, mais aussi un chef d’orchestre reconnu et remarqué tant pour son talent que pour sa gentillesse et sa chaleur…

Pour en savoir plus, entretiens de Colin Davis dans art de la scène.

https://www.youtube.com/watch?v=RD_tdUEgzfA

Visuel (c) : site de Radio France

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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