Chansons
Najoua Belyzel : « Mes fans m’ont manqué et me manquent encore » (Interview)

Najoua Belyzel : « Mes fans m’ont manqué et me manquent encore » (Interview)

29 mars 2021 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Najoua Belyzel s’est révélée en 2006 avec la sortie de son premier album Entre deux mondes en équilibre qui s’est écoulé à plus de 200 000 exemplaires. S’en suivent deux albums dont Au féminin en 2009 et Rendez-vous en 2019. Un album qu’elle célèbre d’ailleurs lors d’un concert au Café de la danse en juin 2019. 

La chanteuse a fait son retour en octobre dernier avec la sortie de son titre « Le con qui s’adore » en duo avec le chanteur Bel. Elle prépare actuellement un roman et se projette sur la sortie d’un quatrième album. Dans cette interview effectuée via Zoom, Najoua Belyzel nous parle de son titre « Le con qui s’adore » qui traite des violences sexuelles et qui est inspiré d’un précédent titre intitulé « Docteur Gel », du sort réservé au monde de la culture et de ses projets. 

Propos recueillis par Kevin Sonsa-Kini. 

Toute la culture : Vous avez fait votre grand retour sous les projecteurs avec le clip « Le con qui s’adore », chanson extraite de votre dernier album Rendez-vous. Que s’est-il passé depuis la sortie du clip « Curiosa » en 2019 ? 

Najoua Belyzel : Je me suis retrouvée comme tout le monde, assignée à mon domicile (sourires)J’étais dans la peur de savoir ce qu’on allait devenir. Je me suis occupée de mes enfants. « Le con qui s’adore » est une chanson particulière. C’était important pour moi de revenir avec cette chanson-là et de la partager avec un artiste masculin, Bel. Cette chanson dénonce quelque chose de très sensible, de très actuel. J’ai profité de cette absence pour travailler sur ce morceau-là. 

Quelle est l’histoire de cette chanson ? 

Cette chanson parle des violences sexuelles, mais surtout du consentement. C’est un sujet qui m’a beaucoup touché. Je me suis demandé à quel moment la personne ne comprend pas quand on lui dit non. On tombe toujours sur quelqu’un qui insiste beaucoup. Ça m’est déjà arrivé en tant que femme. C’est une situation dans laquelle je pourrai me retrouver encore demain. 

Cette chanson est dans la même veine que « Docteur Gel » extraite de votre premier album. Avez-vous reçu des témoignages de gens qui se sont reconnus à travers votre histoire ? 

J’ai surtout reçu des témoignages il y a quinze ans quand j’avais écrit « Docteur Gel ». Cette chanson traitait de la pédophilie et des abus sexuels. En racontant quelque chose d’autobiographique, j’avais reçu des courriers de jeunes filles qui finissaient par trouver le courage de dénoncer ce qu’elles avaient subi. Une jeune fille avait trouvé le courage de dénoncer son oncle qui avait abusé d’elle il y a quelques années. J’étais effondrée en lisant son courrier parce que je me suis rendu compte de l’impact qu’une chanson pouvait avoir sur une personne qui découvre qu’elle n’est pas seule et qu’on peut en parler. 

La crise du Covid nous touche depuis un an. Elle touche plus sensiblement le monde de la culture. Quel est votre avis sur le sort réservé au secteur culturel ? 

Mon avis est assez tranché. On ne comprend pas tout. J’ai des amis artistes. J’ai aussi des amis qui sont dans le milieu de la restauration. C’est très compliqué. Moi, je ne comprends pas pourquoi les cinémas et les théâtres sont fermés. Je ne comprends pas pourquoi dans d’autres pays frontaliers, ils arrivent à continuer à jouer, à vivre et que la culture ne soit pas mise en cage. Je comprends les peurs, je comprends cette pandémie… Mais je pense que, à un moment donné, il y a un abus de pouvoir. On ne nous écoute pas assez. Je ne sais pas s’il y a un véritable porte-parole pour le monde culturel. Je n’ai pas l’impression qu’on en a un, du moins pas dans le domaine de la musique. 

Parfois, j’ai envie de chanter dans la rue. J’ai même enregistré un concert acoustique sans public où j’ai pu retrouver mes musiciens, ma choriste, ma production etc… Et ça m’avait manqué ! On avait tous envie de sortir dans la rue et que les gens viennent autour de nous. La musique, c’est un moment de partage. Il y a une tristesse, un véritable manque. Mais je reste quand-même optimiste pour le monde de la culture. 

Quels sont vos projets pour cette année ? 

Je suis sur un projet d’écriture de roman depuis quelques mois déjà. J’ai décidé de me lancer dessus et on verra ce que ça donnera. J’ai des concerts qui sont projetés pour cet été mais, étant donné qu’il n’y a pas encore de certitudes, je préfère ne pas trop en parler. J’ai aussi mon projet de quatrième album. Ça part plutôt pas mal. 

« On ne devient pas artiste ou chanteuse sans un public. C’est le public qui nous guide.  » Najoua Belyzel 

Un dernier mot pour vos fans et les gens qui vous suivent ? 

Je leur ai écrit une chanson qui s’appelle « Rendez-vous ». C’est d’ailleurs le titre de mon troisième album. Mes fans m’ont manqué pendant longtemps et me manquent encore. Je voudrais juste leur dire que je pense à eux tous les jours, tout le temps. En écrivant mon roman, je m’inspire de tout ce que je ressens et ce que j’ai ressenti grâce à eux aussi. On ne devient pas artiste ou chanteuse sans un public. C’est le public qui nous guide. C’est de lui que vient la lumière. J’ai hâte de revoir mon public (sourires). 

Visuels : Paradize Music. 

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